lun 31 mars 2025

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Cinéma d’animation : Serge Dimitri PITROIPA donne des détails

Serge Dimitri PITROIPA est un réalisateur, producteur et décorateur burkinabè. Auteur de plusieurs films et patron de la société PIT-PRODUCTION, il a créé, en 2009, l’Association Burkinabè du Cinéma d’Animation (ABCA), qui fait la promotion et le développement des images animées. Lors d’une interview qu’il nous a accordée, Dimitri PITROIPA explique en détail, entre autres, les spécificités des films d’animation et les objectifs de l’ABCA. Il revient également sur les défis actuels des films d’animation au Burkina Faso.

Infos Culture Du Faso (ICF) : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Serge Dimitri PITROIPA : Je suis Serge Dimitri PITROIPA, président de l’Association Burkinabè du Cinéma d’Animation (ABCA), réalisateur, producteur et gérant de la société PIT-PRODUCTION.

ICF : Pouvez-vous nous présenter votre structure PIT-PRODUCTION ?

Serge Dimitri PITROIPA : PIT-PRODUCTION est une société créée en 2013. Elle fait partie des premières sociétés de production de films d’animation professionnels au Burkina Faso.

ICF : C’est quoi un film d’animation ?

Serge Dimitri PITROIPA : En termes simples, un film d’animation est un type de film qui utilise des techniques d’animation pour créer l’illusion de mouvement et raconter une histoire. Contrairement aux films en prises de vues réelles qui capturent des images de la réalité, les films d’animation sont créés image par image, souvent à partir de dessins, de modèles en trois dimensions ou d’images générées par ordinateur.

Il y a plusieurs types de films d’animation : animation traditionnelle (dessins animés 2D), animation par ordinateur (3D), stop-motion, animation en papier découpé, la pixillation, etc.

ICF : Quels sont les différents profils qu’on trouve dans la réalisation d’un film d’animation ?

Serge Dimitri PITROIPA : Il y a plusieurs types de profils dans la réalisation d’un film d’animation : le réalisateur, le producteur, les scénaristes, le storyboarder, l’animateur, le décorateur, le compositeur, le monteur. En 3D, on peut ajouter le modeleur 3D et le rigger. En fonction des différentes techniques, d’autres profils peuvent intervenir dans la production d’un film d’animation.

ICF : Comment êtes-vous arrivé à ce métier ?

Serge Dimitri PITROIPA : Je suis arrivé dans l’animation par amour pour le dessin animé et par la curiosité de découvrir le monde magique de l’animation. Par chance, à mes 16 ans, j’ai eu l’opportunité de participer à la toute première formation organisée par le ministère de la Culture de l’époque (DCN) et l’atelier Graphoui de Bruxelles. J’ai suivi des formations de 1995 à 1999 à Ouaga, ainsi qu’à Yelbundi, au Kenya, à l’Institut Imagine à Ouagadougou, et à l’université The Animation Workshop de Viborg au Danemark, en plus de quelques ateliers organisés par l’ABCA. C’est ainsi que je suis arrivé dans l’animation.

ICF : Quels sont les objectifs de l’Association Burkinabè du Cinéma d’Animation ?

Serge Dimitri PITROIPA : Les objectifs spécifiques de l’ABCA sont :

La promotion et le développement des images animées ;

Le partenariat, l’échange et le partage d’expériences entre les professionnels du monde entier sur les créations artistiques et les différentes techniques et technologies d’animation ;

La professionnalisation des acteurs et des structures d’animation afin de faciliter la création d’une industrie du cinéma d’animation et des activités connexes au Burkina Faso ;

La sensibilisation et l’épanouissement des jeunes par le biais de l’audiovisuel, des arts visuels, des créations numériques, des expressions artistiques et culturelles, etc. ;

L’organisation et/ou la participation à des manifestations culturelles, événements ponctuels consacrés à la promotion, à la diffusion et à la valorisation du cinéma, des contenus créatifs numériques et animés au Burkina Faso et à l’étranger ;

La conception, la réalisation et la diffusion de tous types de contenus animés.

Serge Dimitri PITROIPA avec son co-réalisateur André Daniel TAPSOBA

ICF : L’ABCA organise-t-elle des formations à l’endroit des plus jeunes afin de leur faire découvrir l’univers du film d’animation ?

Serge Dimitri PITROIPA : Oui, l’ABCA organise des formations destinées aux enfants, comme Canalab, qui avait pour objectif principal de « contribuer, par la pratique d’activités culturelles numériques et animées, à la sociabilisation et au développement intégral des enfants défavorisés et vivant avec un handicap au Burkina Faso. »

Nous organisons de temps en temps des journées portes ouvertes de l’Association et du studio pour permettre aux enfants de découvrir l’univers du cinéma d’animation.

Nous avons animé des ateliers de création de films d’animation et de techniques de stop-motion avec les enfants dans le cadre du KIFIFE (Festival du film pour enfants) au Village-Opéra de Ziniaré. Nous avons organisé plusieurs ateliers comme les RAFA au FESPACO 2019.

ICF : Combien de temps peut durer la réalisation d’un film d’animation ?

Serge Dimitri PITROIPA : La durée de réalisation d’un film d’animation peut varier considérablement en fonction de plusieurs facteurs, tels que la complexité du projet, le budget, la taille de l’équipe et la technique d’animation utilisée. La production d’un film d’animation prend plus de temps qu’une production en prise de vues réelles.

ICF : Comment avez-vous réagi à la sélection de votre film au FESPACO 2025 ?

Serge Dimitri PITROIPA : Avoir son film sélectionné au FESPACO est déjà un grand défi, car nous savons tous que les autres mettent les moyens pour avoir des œuvres de qualité. Naturellement, j’étais content de voir que MALAÏKA a été sélectionné dans la catégorie animation.

ICF : Pouvez-vous nous parler de « Malaika, patrimoine culturel d’une nation » et du message que vous souhaitez transmettre à travers ce film ?

Serge Dimitri PITROIPA : MALAÏKA est un projet que je porte depuis 2015, mais grâce à l’appui et aux conseils de mon équipe technique et administrative, en 2022 et 2023, nous avons pu lever les financements (PAIC-GC), un fonds du FDCT et de l’Union européenne. Grâce à ce fonds, nous avons produit 10 épisodes.

Il y a plusieurs messages que je souhaite transmettre à travers MALAÏKA : la paix, la cohésion sociale. Mon souhait est qu’à travers cette petite fille albinos, nos enfants et jeunes apprennent à mieux connaître et valoriser notre patrimoine culturel.

Les personnes atteintes d’albinisme font face à une série de défis, comme la discrimination et la stigmatisation. MALAÏKA peut contribuer à résoudre certains de ces problèmes.

ICF : Selon vous, quels sont les principaux défis du film d’animation burkinabè aujourd’hui ?

Serge Dimitri PITROIPA : Le cinéma d’animation au Burkina Faso, qui est en développement, fait face à plusieurs défis :

Manque et rareté des financements et des ressources ;

Accès limité aux technologies, équipements et licences nécessaires ;

Manque de compétences pour produire des œuvres de qualité ;

Infrastructures de studios insuffisantes ;

Marché de distribution limité, nos chaînes n’ayant pas les moyens d’acheter nos programmes animés.

ICF : Avez-vous des doléances à l’endroit des autorités ?

Serge Dimitri PITROIPA : Je remercie nos autorités pour le grand travail qu’elles abattent. Nous connaissons tous la situation, mais je leur demande de mettre les moyens pour former et produire des films d’animation qui reflètent nos réalités et valorisent nos cultures. Pour un changement de mentalités, il faut que cela commence dès le bas âge.

ICF : Un dernier mot pour le public qui découvrira Malaika, patrimoine culturel d’une nation au FESPACO 2025 ?

Serge Dimitri PITROIPA : Mon message au public qui sera là pour découvrir Malaïka, patrimoine culturel d’une nation au FESPACO 2025 : qu’ils viennent, car ils ne vont pas regretter. Ils seront les premiers à découvrir qui est Malaïka, et ils apprendront plein de choses sur notre pays à travers cette fille.

Malaïka est sur les réseaux sociaux et aura besoin de leurs « LIKES » pour avoir des milliers de followers. 👇👇👇

https://web.facebook.com/profile.php?id=61551133645838 : Cinéma d’animation : Serge Dimitri PITROIPA donne des détails

Je vous remercie de m’avoir donné cette opportunité de parler de mon travail. Merci et rendez-vous au FESPACO.

Bio filmographie de Serge Dimitri PITROIPA

Interview réalisée par Parfait Fabrice SAWADOGO

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