« Les entreprises de mode ont davantage besoin de soutien », Bakari Sawadogo, styliste burkinabè

 « Les entreprises de mode ont davantage besoin de soutien », Bakari Sawadogo, styliste burkinabè

Passionné de la mode depuis sa tendre enfance, Bakari Sawadogo en fera définitivement son métier. Son dévouement et sa volonté lui valent de faire chemin dans ce secteur en pleine expansion au Burkina Faso, au point d’être aujourd’hui propriétaire d’une entreprise de couture baptisée « Bakis mode ». Par ailleurs, dans une interview qu’il nous a accordée au sein de notre rédaction le 8 juin dernier, Bakis comme certains l’appellent, est revenu sur ses débuts dans la mode, son avis sur l’avenir de ce secteur, et bien d’autres sujets.

Infos culture du Faso (ICF): Qui est Bakari Sawadogo ?
Bakari Sawadogo (BS) : Je suis styliste de nationalité burkinabè et connu sous le pseudonyme de Bakis mode. Je suis propriétaire d’un atelier qui se trouve à Noncin (Ouagadougou), non loin du marché de « dix yaar ». Le surnom Bakis vient de mon prénom Bakari et de mon nom de famille Sawadogo. En effet “Baki” est vient du prénom et le “s” signifie Sawadogo.

ICF: Dites-nous comment êtes-vous arrivé dans ce métier ?
BS: Depuis tout petit, la mode a toujours été pour moi une passion. Évidemment, après mes études primaires en Côte d’Ivoire, j’ai dû arrêter et me lancer dans la couture. Par la suite, je suis rentré au Burkina Faso et créé mon entreprise en 2018.

ICF: Selon vous, quelle innovation vous avez apporté à vos confections cette année ?
BS: Cette année, je me suis focalisé sur la confection des tissus locaux. J’ai fait plusieurs nouveaux modèles à travers les tissus locaux.

ICF: Qui est votre référence dans la mode ?
BS: Mon idole a été toujours Pathéo de la Côte d’Ivoire. Il est un vrai styliste pour moi.

ICF: Que pensez-vous de la mode au Burkina Faso ?
BS: Pour moi, la mode au Burkina Faso a beaucoup évolué au vu des différentes création avec le kôkô dunda, le Faso danfani. Et il faut dire que le monde de la mode est en perpétuelle innovation.

ICF: Avez-vous reçu des prix dans votre carrière ?
BS: Pour le moment, je n’ai pas eu de prix. Mais j’ai des attestations participatives à des associations de mode. J’espère avoir engranger des prix bientôt.

ICF: Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans ce domaine ?
BS: Les difficultés sont nombreuses. Cependant, les plus récurrentes sont entre autres les problèmes d’exposition et de distribution. Aussi, les soutiens financiers sont pratiquement absents dans notre milieu.

ICF: Selon vous, les tissus importés sont-ils une menace pour la mode au Burkina Faso ?
BS: Je ne pense pas. Au contraire, cela contribue à l’évolution de la mode. On peut à travers ces tissus importés et locaux faire un produit de qualité. C’est au styliste de savoir confectionner.

ICF: Avez-vous bénéficié d’un soutien quelconque ?
BS: Pratiquement pas. Neanmoins, j’ai reçu de l’aide d’un de mes beaux afin de mettre en place mon atelier. Je profite de l’occasion pour lui adresser mes sincères remerciements.

ICF: Quelles doléances avez-vous pour l’État vis-à-vis de la mode ?
BS: Que l’État nous octroie des soutiens multiformes; Que ça soit matériel, financier. Aussi, qu’il organise des évènements ou festivals d’exposition. En un mot, qu’il nous vienne en aide.

ICF: Avez-vous des projets vis-à-vis de la mode? Si oui, lesquels ?
BS: J’ai plusieurs projets. Je compte créer une marque Bakis à travers les tissus locaux. Et le défi également pour moi, c’est de pouvoir présenter mes produits dans les défilés de mode et dans les grandes événements comme le FESPACO, le SIAO, etc.

ICF: Quel message avez-vous à l’endroit de vos clients ?
BS: Je dirais qu’ils viennent sans hésitation. Quant à moi, je m’attelerai toujours à les satisfaire à travers mon travail, avec bien-sûr beaucoup de professionnalisme.

ICF: Nous sommes à la fin de notre entretien, quel est votre mot de fin ?
BS: Je dirais merci à mon patron Tropic 226, mais aussi et surtout à vous ainsi qu’à toute l’équipe de Infos Culture du Faso pour cette fenêtre qui m’a été ouverte en vue de parler de ma jeune carrière. Je terminerai mes propos en réitérant toujours mon souhait que l’État nous soutienne davantage dans la mode.

Interview réalisée par Modou TRAORÉ (stagiaire)

Parfait SAWADOGO

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