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MUSIQUE: A la rencontre du jeune slameur H Pacino

«Le hasard s’est transformé en amour et l’amour en travail et j’espère que cela aboutira à quelque chose de très bien»
De jour en jour, dans le show bizz burkinabè, le flot d’artistes prend le gout de la scène musicale et le slam en particulier. Plusieurs genres musicaux s’effleurent et laissent les mélomanes burkinabè à la gorgée de leur salive. Des jeunes talents à la voix qui ressource, crèchent dans les coins et les recoins du pays. C’est dans cette optique qu’une équipe d’Infos Culture du Faso est allée à la rencontre d’une prouesse et talentueux slameur burkinabè, un griot des temps modernes de la ville de Ouagadougou du nom de Henry Rapademnaaba alias H Pacino. Lisez plutôt !

ICF : Bonjour ! Parlez-nous de H Pacino ?
H Pacino : Bonjours ! Je suis un jeune slameur qui essaie de se frayer un chemin dans la sphère musicale burkinabè. J’excelle dans le domaine du slam, je ne dirai pas sérieux par rapport aux autres style de musiques, mais c’est mon domaine de prédilection.

ICF : Pourquoi le choix du slam comme domaine de prédilection ?
H Pacino : Je suis arrivé dans le slam par pur hasard, parce qu’avant, je faisais plus du rap. Je me rappelle à ma terminale j’ai été envoyé à manga pour poursuivre mes études. Peut-être qu’il s’agissait d’une punition de la part de mon père en vue de m’amener à me consacrer aux études. Il y avait une compétition de jeunes talents dans la région du centre nord, j’ai décidé d’y prendre part, c’est comme cela que j’ai préparé mon texte de rap et mon voisin de classe Jules (que je salue au passage), m’a demandé de présenter plutôt du slam avec mon texte, que je ne connaissais d’ailleurs pas. Il m’a fait savoir que le slam s’apprend. C’est ainsi que je me suis jeté à l’eau, j’ai transformé mon texte de rap en texte de slam. Heureusement, j’ai remporté le premier Prix. Depuis ce jour, c’était le grand amour entre le slam et moi. On peut donc dire que c’est en 2014 à manga que tout a commencé, mais après la compétition, je me suis consacré à de petites occupations personnelles avec des amis en vue d’obtenir des revenus, donc je n’étais pas durant ce temps trop encré dans le slam.

IFC : Quelle est l’occupation de l’artiste, hors mis le slam ?
H Pacino : A part le slam, H Pacino est acteur de cinéma, présentateur d’évènements, je fais un peu de l’humour, et je suis responsable d’une entreprise commerciale dénommée DMF groupe (Dieu ma force).

ICF : Comment H Pacino concilie étude et musique (slam) ?
H Pacino : Je suis toujours étudiant en master II (droit privé fondamental). Je crois que tout est question d’organisation. Si tu es bien organisé et que tu as des objectifs précis, tu peux bien joindre la musique aux études. Lorsque vient le temps de bosser, on bosse et après on se consacre à la musique. Je ne dirai pas que 7 jours sur 7 je suis scotché au cahier, quelque chose que je n’aime pas de nature, mais j’essaie tant bien que mal de m’organiser dans la semaine pour répondre aux activités estudiantines.

ICF : H Pacino a combien de titres à son actif ?
H Pacino : Actuellement j’ai quatre (4) singles enregistrés mais pas encore de clips vidéos.

ICF : Qu’est-ce que H Pacino envisage pour la suite ?
H Pacino : Je suis en préparation d’un cinquième single, qui sera dans les bacs très bientôt et courant la fin de l’année 2020, un album sera édité s’il plait à Dieu.

ICF : Aujourd’hui, de nombreux jeunes s’adonnent plus au slam qu’au rap, quelle est votre impression vis-à-vis de cette préférence musicale ?
H Pacino : Pour ma part, le slam est un genre musical sobre, qui permet aux jeunes de s’exprimer ; parce qu’aujourd’hui, le rap est passé à un autre niveau, on parle plus d’afro rap que de rap. Et les textes engagés ne sont plus en tendance au niveau du rap, donc beaucoup de jeunes basculent au niveau du slam pour pouvoir s’exprimer facilement et je pense que même les autorités encouragent la promotion du slam parce que de nombreux jeunes y véhiculent des messages autant bien dans les compétions inter universitaires que scolaire à l’image de «je slam pour ma patrie». C’est quelque chose de très bien vue que cela réuni la jeunesse et lui permet de véhiculer facilement des messages. Je crois que c’est une très bonne chose. Il faut dire qu’aujourd’hui, sont très peu de rappeurs qui conscientisent à travers leur musique, c’est plus une tendance ambiance qu’éducation.

ICF : Le slam est une carrière ou juste un passe-temps pour H Pacino ?
H Pacino : C’est peut être un passe-temps, mais à un moment donné, je sens que ça me rattrape. Même si tu hésites, l’encouragement de l’entourage et le milieu te conditionnent. Je crois que H Pacino est en train de tracer une carrière dans le slam. Le hasard s’est transformé en amour et l’amour en travail et j’espère que cela aboutira à quelque chose de très bien, qui est une carrière.

ICF : Quel est le message de l’artiste à l’endroit des mélomanes ?
H Pacino : Vue que le monde est vaste avec plein de maux, on essaie tant bien que mal de toucher aussi bien la jeunesse que les politiques avec nos messages d’amour, de pardon, de tolérance, de paix, d’attention aux fléaux sociaux.

ICF : de nombreux artistes font recours aux experts de la langue de Molière. De ce fait, qui rédige les textes pour H Pacino ?
H Pacino : Je les rédige moi-même avec le soutien du Tout Puissant qui m’inspire au jour le jour. Ce qui explique le slogan DMF qui signifie Dieu ma Force.

ICF : Comment se font vos enregistrements ?
H Pacino : Au Burkina, les producteurs se font rares comme la pluie au Niger. Je fais de l’auto production à travers mes maigres revenus que j’économise et souvent avec l’aide de certains amis qui ont leurs propres studios. Malgré les difficultés financières, avec plus de volontés, on essaie de se surpasser. Néanmoins, il faut dire que les titres ont été enregistrés sous fond propre. Depuis mon engagement pour le slam, je n’ai reçu aucune somme venant d’autrui pour les enregistrements

ICF : L’artiste est-il affilié au BBDA ?
H Pacino : L’affiliation au BBDA est en cours car j’attends de réaliser mon 5ème single prévu bientôt, afin de pouvoir le faire. Du moment que pour cette affiliation il te faut au moins 5 titres enregistrés à ton actif.

ICF : L’artiste est-il sollicité pour des prestations ?
H Pacino : Oui, disons que j’ai beaucoup été sollicité pour des prestations à l’intérieur du pays, grâce à l’engagement de mon manager qui se bat jour et nuit pour que ma voix porte partout au Burkina Faso et pourquoi pas à l’extérieur du pays.

ICF : Merci
H Pacino : C’est moi qui vous remercie

Propos recueillis par Aboubacar Dipama

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