Arts plastiques: Félix Saoura ou l’émergence d’un talentueux artiste-peintre

 Arts plastiques: Félix Saoura ou l’émergence d’un talentueux artiste-peintre

Jeune, il est, mais comme on le dit, aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre d’années. C’est bien le cas de Félix Gérôme Saoura, jeune artiste-peintre au talent incommensurable. Et Infos Culture du Faso dans sa dynamique de promouvoir les jeunes talents, l’a convié au sein de ses locaux à Ouagadougou. Lors de nos échanges, l’artiste est revenu sur ses débuts dans les arts de la peinture, ses difficultés ainsi que ses projets.

Infos Culture du Faso (ICF): Veuillez-vous présenter à nos lecteurs
Félix Saoura (FS): Merci beaucoup pour l’accueil! Je me nomme Félix Gérôme Saoura. Je suis ressortissant de Sitenga dans la commune de Manga. Je suis très ravi d’être ici pour répondre à vos différentes questions

ICF: Vous êtes bien-sûr un artiste-peintre. D’où vous vient cette passion ?
FS: Je pense que ce métier d’artiste-peintre est un talent qui sommeillait en moi depuis mon enfance. Dès le bas âge, j’ai commencé à aimer l’art. C’est-à-dire qu’à l’école primaire, j’étais le dessinateur attitré pour les cahiers de présentation des enfants. C’est une manière de montrer à mes camarades comment je suis doué dans ce métier. Et c’est devenu par la suite une passion pour moi parce que j’aimais dessiner. A Chaque fois, j’aimais toujours faire quelques choses d’artistique.
Il faut dire que c’est l’année surpassée que ce talent a pris de l’ampleur. Je voulais faire un autre métier mais c’est ma sœur qui m’a encouragé à embrasser ce métier à travers un financement afin de commencer. Je pense que tout métier a besoin d’un début. je ne peux pas dire aujourd’hui que tout est rose mais on arrive à se battre.

ICF: Tout début est difficile. Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?
FS: Les difficultés que je rencontre est qu’au Burkina Faso, les gens ne connaissent pas la valeur artistique. La petite anecdote est que j’ai eu à faire un tableau pour un client. Le tableau était estimé à un prix abordable. Celui-ci m’a dit que je ne peux pas vendre le tableau à ce prix et qu’on n’est pas en Europe. Je pense qu’il faut aimer l’art. Quand tu aimes l’art, tu connaîtras sa valeur. Par conséquent, quand le moment viendra d’acheter une œuvre, tu seras conscient que c’est une œuvre qui vit.

ICF: Où est-ce que vous comptez vraiment arriver dans ce métier ? Et quelles sont vos motivations ?
FS:: Ma motivation première, c’est mon envie d’aller loin. J’ai envie d’aller loin à l’image de Madame Ouedraogo Adjaratou qui est une artiste-peintre, séjourne en France actuellement. J’ai suivi son parcours et cela m’a beaucoup inspiré. Moi aussi, je rêve un jour représenter le Burkina Faso à l’étranger. J’ai besoin de porter le flambeau du Burkina Faso .

ICF: Cela fait seulement quelques années que vous êtes rentré dans ce métier. Avez-vous déjà eu à participer à une exposition ou à un événement quelconque ?
FS: La première exposition à laquelle j’ai pris part, c’était au Festival Un Vent de Liberté de Freeman Tapily, du côté de la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO). Excepté cela, je n’ai pas encore eu l’occasion de participer à une autre exposition. J’ai même demandé une invitation pour une exposition au Maya, juste à côté du premier ministère. C’était une exposition de 72h, mais malheureusement, je n’ai pas eu gain de cause.

ICF: Pour une première expérience d’exposition, qu’avez-vous ressenti ?
FS: Je n’y croyais pas; me voir moi Felix à une exposition de ce type, j’étais tellement dans la joie. Nombreux de mon âge ont commencé ce métier et n’ont pas terminé. Moi, j’étais à cette exposition par l’aide d’un Garde de Sécurité Pénitentiaire (GSP). C’était un plaisir pour moi d’y être.

ICF: Si vous avez des doléances à l’endroit de vos devanciers. Quel pourrait être votre appel ?
FS: Pour moi, si nos devanciers pouvaient nous faire des sessions de formation, ça nous aiderait beaucoup. Je pense que le début est facile et c’est la fin qui est difficile. Dans tous les cas l’aide est toujours la bienvenue.

ICF: En tant que jeune artiste-peintre, avez-vous des projets quelconques ?
FS: J’ai pleins de projets. Mais en ce qui concerne l’art, j’ai pour projet de restructurer les vestiges, c’est-à-dire répertorier les objets qui n’ont pas pu être mis dans les fichiers. J’ai voulu répertorier ces objets et les faire graver sur des tableaux. Cela donnera longue vie à ces objets et toujours et permettra d’être reconnus. Par exemple, si je prend une statue comme les idoles, certaines sont nécessaires et précieuses pour certains villages. Elles représentent la tradition. Une fois que ces idoles disparaissent, cela devient une perte pour le village. Moi, en tant qu’artiste-peintre, je voulais m’engager à archiver ces idoles. C’est-à-dire, mettre ces images sur tableaux et même si l’image n’existe plus je pourrais m’en tenir de bouche à oreilles. cela va permettre à notre culture d’avancer.

ICF: Qu’est-ce-que la peinture représente réellement pour vous ?
FS: La peinture représente tout pour moi. Je ne m’intéressais pas à la peinture. Je l’avais négligée au début vu que la situation du pays est désastreuse. Je voyais que la peinture était une perte de temps mais aujourd’hui, jai vu que seule la peinture peut me faire avancer. Je me suis déjà fait une idée.

ICF: Nous sommes presqu’à la fin de notre entretien, est-ce que vous avez quelque chose à ajouter ?
FS: Je lance un appel à toutes ces personnes qui connaissent la valeur et le sens d’une œuvre artistique de nous soutenir parce que nous les jeunes, nous ne voulons plus voler, nous refusons de mendier, nous refusons de voler. Ce sont ces genres d’activités qui nous font subsister. Nous voulons aller de l’avant dans ce métier mais les moyens nous manquent. Moi, je ne fais que travailler dans l’informel; je n’ai pas encore un atelier. Que toutes ces personnes qui peuvent nous tendre la main, le fasse sur le plan matériel ou financier ! Qu’il nous aident parce qu’on en a besoin.

ICF: Quel est votre mot de fin ?
FS: je vous dis merci de m’avoir permis de parler concernant mes oeuvres. Que le seigneur vous aide à avancer dans ce métier et que vous soyez reconnus partout au Burkina Faso !

Interview réalisée par Boukari OUÉDRAOGO

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