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CULTURE: Entretien avec Serge Ekra, promoteur des MADIGO.

Depuis 2014, les acteurs du divertissement ont leur propre cérémonie de distinctions et cette année marquera la 6ème édition de cet événement. Infos culture du Faso est allé à la rencontre du promoteur de cet événement pour s’enquérir de la particularité de l’événement.

ICF: Présentez vous ainsi que votre événement à nos lecteurs.

Serge: Je suis Serge EKRA journaliste, je m’intéresse aux activités culturelles et je suis installé au Burkina Faso depuis 2013. Je suis le promoteur des MADIGO, la nuit des meilleures acteurs du divertissement et de la gastronomie de Ouagadougou. C’est en 2012 que je suis arrivé au Burkina à l’occasion des Kundé. J’ai été agréablement surpris, j’ai donc décidé de porter un œil particulier à tous ce qui est cérémonies de distinctions et j’ai vite constaté que seul les artistes musiciens étaient distingués. J’ai donc commencé à réfléchir depuis 2013 sur une cérémonie et c’est ainsi qu’on a initié les MADIGO, unique en son genre. L’objectif est de décerner des trophées au meilleur night club, au meilleur bar climatisé, au meilleur restaurant, hôtel, manageur, DJ , et au meilleur événement de l’année. Le Burkina Faso reste une plaque tournante de la promotion culturelle.

ICF: Comment procédez vous pour décerner les prix ?

Serge: Tout en s’appuyant sur l’ objectif qui est de reconnaitre le travail abattus par les promoteurs d’espaces, nous suscitons la saine concurrence et invitons les promoteurs à communiquer d’avantage. Nous souhaitons surtout faire comprendre à ces patrons que leur domaine est entrain de se professionnaliser. Nous en tant que communicateur c’est de faire le plaidoyer au près de ces patrons pour plus de professionnalisme.
Nous procédons par le lancement de chaque édition à travers une conférence de presse, nous avons également des observateurs un peu partout qui nous recommandent des espaces que nous allons nous même voir; Après le commissariat général se réunit en plénière et chacun propose par catégorie trois espaces et les espaces dont les noms reviennent sont automatiquement sélectionnés pour être nomines et chaque catégorie comporte trois nominés. Ensuite la liste des nominés est proclamée et nous faisons un tour sur tous les espaces sélectionnés pour informer leur clientèle sur les modalités de votes pour porter haut leurs espaces. Depuis 2014, nous avons initié l’activité et les résultats sont palpables. Enfin nous ouvrons un vote sur notre page et les gens votent à travers leurs commentaires en toute transparence. Et ceux qui ont plus de voix sont distingués le jour de la cérémonie.

ICF: Parlez nous des difficultés que vous rencontrez ?

Serge: On rencontre plus de difficultés au niveau des MADIGO [rire], parce que nous sommes dans un pays où le sponsoring est quasi inexistant. La difficulté est surtout d’ordre financière, car dans ce type d’événement il y’a la logistique à gérer, la communication coûte chère. Une parenthèse pour dire merci aux médias qui soutiennent les MADIGO. Nous faisons avec les moyens de bord. Figurez vous que les MADIGO s’auto finance très souvent. Je profite lancer un appel aux entreprises d’être un peu regardant sur les activités culturelles. La culture ne génère pas de l’argent pour le moment dans notre pays. Mais ailleurs ce sont les entreprises qui soutiennent la culture souvent même par obligation de la loi.

ICF: Quels sont les innovations majeures pour cette 6ème édition?

Serge: Deux grandes innovations. La première est le remplacement du trophée de la meilleure production cinématographique et discographique par le trophée du meilleur acteur de la diaspora à cause de la polémique qui entourait ce trophée. La seconde innovation est le trophée, depuis 2014 nous avons, en fonction de nos moyens, décernés des tableaux aux lauréats. Cette année ce sera un trophée en bronze plaqué sur du vitre.

ICF: Comment réussissez vous à mobiliser le budget de cette activité, et à combien cela s’élève.

Serge: [Rire] Réunir des gens en voulant leur faire honneur, demande beaucoup de moyens. Mais au fil du temps nous avons essayer d’améliorer notre approche. Nous faisons comprendre aux acteurs que nous primons qu’ils sont les premiers bénéficiaires. Nous allons publier, dès la semaine prochaine, la liste des 33 espaces avec nos médias partenaires et je pense que la visibilité commence par là. La communication commence par là. Nous leur demandons de soutenir non pas la personnes de Serge Ekra mais le concept. C’est le seul concept qui leur permet d’avoir une visibilité gratuite sur un mois. Si on n’est pas soutenu, ce cadre de visibilité disparaitra. Nous défendons ces espaces là, et leur apport est le bienvenu. Les MADIGO de la manière dont je le rêve.. aura besoin de 7 millions pour être parfait; Mais depuis la première édition, nous n’avons jamais pu avoir 1 million, ce que vous voyez est réalisé avec moins d’un million.

ICF: Comment atteindre donc votre objectif?

Serge: On n’a pas besoin d’un beau nombre de personnes pour réussir une activité. Nous sommes cinq en fonction des commissions mises en place pour la réussite de l’événement. Nous avons un Directeur Technique, une Directrice de la communication, une Secrétaire d’édition par ce que les MADIGO c’est énormément de courriers et enfin un Responsable Appui et liaison . Deux instances existent au niveau des MADIGO. Il s’agit du comité d’organisation qui, à l’approche de la cérémonie et en fonction du format reçoit des compétences, et du commissariat général.

ICF: Pourquoi avoir changer de directeur de communication pour cette édition?

Serge: J’ai commencé cette aventure avec Shakira comme directrice de communication. Depuis 2017 ma collaboratrice a montré des signes de désintéressement à la chose, l’engagement n’y était plus. En 2018 elle était quasi inexistante, même si elle était toujours à son poste. Au Burkina si on dit MADIGO, on vois Serge Ekra, donc je veux réussir mon activité avec des gens qui sont disposés à travailler. On a jamais eu de rencontre pour proclamer son départ. Quand on a mis en place le nouveau commissariat elle ne m’a jamais appelé pour savoir pourquoi elle n’y figure pas. On communique très souvent mais sur d’autres choses, les MADIGO ne l’intéresse plus.

ICF: Quel bilan faites vous des éditions passées?

Serge: Merci à Dieu et au Burkina Faso, à mes amis de tout bord. Quant on a commencé les MADIGO, on ne pensais pas atteindre une 6ème édition. Le bilan est satisfaisant parce que nous sommes à une 6ème édition malgré les difficultés. Seulement j’ai l’impression qu’on souffre pour faire la promotion de certaines personnes qui semblent elles-mêmes désintéresser de la chose. Si les gens arrivent à comprendre mon message et à me soutenir comme il le faut ça nous fera plaisir. Je veux juste apporter ma contribution.

ICF: Quel appel lancez vous pour cette 6ème édition?

Serge: je ne lancerais pas d’appel au Ministère de la culture, car je n’attends pas de soutien financier pour organiser les MADIGO. J’attends plutôt, qu’au regard de ce que je fais comme activité, le Ministère me cautionne moralement et que ses garants me revoivent pour que je leur explique comment fonctionne les MADIGO. Mais rassurez-vous, je n’irai jamais me plaindre parce que le Ministère ne m’a pas aidé. Le fait de faire des efforts dans tes revenus pour organiser un événement dont beneficient les acteurs culturels du pays, c’est cela que j’appelle le soutien. Mon appel est plutôt à l’endroit des bénéficiaires des MADIGO, ce sont eux qui devraient nous aider à leur donner de la visibilité. Le Ministère de la culture a trop d’activités à gérer. Qu’ils s’unissent pour me trouver 7 millions et ils verront ce que je suisen mesure de faire pour eux.
Merci à la presse pour la mobilisation autour de l’événement. C’est grâce à eux si on est à une 6ème édition.

Interview réalisée par Parfait Fabrice SAWADOGO

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