ven 14 juin 2024

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CULTURE : Interview avec ZIDASS, artiste qui révolutionne et exporte le rythme traditionnel WARBA

L’artiste ZIDASS de son vrai nom ZOUNGRANA Yacouba reste attaché aux valeurs culturelles et traditionnelles du Burkina Faso, son pays d’origine. Dans une interview avec INFOS CULTURE DU FASO pour parler de sa carrière et du domaine en général, la star confirme que   « la culture est primordiale parce qu’elle est le socle où l’être humain se pose pour assurer un développement durable ». Ci-dessous, Zidass, Chanteur, percussionniste, auteur compositeur et danseur répond clairement à nos questions. Lisez ! 

 

 

INFOS CULTURE DU FASO (ICF): Comment êtes-vous arrivé à la musique traditionnelle ?

ZIDASS: C’est plutôt la musique traditionnelle qui est venue en moi. Tout simplement parce que je l’ai hérité de mon papa qui jouait le Béndré. Ma maman fût également une chanteuse même si elle ne le faisait pas de façon professionnelle. Alors étant très jeune,  je suivais le papa et je jouais un peu au Béndré  lors des cultures et autres cérémonies traditionnelles (…).

I.C.F: Pourquoi opter pour la musique traditionnelle surtout que les jeunes sont beaucoup attachés à la moderne dont le coupé-décalé et autres styles du moment ?

ZIDASS: Comme j’ai l’habitude de le dire, c’est assez difficile de prendre ce volet: Musique traditionnelle. Tout d’abord parce qu’elle n’est pas comprise par tout le monde. Deuxièmement les gens ne s’y connaissent pas. Pour quelqu’un qui ne connaît un instrument traditionnel, il est assez difficile pour lui de s’ingérer dedans sans problème. Mais, je pense que nous sommes nés avec quelque chose. Nous avons une valeur qui est la musique traditionnelle. Si nous ne la valorisons pas, personne ne viendra le faire à notre place (…). J’ai décidé de faire la musique traditionnelle pour amener les gens à s’intéresser plus à ça. Au-delà de ça, je fais une formation chaque année en instruments traditionnels. L’objectif c’est d’inculper l’envie desdits instruments à la jeunesse. 

I.C.F: Vous êtes beaucoup focalisé sur le rythme  warba, qu’elle est sa place dans la promotion de la culture ?

ZIDASS: Je pense que le warba y occupe une grande place. Dans tout le plateau central, il est le premier rythme suivi du Weinnga. Le warba peut s’exporter comme l’a fait Georges Ouedraogo. En effet, je m’y investi pour pouvoir le moderniser et l’exporter dans le cadre de la promotion de la culture Burkinabè.

I.C.F: Qu’elle peut être l’importance de la culture dans le développement économique et social du pays ?

ZIDASS: La culture est primordiale parce qu’elle est le socle où l’être humain se pose pour assurer un développement durable. Elle est tout un ensemble de choses qui permettent à l’homme de régulariser ou régler ses habitudes… Je pense que le gouvernement devrait y penser. Dans les radios et partout on se bat pour dire de faire la promotion de la culture burkinabè. Sur ce point, quelque chose me dérange. Il faut faire la promotion de la musique burkinabè ou des musiciens burkinabè ? Ce qui se passe en réalité, ce n’est pas la promotion de la culture mais des musiciens burkinabé. Je vais souvent à des soirées dédiées au Burkina Faso où à plus de 80% on joue du coupé-décalé. Je dis non ! Sachons faire la part des choses.

I.C.F: Qu’est ce qui marque votre actualité ?

ZIDASS: C’est premièrement l’organisation de la formation en instruments traditionnels qui va se dérouler du 20 novembre au 04 décembre prochain. Ça sera la 3e édition. Concernant mes prestations, disons qu’actuellement je suis responsable d’un espace culturel qu’on appelle LE LOISIR; situé au dos de l’hôtel Sylmendé à Ouagadougou. C’est là-bas que j’officie tous les samedis et dimanches pour un live de minimum 4 heure de temps. En même temps, je suis en train d’encadrer quelques lauréats de la compétition musicale C’BON en titre de directeur artistique. 

I.C.F: Quels conseils avez-vous à l’endroit  des jeunes qui ambitionnent faire carrière dans la musique traditionnelle ?

ZIDASS: Que chacun, qui veut embrasser une carrière musicale, puisse apprendre au moins  un instrument du terroir. Cela rend beaucoup plus facile certaines choses. Je leur demande d’avoir une vision tout en s’investissant dans la promotion de la culture traditionnelle. Il y a tellement de rythmes dans notre pays. On peut alors diversifier et fuir la monotonie.  Gouroussi, dagara, lobi…, mossi, peuhl…On a plus d’une centaine de rythmes qu’on peut exploiter (…). 

I.C.F: Quelle est votre mot concernant le Ministère de tutelle ?

ZIDASS: Il y a beaucoup à faire. D’abord au niveau du fonctionnement et de la collaboration avec les acteurs. Je suis à ma troisième organisation de la formation dont j’évoquais plus haut. J’ai eu à déposer une lettre au ministère pour bénéficier de son accompagnent. Et je n’ai même pas reçu une réponse de sa part. Je trouve que ce n’est pas admissible (…). Au moins, du moment où le projet va dans le sens de la promotion de la culture, traditionnelle en plus, qu’on nous réponde même si c’est par la négative. C’est ce genre de cas qui fait que beaucoup de gens ont des projets mais qui n’ont pas confiance. J’exprime vraiment mon ras-le-bol. Donc le ministère doit être regardant sur ce côté-là. Sinon de façon générale, beaucoup a été fait pour la promotion de la culture que je salut mais il reste encore énormément à faire. Surtout dans la valorisation du patrimoine culturel.

I.C.F: Parlant justement de la reprise de la chanson (PAG YELBEDO) du « papa » Bamogo qui a contribué à ta révélation. Que dis-tu à ceux qui estiment qu’elle exprime de la perversité ?

ZIDASS: C’est logique mais j’ai toujours expliqué que je n’ai rien inventé. Si vous écoutez bien la chanson, tout ce qui est dit se retrouve dans les cérémonies coutumières et autres. Je n’ai rien inventé (…). Il y a des manifestations traditionnelles où il n’y a que des paroles perverses juste pour égayer, changer d’air. Donc ce sont des paroles que j’ai juste pris de mes devanciers.

I.C.F: Quel sera votre mot pour terminer ?

ZIDASS: Je remercie INFOS CULTURE DU FASO pour cette bataille et envie de faire la promotion de la culture, et des musiciens burkinabè. Je lui tire mon chapeau…. Hommage et remerciements à mes devanciers de la culture traditionnelle qui m’ont permis d’avancer dont Papa Zoug-Na-zagda, Kisto Kouimbré… SA MAJESTÉ le Mogho Naaba qui ne ménage aucun effort pour nous guider. Je salut tous mes fans, pour le soutien inébranlable. Que notre musique gagne et que la culture aille au-delà des frontières.

 

Interview réalisée par Fabrice Parfait Sawadogo et Filasko Moussa Kaboré

 

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