ven 21 juin 2024

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CULTURE: Le CNAA, creuset de l’artisanat d’art burkinabè existe », selon Mathias Zantéa.

Constatant la vétusté de ses locaux, certains burkinabè en étaient venus à être convaincus que le Centre national d’artisanat d’art, (CNAA) n’existe plus. En voulant savoir plus sur ce creuset de l’artisanat au Burkina Faso, infos culture du Faso a rendu visite aux acteurs de ce lieu.

« Je voudrais vous rassurer que le Centre continue d’exister bel et bien. C’est vrai qu’avec la création d’autres structures qui évoluent dans le même domaine, en l’occurrence le Village artisanal de Ouagadougou (VAO), la Vitrine du Bronze, le Centre Lukaré etc. on peut penser effectivement que le CNAA n’existe plus », rassure le directeur du centre national d’artisanat d’art (CNAA), Mathias Zantéa. C’était lors d’une visite pour s’enquérir du fonctionnement du Centre. Il est 10 heures quand nous y entrons. Les artisans vaquaient à leur occupation de routine. Un groupe de touristes venu s’acquérir d’un objet d’art discutaient avec les artisans. Les locaux vétustes donnent raison à ceux qui ont annoncé son inexistence.

Pour Mathias Zantéa, « le centre est le creuset de l’artisanat d’art au Burkina Faso.» Il rappelle qu’au regard des artistes et artisans qui ont été formés et qui ont montré leur savoir-faire par la construction de monuments dans nos villes et par les prix remportés. « Des artistes de renom tels que Ali Nikièma, Jean-Luc Bambara, Siriki Ki, Hamidou Sissao, Moussa Kaboré, Souleymane Nikièma ont été formés au CNAA. Certains ont quitté le centre tandis que d’autres y sont toujours », lance-t-il. Le temps semble avoir eu raison des infrastructures, souligne-t-il, le matériel de production, l’exigüité de sa situation géographique sont en sa défaveur.

Dans la suite des échanges, il confirme que « le CNAA continue d’exister et de remplir les missions qui lui sont assignées.» De ce qui ressort de ses propos, ses missions sont la formation, le perfectionnement des artistes et artisans, la production suivie de la commercialisation des œuvres d’art et de la promotion des corps de métiers. Selon ses explications, les autorités du ministère en charge de la culture, dans leur vision, entendent consolider l’existence de cette structure par le projet de son transfert au Musée national. « Dès le départ, la vision assignée par les autorités du ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme (MCAT), suite à une réflexion qui a été menée est de donner à ce Centre une nouvelle orientation », argue-t-il. Aux dires du premier responsable, c’est une structure informelle avant d’être érigée en service public depuis 1970. Sa vocation première est d’être une référence de formation sanctionnée d’un diplôme en artisanat d’art.

Pour ce faire, Mathias Zantéa, retrace que, créé en 1967 par un groupe d’artistes indépendants avec le concours d’organismes de coopération au développement, le CNAA a pour but de créer un cadre de formation pratique d’artistes et d’artisans. Il insiste aussi sur le fait qu’il est le lieu pour faire la promotion de la profession d’artisans et pour commercialiser leurs productions.

Le CNAA a atteint des objectifs très appréciables
Constituée de sept (07) agents, l’administration est structurée en services dont celui des stages et de l’encadrement professionnel, de la promotion de l’artisanat d’art, de la scolarité, du secrétariat  et de la régie des recettes. Il est régulièrement sollicité pour offrir des formations destinées à des nationaux et des étrangers. Cette idée sera consolidée dans le projet de restructuration voulu par les autorités du ministère en charge de la culture. Au regard des résultats, soutient le directeur, « le CNAA a atteint des objectifs très appréciables.» En termes d’objectifs atteints au plan social, le Centre a contribué à créer des emplois pour des centaines de personnes précisément de la frange jeune de la population. Sur le plan économique, précise le responsable, le Centre a engrangé des ressources financières estimées à des millions pour le trésor public.

Selon ses dires, un autre aspect, la structure a apporté de l’épanouissement à des familles à travers la vente des œuvres des pensionnaires non-salariés. Au plan culturel, le centre a permis de sauvegarder, de protéger et à promouvoir le patrimoine culturel national par la réalisation d’œuvres qui reflètent l’identité culturelle burkinabè. Le centre a participé à des expositions et qui a permis des résidences de création, des formations dispensées par des pensionnaires.

Pourtant un chapelet de difficultés et des défis à relever
Par ailleurs, des difficultés se présentent et qui sont une entrave au fonctionnement du centre. En plus de la vétusté des locaux, il y a d’autres difficultés notamment le matériel qui est désuet, insuffisant et inexistant. Pour lui, l’inexistence de curricula et de modules pour la formation théorique et pratique sont encore des obstacles au fonctionnement. Aussi, il admet que le statut du CNAA constitue une difficulté parce qu’elle est une structure technique affiliée à une direction générale. Une telle affiliation, précise-t-il, a des conséquences sur son efficacité dans l’accomplissement de ses missions. Il relève que la question du management pour l’administration est une équation à résoudre, parce que, avoue-t-il, les décisions prises qui concernent le bon fonctionnement du centre, ne rencontrent pas toujours« la bonne compréhension et de l’adhésion des pensionnaires non-salariés.»

A la suite de l’entretien, une visite pédagogique des onze (11) corps de métier ou sections notamment le bronze, la peinture, la poterie, la sculpture sur bois, la maroquinerie, la parure, les instruments de musique traditionnelle, le bogolan, la pyrogravure, la couture-broderie et le batik. « Je travaille ici depuis 40 ans. J’ai été formé en Italie en 1978. Le problème, c’est le matériel approprié qui manque », répond Hamidou Ouédraogo, un pensionnaire. Toute chose qui vient confirmer les dires du directeur du centre sur le séjour de certains pensionnaires, les difficultés à raisonner sur les objectifs du départ d’être un lieu de passage et non de résidence des artisans après formation. D’où l’intérêt du défi d’initier une communication avec les pensionnaires en vue de favoriser une autonomie technique et financière.

Qu’à cela ne tienne, les défis actuels comme le transfert sur le nouveau site et une formation professionnelle serait initiée à travers l’élaboration de curricula et de programmes de formation dans chaque corps de métier. Tout en évoquant la question de la visibilité qui pourra permettre d’optimiser la production en vue d’accroitre le taux de recouvrement des recettes. L’Etat pose, réplique-t-il, des actions pour valoriser les objets d’arts à travers la mise à disposition de deux boutiques d’exposition-vente. Une telle initiative, ajoute-il, sera renforcée quand le CNAA sera transféré au Musée national, où une salle d’exposition-vente des objets est en construction.

Dans cet ordre d’idées, il fait savoir que la recherche de la visibilité du centre sera poursuivie par sa présence aux grandes manifestations qu’abrite notre pays. En reconnaissant que la question des statistiques se pose, Mathias Zantéa affirme que sa structure à l’heure actuelle ne dispose pas de données chiffrées sur les visiteurs nationaux et internationaux. A l’entendre, l’administration du CNAA ayant été renforcée en personnel, est consciente de cette situation et des dispositions seront prises pour pallier à ce déficit d’informations. Il a laissé entendre que le centre reçoit au quotidien aussi bien des visiteurs nationaux qu’expatriés estimés par rapport aux ventes. Et de compléter : «  nous pouvons dire que sur 100% à recouvrer comme recettes pour le Trésor public, plus de 50% sont recouvrées. Ce taux pourrait être relevé de façon substantielle avec le transfert du centre sur son nouveau site ».

Achille ZIGANI et Parfait Fabrice SAWADOGO.

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