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CULTURE: ”Le talent, ça ne se cache pas” dixit Ismo TGV.

Le domaine de la culture est un domaine très rude dans lequel seul les plus talentueux arrivent à se faire une place. Lors de la couverture d’un événement culturel à Bobo-Dioulasso, deux jeunes nommés les TGV se sont fait remarqués par la qualité de leur prestation qui tenu le public en euphorie total. Ces jeunes pétris de talent à en revendre ont été approché par une équipe de Infos Culture du Faso pour échanger avec eux sur ce don, ce charisme et ce talent qu’ils possèdent.

Qui est le groupe TGV?
Le groupe TGV d’abord est composé de deux personnes Moussa Ben Ismaël BAMBA à l’état civil alias Ismo TGV (IT) et l’autre c’est Soaliho Vamoro KARABOUE mon nom à l’état civil mais on m’appelle Charles TGV (CT). Nous sommes ivoirien, nous résidons actuellement à Bobo-Dioulasso.

Infos Culture du Faso (ICF): Dans quel domaine de la culture évolue les TGV ?

TGV : TGV est un groupe polyvalent, nous nous sommes vraiment impliqué dans la culture, que ça soit le côté chorégraphie, musique, danse et tout. Actuellement on poursuit notre carrière musicale, c’est un peu ça. (CT) n’oublions pas que TGV est aussi metteur en scène, nous faisons aussi des carnavals. Plusieurs choses à la base.

ICF : Depuis quand vous avez commencé en tant que groupe ?

TGV : (IT) Bon ! on a fondé le groupe TGV en 2014, puisque avant de former le duo, nous étions impliqués dans une compagnie depuis le bas âge, depuis l’âge de 8-9 ans. Donc on peut dire depuis 2007, nous étions dans la compagnie. Mais le groupe TGV même a été formé en 2014 personnellement le duo Charles et Ismo. De là on a décidé de voler de nos propres ailes mais pas parce que on connais trop car on continue d’apprendre. Voilà pourquoi on a décidé de se baser à Bobo pour promouvoir notre talent, pour former aussi les jeunes de Bobo.

ICF : D’où vous êtes venu l’idée du nom TGV ?

TGV : (IT) TGV tout a commencé dans notre groupe “les anges de l’unité de Bouaké” notre groupe de danse en Côte d’Ivoire. On était assis, puisse qu’on a dit on va évoluer en duo, on a cherché les noms puis y’a notre chorégraphe principal qui a dit TGV. On dit bon TGV c’est quoi ? Tout le monde sait que la vraie signification de TGV c’est le Train à Grande Vitesse. Donc on a dit TGV et c’est devenu Toujours Grand dans la Vie. Car même petit il faut être toujours grand dans la vie. Ça fait que c’est vrai on est petit mais Dieu merci on a eu la chance de voir des scènes, des grandes scènes même si on n’est pas encore reconnu et qu’on est dans l’ombre. Donc TGV, Toujours Grand dans la Vie vient de là.

ICF : Parlez-nous de votre parcours au Burkina Faso ici ?

TGV : (IT) Nous sommes arrivés au Burkina précisément en 2018 l’an passé tout près. Nous sommes venus par rapport à Fitini show et Couleurs Vacances en tant que danseurs et chorégraphes. Donc après Fitini show et Couleurs Vacances, la compagnie a décidé de rentrer et mon frère et moi on a décidé de rester à Bobo-Dioulasso. C’est vrai on ne connaissait personne ici même pas un parent, même pas un cousin. Il y’a même eu des discussions ” pourquoi, pourquoi ? Vous allez rester chez qui ? Vous allez aller où ?” On a dit bon, nous sommes des artistes, nous sommes des garçons d’abord donc il faut affronter les réalités de la vie. On dit qui veut aller loin ménage sa monture. Donc, on a décidé de rester. Le premier jour ce n’était pas facile dans la rue sans personne, le deuxième jour également, le troisième jour…Mais Dieu a mis sa main sur nous. Par la grâce d’un frère d’un ami, qui nous ont fait appel et qui nous a hébergés jusqu’à maintenant. On était toujours dans l’ombre. Dans le mois d’octobre, novembre, décembre 2018, on avait rien même pas un petit spectacle. Mais en janvier 2019, nos premiers petits spectacles ont commencés. Dieu merci, comme le talent ne se cache pas, le talent paye toujours. Voilà, quand tu es talentueux ça se paye, même si tu es sorcier quand tu vois quelqu’un qui est talentueux tu vas reconnaître. C’est comme ça, donc en février il y’a eu un festival organisé par la mairie de Bobo-Dioulasso, un grand festival reconnu. Il y’avait l’Allemagne, la Belgique donc ils ont décidé que les TGV représentent la Côte d’Ivoire en cycle de feu. Donc tout a commencé de là car ils ont vraiment aimé ça. De là aussi c’est parti on a participé aux autres. On a participé au Festibro de la 5ème édition de Ablo manadja l’ouverture, et puis les autres petits spectacles un peu un peu jusqu’à maintenant. Dans le mois de juillet, précisément le 21 juillet, on a ouvert notre propre école de danse à nous et on donne des cours de danse. Jusqu’à maintenant c’est ouvert, on continue.

ICF : Quelle remarque faites-vous dans le domaine de la culture au Burkina Faso?

TGV: (IT) A vrai dire, la culture au Burkina ici est en marge de progression surtout à Bobo-Dioulasso. On peut dire à Ouagadougou c’est un peu plus, on peut parler de showbiz là-bas. À Bobo ici la culture est vraiment au top parce que tous les jeunes sont promoteurs de spectacle, chacun veut vraiment développer sa ville. Voilà pourquoi TGV a décidé de rester à Bobo. Tout le monde ne peut pas aller à Ouagadougou. Il faut aussi rester ici, développer Bobo-Dioulasso. Vu que la jeunesse ici a des ambitions et que nous aussi on en a, on à décider de rester ici pour main dans la main grandir le domaine du showbiz à Bobo-Dioulasso.

ICF : Quels sont vos projets actuellement ?

TGV : (IT) Comme on a dit l’école de danse, on a mis ça en place, un peu un peu on avance, en plus TGV envisage faire ici un truc, deux produits finis, lancé le clip à Bobo ici. Et puis mettre en place notre plus grand projet en dehors de la musique. Mettre en place notre carnaval car c’est ce qui nous a fait grandir. Grâce au carnaval on est arrivé au FESPACO ici nous deux. Ce n’est pas facile mais petit à petit….on a besoin de soutien vraiment.

ICF : Vous avez des productions lancées sur les réseaux ?

TGV : (IT) A vrai dire non car c’est très compliqué comme on vous l’a dit. Nous sommes deux et puis il n’y a pas de soutien, il n’y a pas de staff, il n’y a personne donc on fait tout à la fois. Sinon c’est très bon d’avoir tous ses sites, ces plateformes pour qu’on puisse vous suivre mais pour le moment on en a pas, mais inch’Allah je sais que ces temps-ci à venir on le fera très rapidement.

ICF : Comment est-ce que TGV se voit dans 10ans ?

TGV : (IT) Waouh dans dix ans ! Que Dieu nous donne longue vie d’abord, mais je sais que dix ans, peut-être on parlera de nous comme Dj Arafat, comme Michael Jackson comme Magic Système. Mais seul le travail paye, actuellement c’est dure on le sait mais dans dix ans on le saura tous.

ICF : Les duos ont tendance à se séparer à un moment de leur parcours selon les remarques surtout dans le domaine de la musique, parlez-nous de cet état de fait et dites-nous comment est-ce que TGV y pense.

TGV : (CT) C’est ce qu’il a dit. Au début ça n’a pas été facile pour nous, il y’a eu des paroles en bas, la famille, tu marches avec telle personne, il est comme-ci, il est comme ça, est ce que c’est bon ? On n’a pas écouté tout ça parce que depuis tout petit, on a commencé à danser ensemble. Le premier single que le groupe TGV à fait, c’était « Kwata ». Le titre c’était à 6000 FCFA, pour avoir les 6000 FCFA pour aller au studio faire le son c’était vraiment compliqué parce que en ce moment on allait encore à l’école, on était obligé de blaguer papa un peu ” il faut payer telle chose à l’école” donc on a eu 5000 FCFA avec le père comme avance pour aller enregistrer la voix. Maintenant pour aller retirer le son, il nous fallait 1000 FCFA. Les 1000 FCFA ont été encore plus durs que les 6000 FCFA, vraiment c’est un frère qui nous a remis les 1000 FCFA et on est allé retirer le son. Quand nous avons retiré le son au studio il n’y avait pas de prestation pourtant on était dans une compagnie, plutôt comme groupe de danse, il y’avais de petites prestations mais on nous négligeait toujours. Restez à côté de la famille et faire la musique, c’est un peu bizarre donc nous on a décidé de laisser la famille, laisser la ville même, aller se chercher ailleurs, c’est comme ça on a intégré une compagnie de danse à Abidjan et on s’est formé un peu un peu. La famille même n’avait pas de nos nouvelles. Elle demandait à chaque fois vous êtes où. De temps en temps on partait saluer la famille. Même dans la compagnie que nous avons intégrée en Côte d’Ivoire, le Boss essayait de diviser TGV. Il pouvait prendre Charles à côté pour dire ”ton frère là il ne sait pas chanter, il n’est pas bien, viens je vais t’aider, laisse le”. Il prend aussi Ismo à côté, ” vient je vais t’aider, ton frère là n’est pas bien” pourtant lui et moi on se suit depuis tout petit on se cache rien. Quand je vais quitter là-bas je vais venir dire tout à Ismo. Ismo va quitter là-bas, il va venir expliquer ça à Charles. On s’est dit donc c’est comme ça, les duos se séparent ! On s’est dit TGV à la vie ou la mort.

ICF : Un message à passer

TGV : (IT) pour ceux qui nous connaissent, qui nous aiment, c’est d’abord dire un grand merci parce qu’on ne peut pas aimer tout le monde. Il y’a forcément ceux qui nous aiment et forcément ceux qui nous critiques. Mais on a besoin aussi de leurs critiques pour avancer. On vous promet de toujours travailler comme on dit toujours grand dans la vie. Pour le moment nous sommes dans l’ombre, c’est quelques personnes qui nous connaissent, mais Dieu fera dans quelques années à venir, même demain qui sait ? Ton étoile peut briller.

ICF : Un dernier mot ?

TGV : (IT) C’est vraiment un grand merci à tous ceux qui soutiennent TGV, à tous ceux qui font un effort pour TGV, pour nous pousser parce que sans Dieu tu n’es rien. Donc merci à vous, à Infos Culture du Faso, à tout le monde.
TGV, toujours grand dans la vie.

Interview réalisée par Abdoulaye Giovany Coulibaly (stagiaire)

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