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« …dans le milieu du showbiz, je viens avec ma stratégie », confie l’artiste Young Ced

De son vrai nom Wendkouni Cédric Aboubacar, Young Ced est indiscutablement l’une des belles voix de la musique burkinabè et l’un des jeunes artistes adoptés par le public. L’engouement des mélomanes autour de sa toute dernière sortie discographique intitulée ‘’Apoutchou’’, confirme aisément nos dires. Dans le présent entretien que l’artiste a bien voulu nous accorder, il est principalement question de son actualité musicale, de son parcours dans la musique et bien d’autres sujets liés à sa jeune et prometteuse carrière. Lisez plutôt !

Infos Culture du Faso (ICF): Comment est né votre pseudonyme « Young Ced » ?

Young Ces (YC): « Young Ced » parce que j’ai déjà un prénom qui est Cédric et « Young » (‘’jeune’’ en anglais) pour montrer l’idée de la jeunesse.

ICF: Comment s’est passé l’entrée de Young Ced dans la musique ?

YC: J’ai commencé la musique professionnellement il y a cinq ans. Je ne lançais pas les sons sur YouTube, c’était dans les groupes WhatsApp pour me faire connaitre. Parce qu’en son temps, je n’étais pas vraiment en train de faire carrière. C’est après cela que j’ai lancé un tube avec un groupe sur YouTube intitulé « activation » et en 2016 avec le titre « qu’est-ce-qui s’est passé ». J’étais déjà passionné par la musique. J’étais ce jeune-là qui téléchargeais les lyrics des artistes, les imprimais et les recitais par cœur. Ensuite avec mes petites créations. C’est tout ça qui m’a mis vraiment dans la musique.
Je n’ai pas suivi de formation musicale. C’est avec le temps, je suis passé de rappeur que j’étais, à un chanteur. Mais le rap était assez dur et vu qu’on est au pays ici, mon rap n’était pas destiné à conscientiser. C’était en quelque sorte un « rap immature ». Du coup, ça ne marchait pas, j’ai changé, je suis rentré dans les sons assez chauds, assez dansants avant d’entrer carrément dans le chant.

ICF: Parlez-nous de votre tout dernier clip « Apoutchou » et l’accueil que vos fans l’ont réservé

YC: Le clip est sorti le 16 avril 2021. Les fans ont beaucoup apprécié. J’étais même étonné en voyant les vues. A dire vrai, « Apoutchou » c’est mon 3e clip professionnel et c’est allé vite. On a eu 10.000 vues YouTube en 24h, record que je n’avais pas fait auparavant.

ICF: D’où est née cette histoire d’amour entre Young Ced et les filles rondes ?

YC: Pour moi, « Apoutchou », ça veut dire déjà les femmes rondes que j’aime beaucoup parce que je trouve que ce sont les meilleurs. Les gens ont souvent tendance à dire qu’elles ont des défauts, pour moi je vois en leurs défauts des qualités. Elles sont tout simplement magnifiques.

ICF: Quelles ont été les importantes collaborations faites par Young Ced ?

YC: J’ai eu plusieurs collaborations avec des artistes comme Riyane, un jeune artiste, et avec un autre du nom de DND. Un clip avec ce dernier est même envisagé. J’ai aussi collaboré avec les jeunes artistes burkinabé du moment qui sont en train de faire parler du Burkina ici et ailleurs, c’est-à-dire Amzy et Kayawoto. J’ai eu la chance d’être invité sur le dernier album de Amzy sur le titre « ma mission ».
Je dirai merci à Dieu et aux parents. Grâce à leurs soutiens, j’ai eu un feat avec une super star ghanéenne du nom de Bisa Kdei et aussi avec un autre jeune du même pays appelé Pizy Fire.

ICF: Comment vous êtes-vous senti après avoir pu collaborer avec la star ghanéenne Bisa Kdei et avoir fait voyager la musique burkinabé ?

YC: Je pourrai juste dire que j’étais super fier. Fier de mon travail que j’ai eu à abattre et ce travail, c’est avec le soutien des fans. Grâce à leurs critiques, je corrige beaucoup de choses. C’est après avoir écouté l’un de mes singles par l’intermédiaire d’un manager qui est au Ghana que Bisa Kdei a demandé à me voir. Et je me suis rendu chez lui et on a fait la collaboration. Mais même après l’enregistrement, je ne croyais toujours pas que j’ai pu collaborer avec Bisa Kdei. Parceque moi, je ne me voyais franchement pas à ce niveau-là.
« Man-sougri » que j’ai sorti il y a pratiquement 2 ans. Après ça, j’ai fait des freestyles sur WhatsApp. Ensuite il y a le titre « femme ». Et le tout dernier hit c’est « Apoutchou ».

ICF: Comment Young Ced compte pouvoir s’imposer dans le milieu du showbiz burkinabé qui, on le sait, n’est pas donné aux enfants de chœur ?

YC: Il faut dire dans le milieu du showbiz, je viens avec ma stratégie. Pour s’imposer ici, c’est très compliqué. Mais après, chacun définit le terme « s’imposer » à sa manière. Je peux dire par exemple que je m’impose actuellement parce que j’ai un nombre de followers que j’ai voulu atteindre et que je l’ai atteint. Actuellement, je ne peux pas dire que je suis au-dessus de tout car je suis toujours en train de travailler.
Moi ma stratégie est très simple, donner ce que le public veut. Tu leur donnes ce qu’il veut, il t’adopte facilement. En plus de ça, je ne vise pas seulement mon pays le Burkina Faso mais aussi l’international. Et avec les challenges qu’on va lancer d’ici là sur Tik Tok, je suis sûr que je vais me faire bien connaitre dans la sous-région.

ICF: Dans quel(s) style (s) de musique évoluez-vous ?

YC: Je suis tout terrain, je dirai. Je fais presque tous les styles de la musique. Moi je ne vais jamais me focaliser sur un unique style musical. Si je fais du slow aujourd’hui, demain je t’envoie sur un autre terrain encore. C’est pour que tout le monde se sente dans ce que je fais.

ICF: Young Ced est certes, de plus en plus adopté par le public burkinabé. Mais la sortie d’un album se fait toujours attendre ?

YC: Je dirai que je ferai un album mais ce sera pour 2022. En 2022, l’album sera prêt et bien coloré.

ICF: Quels seraient les atouts qui s’offrent à Young Ced pour arriver à s’imposer tant à l’échelle nationale qu’internationale ?

YC: Je ne vais pas me comparer aux autres mais je dirais que j’ai une voix spéciale à moi. Chacun a sa voix qui constitue l’un de ses atouts. Et aussi il y a le texte, le message que je donne qui touche beaucoup de personnes. Je projette également des chansons en langue nationale mooré. Je fais également de refrains simples et les fans arrivent à reprendre facilement. Je pense donc que ce sont des atouts pour moi.

ICF: Pensez-vous que les artistes burkinabè sont soutenus dans leur métier ?

YC: Ici, on se soutient pas réellement, on fait semblant. Y a ce gars qui te dit qu’il aime ce que tu fais et dès que tu bouges, il dit autre chose sur toi. Du coup, ce gars n’est pas prêt à partager ton lien à ses contacts. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle certains artistes quittent leur pays pour aller faire carrière dans d’autres pays. Et quand ça donne là-bas, on le réclame maintenant au pays. Mais moi je ne suis pas dans cette lancée. Moi je préfère rester ici et petit-à-petit, c’est sûr que les gens vont m’adopter.

ICF: Pensez-vous que les autorités soutiennent-elles les artistes burkinabè ?

YC: Je dirai que les autorités fournissent beaucoup d’efforts pour les artistes. Ces temps-ci, il n’y a plus de plaintes. Moi personnellement je ne me plains pas. Le BBDA travaille à fond. Surtout avec leurs formations qu’ils offrent aux managers et producteurs. Ils forment beaucoup. Donc lorsque tu assistes à leurs formations, tu sais déjà comment gérer tes activités et tout. Je les remercie très sincèrement.

ICF: Comment se passe la production avec Young Ced ?

YC: J’étais premièrement, dans ce que je vais appeler une « production verbale » avec Slamazone groupe. Tout a été bien, j’ai beaucoup appris avec eux. Mais moi aussi j’avais mes rêves à moi, raison pour laquelle j’ai préféré prendre une autre direction. Et cette direction était de l’autoproduction, où j’ai pensé mieux me sentir car dans ce cas, c’est toi-même qui décides de la tournure donnée à ta carrière. Mais j’ai toujours les conseils du PDG et grand frère Ibrahim Zerbo, qui m’a toujours trouvé des prestations sans soucis. Et actuellement, par la grâce de Dieu, j’ai eu un nouveau producteur avec qui j’ai commencé il y a environ 06 mois. C’est d’ailleurs cette production qui a réalisé mon dernier clip. Là-bas, ça avance, on arrive à se comprendre. Il y a quelques fois des difficultés mais on peut se réjouir, vu que certaines choses se sont déjà réalisées.

ICF: Un appel à lancer à l’endroit des autorités ?

YC: Je demande aux autorités vraiment de nous donner la chance. Surtout dans les prestations live, on n’appelle pas nous les jeunes parce qu’ils ont peur mais avec juste raison. Parce que de nos jours, on est beaucoup dans la Musique Assistée par Ordinateur (MAO) et là c’est compliqué avec les live. Après je remercie ces promoteurs qui invitent les jeunes dans leurs événements. Et de demander à nos devanciers de nous soutenir et de nous conseiller. Parce que nous les jeunes on est trop pressé et on écoute moins les conseils.
Mais je salue déjà la solidarité entre les jeunes artistes. Par exemple, lorsque Kayawoto a sorti son clip, les Amzy, Alrich et moi-même avions partagé et c’est réciproque.

ICF: Quelles sont les scènes majeures auxquelles Young Ced a pris part ?

YC: Il y a le concert de Malicka la Slameuse qui s’était tenu au CENASA, le concert de Dadju au Burkina ici, les cocktails NAK, Miss Université, Festival Garba, etc.

ICF: Que fais Young Ced en dehors de la musique ?

YC: Young Ced est en train de se former en ingénierie de son. Et là, je serai mon propre arrangeur.

ICF: Un dernier mot ?

YC: C’est juste remercier tous ceux qui nous soutiennent, qui soutiennent la musique burkinabè réellement. Merci aux fans, à l’ensemble des Burkinabè qui ont commencé à comprendre que notre musique est la meilleure. Merci et excellente suite à Infos Culture du Faso.

Entretien réalisé par Kayadan Alain Gounabou et Boukary Ouédraogo.

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