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Danse contemporaine africaine : « SEN KƆRƆ LA » ou le rite des initiés de Lacina Coulibaly.

« SEN KƆRƆ LA » est une création artistique sur les rites et traditions africaines. Après 22ans de carrière, il s’agit pour le danseur de faire une nouvelle version de la danse contemporaine puisée de la danse des masques.

« Mon spectacle s’intitule « SEN KƆRƆ LA » ce qui veut dire en langue bambara, « sous nos pieds ».C’est une métaphore pour parler de la danse traditionnelle et des rites qu’on a chez nous. On s’est dit pourquoi aller chercher ailleurs si on a tout ici en Afrique comme valeurs », a lancé Lacina Coulibaly. En tant qu’africain, la recherche de la danse de nos jours s’inscrit dans ses racines traditionnelles, sur lequel il danse, s’exprime et vit en tant que danseur contemporain. Pour lui, il suffit de les étudier et de les retravailler et on pourra l’adapter à la réalité contemporaine.

Son objectif de chorégraphe consiste de proposer des créations qui prennent leurs sources de la tradition africaine en vue de le montrer autrement voire créer une nouvelle expression. Aux dires de Lacina Coulibaly, cette présentation est un appel à la pratique de cette spiritualité africaine. Et d’ajouter : «  c’est ce qui fait de nous ce qu’on est.» Selon ses dires, il faut rendre cette danse traditionnelle africaine plus accessible à travers sa simplification. Car, à l’écouter, pour comprendre la danse africaine il faut toute une vie pour l’apprendre. « Sinkorola » évoque et décrit les rites africains.

A travers les mouvements, le spectacle fait ressortir ces rites afin que les gens puissent avoir une idée des cérémonies ancestrales. Dans « Sen Kɔrɔ La », le chorégraphe engage sur scène la tradition et le patrimoine culturel, il invoque les ancêtres dans ses gestes en vue d’illustrer les maîtres des rites et des sciences. Le lieu où sont les maîtres du silence et des masques qui pourront fait découvrir les maîtres de l’espoir et du désespoir par les maîtres des tambours. « Pour moi, l’idée de masque, implique de nombreuses choses qui entre en jeu notamment la population, un rite pour accompagner etc.

C’est ce que j’incarne sur scène », a-t-il relevé. Une telle inspiration est puisée de sa recherche sur les masques et qu’il met sur le plateau de l’émotion et de la sensibilité. Il recense à travers cette magie africaine, le mystique et la vie quotidienne. Il a dit ainsi, révéler la spiritualité africaine étouffée de nos jours par les religions judéo-chrétienne et musulmanes d’où nait la tendance pour les africains de dénigrer cet aspect.

Par ailleurs, les difficultés existent, car la création chorégraphique « Sinkorola » est réalisée sous fonds propres tant dans la confection des costumes avec l’appui de son compagnon Ibrahim. Il a fait savoir que la volonté de ce dernier à travailler sans être rémunéré a été déterminante dans l’aboutissement de duo. « On devait jouer aux USA en Avril et Ibrahim n’a pas eu son visa et comme le spectacle a deux version solo et duo je l’appelle un solo à deux », a-t-il conclu.

Achille ZIGANI

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