mer 29 mai 2024

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Développement et sauvegarde du patrimoine culturel: partie 1 de l’entretien avec le DG du patrimoine culturel, Moctar Sanfo

Le Ministère de la culture, des arts et du tourisme, à travers la Direction générale du patrimoine culturel, a fait de la lutte contre le trafic illicite des biens culturels, l’une des priorités de la mise en œuvre de sa politique. Pour ce faire, ladite direction générale multiplie les efforts entrant dans le cadre de la sauvegarde du patrimoine matériel et immatériel au Burkina Faso. De passage dans nos locaux, Monsieur le Directeur général du patrimoine culturel, Moctar Sanfo, a accepté de nous accorder un entretien. Lisez plutôt !

Infos Culture du Faso (ICF): Veuillez-vous présenter à nos lecteurs s’il-vous-plaît.

Moctar Sanfo (MS): je me nomme Moctar Sanfo, je suis conseiller en gestion du patrimoine culturel de formation et Directeur général du patrimoine culturel depuis le 19 février 2020.

ICF: présentez-nous cette direction que vous dirigez.

MS: il faut dire que la Direction générale du patrimoine culturel (DGPC) est une structure centrale du département ministériel de la culture, des arts et du tourisme. De façon succinte, elle assure la mise en œuvre de la feuille de route nationale du développement du patrimoine culturel du Burkina Faso. Fort d’une cinquantaine d’agents, la DGPC est composée de quatre (4) directions techniques, à savoir la direction de la promotion des musées, la direction de la conservation et de la Promotion du patrimoine culturel, la direction de la protection et de la promotion de la diversité des expressions culturelles et la direction de l’inventaire, de la documentation et de la recherche.

ICF: en quoi consistent les missions de la DGPC ?

MS: comme je l’ai dit, elle a en charge la mise en œuvre de la feuille de route nationale en terme de développement du patrimoine culturel. Cela s’entend le développement d’initiatives pour assurer l’inventaire, la conservation, la sauvegarde, la promotion du patrimoine culturel national. Elle contribue également à la protection de la diversité des expressions culturelles.

ICF: après un an à la tête de cette direction, quelles sont les défis à relever selon vous?

MS: quand on parle de protection du patrimoine culturel, cela se traduit dans un premier par les différentes opérations d’inventaire qu’il faille réaliser sur les composantes du patrimoine culturel. Pour dire vrai, on ne peut pas gérer le patrimoine culturel sans au préalable avoir une bonne connaissance de son état. A l’issue de ces opérations qui mettent en lumière les forces et les faiblesses du patrimoine culturel, s’en suis la mise en œuvre de mécanismes pour prendre en compte la conservation des biens qui le nécessitent. Quant à la valorisation, il renvoie à la diffusion des savoirs, pratiques, valeurs et connaissances qui résultent de la protection, la sauvegarde ou la sécurisation des biens culturels, qu’ils soient physiques ou non physiques.

Un an après mon accession à la DGPC, je dirais que la direction va de mieux en mieux en termes de missions accomplies. En effet, nous avons pris la peine d’assurer la continuité des actions engagées par nos prédécesseurs avant de nous engager sur de nouveaux chantiers. Et Dieu faisant grâce, nous sommes sur le bon chemin en ce qui concerne ces chantiers.

ICF: à cet effet, pouvez-vous nous parler de ces chantiers, en d’autres termes quelles sont les actions engagées sur le terrain?

MS: il faut dire que les chantiers que nous avons engagés sont multiples. Il s’agit d’abord de l’actualisation des inventaires qui constitue un élément déterminant dans le processus de protection et de sauvegarde du patrimoine culturel. En matière de gestion du patrimoine, l’inventaire précède toute action. En rappel, il y’a eu un inventaire général du patrimoine immobilier (2014 à 2016) et du patrimoine culturel immatériel (2014 à 2017) ces deux opérations d’inventaire ont permis de révéler respectivement 1088 biens culturels immeubles et 1492 éléments potentiels du patrimoine culturel immatériel (PCI). Les fiches qui ont permis de collecter les données à l’occasion de l’inventaire font toujours l’objet de documentation et de traitement progressif, ce qui permet d’espérer la publication d’une liste représentative nationale y relative. En ce qui concerne le patrimoine mobilier, le Burkina Faso dispose à ce jour plus d’une trentaine de musées dans lesquels sont conservés environ 45 000 objets. Ce chiffre estimatif, puisqu’il y’a des musées où les systèmes de documentation sont laconiques et pour certains, il n’y en a pratiquement pas. Et notre mission est de les aider à atteindre une mise à jour complète de leurs inventaires(…)

En plus de ces mécanismes, nous travaillons à renforcer les dispositifs de lutte contre le trafic illicite des biens culturels. En la matière, il existe au Burkina Faso un système de contrôle qui permet de réguler la circulation des biens culturels à l’intérieur comme à l’extérieur du territoire national. En effet, il y’a le marché de l’art qui est légalement reconnu au Burkina Faso. Toutefois, il mérite une régulation pour qu’il ne devienne pas un prétexte pour alimenter le trafic illicite des biens culturels. Par conséquent, nous travaillons de sorte à minimiser les risques y relatifs. En claire, nous avons des collaborateurs à l’aéroport international de Ouagadougou et à la poste Burkina Faso qui renforcent le contrôle et mènent des actions de sensibilisation à l’endroit des exportateurs, les autres usagers et le personnel travaillant dans ces administrations. Le recent atelier de cadrage sur la mise en œuvre de la convention de l’UNESCO de 1970 s’inscrit dans cette dynamique… Cette convention porte sur les mesures à prendre pour interdire et empêchér l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites de biens culturels (…)

À suivre…..

Interview réalisée par Boukari OUÉDRAOGO

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