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Festival Dialogues de corps : À la découverte de Hamed et Fati ou l’aventure secrète d’un couple de Touareg

Le festival “Dialogues de corps” ce n’est pas que la danse, c’est aussi l’expérience d’hommes et de femmes en quête d’expression de soi. Au nombre de ces derniers, il y a Hamed et Fati Cissé, issus du camp de réfugiés de Mentao à dix kilomètres de Djibo. Dans cet entretien qu’ils nous accordent ces deux danseurs parlent de ce que ce festival leur a fait découvrir.

Ils sont nombreux ces jeunes réfugiés maliens qui participent au festival “Dialogues de corps”. Ce qui semblait être pour eux un moyen d’échapper à l’insécurité dans le Sahel est aujourd’hui un véritable outil d’épanouissement. C’est l’expérience de ce couple de Touareg Hamed et Fati Cissé. Fati Cissé dit avoir intégré la formation de danse depuis 2013 dans le camp de réfugiés maliens de Sagnongo non loin de Ziniaré. C’est par la suite qu’elle a rejoint Mentao. “En août 2019, puis en novembre de la même année nous sommes revenus au Centre de développement chorégraphique (CDC-la Termitière) de Ouagadougou.

Celà fait la quatrième fois que nous sommes là”, nous explique t’elle. Même si pour le moment Hamed et Fati ne vivent pas uniquement de la danse, la formation leur a apporté beaucoup de choses. “Entre deux festival, nous nous adonnons à la couture ou à l’artisanat” explique Fati. Hamed Cissé est l’époux de Fati, lui aussi réfugié du camp de Mentao. “Nous sommes arrivés ici au CDC grâce à Salia Sanou pour le spectacle “Dialogues de corps”. Nous avons passé de bons moments ensemble. Nous avons appris un tas de choses à travers ce festival”, raconte t’il.

Bien avant cette expérience de la danse, ces jeunes réfugiés étaient à l’intérieur du camp rongés par l’oisiveté. Mais aujourd’hui, Celà leur a permis de se rendre utiles en enseignant d’autres personnes à la danse. Pour l’instant, avec son épouse Hamed Cissé ne peut pas dire qu’il a une assurance de vivre seulement de la danse. Mais il a bon espoir qu’un jour ce sera le cas. Hamed et Fati Cissé ont déjà séjourné au Niger à travers un festival organisé par Salia Sanou. Une expérience qu’ils ne sont pas prêts d’oublier. “Nous avons eu une belle expérience avec les jeunes réfugiés des camps au Niger. Il y a eu un partage d’expérience très enrichissant.”, explique Hamed.

Le couple Touareg encourage les autres jeunes sans emploi à leur emboîter les pas en s’interressant à la danse. “La danse permet l’épanouissement de l’individu en plus du fait qu’il peut être un emploi. Au début, nous croyons que la danse était un simple divertissement. C’est plus que cela”, explique t’il. Le couple ambitionne de former d’autres jeunes enfants à la danse si l’occasion leur est donnée. Dans le contexte général d’insécurité que traverse le Burkina Faso le couple Cissé souhaite que le pays retrouve au plus vite la paix. “L’insécurité est un vrai souci pour nous. Notre souhait est que la paix revienne et que nous puissions vaquer à nos occupations. Il fut un temps où il était difficile de circuler à Djibo et mon épouse et moi nous avons déménagé à Ouagadougou. Vivement que la paix revienne au Burkina”, a conclu Hamed Cissé.

Sidbéwendé ZONGO

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