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Haoua Kébré/Cissé, Directrice de l’inventaire et de la documentation: “nos difficultés sont essentiellement d’ordre financier”

Première responsable de la Direction de l’inventaire, de la documentation et de la recherche, Haoua Kébré/Cissé évoque, dans cette interview accordée à Infos Culture du Faso, les missions, les grands axes et les difficultés liées à la gestion de la présente structure.

Infos Culture du Faso (ICF) : Vous êtes à la tête de la direction de l’inventaire, de la documentation et de la recherche, veuillez nous présenter votre structure.
Haoua Cissé (HC) : La direction de l’inventaire, de la documentation et de la recherche est l’une des quatre (4) directions techniques que comprend la Direction générale du patrimoine culturel (DGPC). Et en son sein, cette direction technique compte deux services, notamment le service de l’inventaire et celui de la documentation et de la recherche.

ICF : En termes de gestion, dites-nous en quoi se résument les missions de votre direction technique ?
HC : De manière globale, la Direction de l’inventaire, de la documentation et de la recherche est essentiellement chargée d’identifier, d’inventorier, de documenter les biens du patrimoine culturel matériel et immatériel des communautés du Burkina Faso. L’une des attributions de cette direction est l’élaboration, la tenue et la mise à jour régulière des registres d’inventaire et de classement des biens du patrimoine culturel. A cela s’ajoute la recherche sur les composantes du patrimoine culturel matériel et immatériel. Aussi, notre direction technique est composée de deux services. Ce qui sous-tend que chaque service a des missions bien spécifiques. En effet, le service inventaire est entièrement chargé de l’inventaire des biens du matériels et immatériels ; l’élaboration, la tenue et la mise à jour régulière des registres d’inventaire et de classement des biens et éléments culturels ; de suivre le processus de classement des biens culturels sur la liste nationale. Quant au service de la documentation et de la recherche, il est dédié à la documentation des biens et éléments du patrimoine culturel. Ce service est également chargé de l’identification et de la formulation des projets de recherche sur les composantes du patrimoine culturel.

ICF : Pour le citoyen lambda, que pourrait-on entendre par inventaire des biens du patrimoine culturel matériel et immatériel ?

HC : Il est important de savoir qu’à ce niveau, nous avons deux étapes, à savoir l’inventaire qui est un processus qui consiste à recenser l’ensemble des biens du patrimoine culturel aussi bien matériel qu’immatériel. L’autre aspect, c’est l’inscription à l’inventaire qui consiste à l’enregistrement des biens recensés sans pour autant qu’on ait une nécessité immédiate de les classer. L’inscription à l’inventaire comporte l’obligation de n’entreprendre aucune modification ou tout autre travail, autres que ceux d’entretien moral ou d’exploitation courante sans autorisation préalable du service compétant.

ICF : Comment se passe la décision de classement d’un bien ?

HC : Le classement en lui-même est l’acte par lequel l’Etat par voie d’inscription sur un registre créé à cet effet, impose aux propriétaires, détenteurs desdits biens des servitudes gravant l’utilisation. La notification de classement est notifiée à qui de droit et devient caduque si dans un délai 365 jours le classement n’est pas prononcée. Il est nécessaire de préciser que la décision de classement peut se faire par négociation avec le détenteur, soit par décision unilatérale de l’autorité. La proposition de classement peut être prorogée. Dans tous les cas, la durée totale ne peut pas excéder 18 mois.

ICF : Mais de façon pratique, quel est le processus pour parvenir au classement d’un bien sur une liste ?

HC : Pour parvenir au classement d’un bien du patrimoine culturel sur la liste du patrimoine national, il faut d’abord l’identifier puis l’inscrire à l’inventaire. Les biens culturels ainsi inscrits à l’inventaire font l’objet d’une documentation appropriée et sont par la suite soumis à l’approbation de la Commission Nationale des Biens Culturels et Naturels qui est selon la loi 024, l’organe habilité à donner des avis sur le classement et le déclassement des biens culturels au Burkina Faso.

ICF : Parlant du processus de classement des biens, quels effets cela pourrait-il induire ?

HC : Le classement a pour effet de mettre le bien dans le patrimoine de l’Etat. Les biens classés ne peuvent être détruits, modifiés ni soumis à des travaux de restauration sans l’autorisation du service chargé de la protection du patrimoine culturel. Aussi, l’Etat peut faire exécuter, à ses frais les travaux indispensables à la conservation ou à la sauvegarde d’un bien culturel classé appartenant à des personnes privées. Un vecteur d’image, le classement représente également un enjeu économique.

ICF : En termes de bilan, que peut-on savoir des actions menées par votre direction technique sur le terrain?

HC : Parlant de bilan, nous avons à ce jour plus de 1068 biens immeubles inventoriés, 1492 éléments inventoriés dont 94 biens immeubles et 120 éléments du patrimoine culturel immatériel proposés pour être classés sur la liste du patrimoine national.

ICF : Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontés dans le processus d’atteinte de vos objectifs ?

HC : Nos difficultés sont essentiellement d’ordre financier. Nous avons de nombreux projets, mais qui malheureusement peinent à être réalisés en raison des nombreuses difficultés liées aux questions financières. Comme exemple, la recherche sur les composantes du patrimoine culturel est un projet qui nécessite beaucoup de ressources financières.

ICF : Quel est votre message à l’endroit des décideurs ?

HC : Il y a certes un effort qui est fait, mais force est de reconnaitre que ce n’est pas suffisant. Notre doléance serait de demander l’amélioration des ressources financières affectées à la culture, surtout à la Direction générale du patrimoine culturel (DGPC).

ICF : Avez-vous un dernier mot ?

HC : Nous tenons absolument à vous adresser nos remerciements pour l’accompagnement. Grand merci à votre media pour tout ce que vous abattez au quotidien en vue du rayonnement de la culture au Burkina Faso.

Interview réalisée par Boukari OUÉDRAOGO

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