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HUMOUR: A la rencontre d’une prouesse de la joie

Une forme d’ironie à la fois plaisante et sérieuse, peint avec exactitude le charisme et le niveau d’intellectualisme de ses auteurs. Chose promise, une équipe de Infos Culture du Faso est allé à la rencontre d’un fruit mur de la satire humoristique, Choco bénédiction à l’état civil Gaston Ouédraogo, puisque s’est de lui qu’il s’agit, nous parle de lui et de sa carrière.

ICF : Bonjour !
Choco Bénédiction : Je suis Choco B à l’état civil, Gaston Ouédraogo, je suis artiste humoriste également titulaire d’une licence au département de la linguistique de l’université Joseph Ki Zerbo, et aussi membre du Club des amis de l’UNESCO de l’université Ouaga I et Ouaga II (CAU UO).

ICF : D’où est né cet amour pour l’humour ?

Choco Bénédiction : Disons que pour moi, l’humour est un héritage des parents. Presque toute la famille était de fins humoristes. Tout a commencé à l’église, saint charpentier de grand Laou en Côte d’Ivoire, après la messe, il y avait un prêtre qui racontait des histoires drôles qui faisaient marrer les gens. Il faut dire aussi que dans mon quartier, on organisait des tournois de football et je faisais des prestations en humour qui amusaient aussi les participants. Par la suite, nous avons mis en place une association des élèves de notre département dans laquelle j’occupais le poste de chargé à la culture. Il faut dire que l’inspiration a grandi lorsque j’ai suivi à la télé, une émission d’humour communément appelée « bonjour 2006».

ICF : D’où provient le nom Choco bénédiction ?
Choco bénédiction est né suite à un camp de jeune de la paroisse à pikinikro, ou j’étais reconnu meilleur animateur et à la présentation d’une pièce théâtrale, je devrais jouer le rôle du Choco, du bel homme dans notre jargon. De ce nom, les amis m’appelaient Choco Burkinabè et un jour un ami, Hyacinthe Kouakou Kouadio que je salue au passage, m’a approché et ma signifié que le nom Choco béni m’irait mieux et qu’il fallait avoir un nom qui pourrait caricaturer ma personne. C’est ainsi que le nom Choco bénédiction est né.


ICF : D’une vie estudiantine à l’humour, comment choco B réussi t- il à mener les deux activités à la fois ?
Choco bénédiction : Pour moi, on peut bien concilier étude et humour, car cette passion ne m’a jamais empêché de bien travailler à l’école. Je présentais toujours de bonnes notes à la famille. Si c’est grâce aux études que j’ai eu cette occasion d’ester en humour, je ne vois pas en quoi cela pourrait m’empêcher d’étudier convenablement car pour moi, tout est question d’organisation. Les études représentent pour moi, une arme très puissante dans mon inspiration humoristique. Il y’a un temps pour les études et un autre pour l’humour.

ICF : Comment vos parents ont apprécié votre idée d’emboiter l’humour comme carrière ?
Choco bénédiction : Honnêtement, les parents ne se sont jamais opposés à cette idée, au contraire j’ai reçu des bénédictions et des encouragements de leur part. Ils m’ont toujours accompagné dans mes initiatives du moment que je ne les ai jamais déçu de par mon comportement. C’était uniquement le sourire lorsque je me retrouvais au milieu des amis et proches.

ICF : Après le secondaire, Gaston Ouédraogo a décidé de poursuivre ses études supérieures au Burkina Faso, c’était à quelle période ?
Choco bénédiction : Il faut dire que je suis arrivé au Burkina en 2014 après l’obtention de mon baccalauréat et arrivé au pays des hommes intègres, par le biais d’un ami, j’ai été invité pour ma première prestation ‘’Naakoroba’’, le 08 mars 2014 à la maison de la femme et c’était une prestation en duo avec l’ami en question que les gens ont beaucoup apprécié.
Après cette prestation, j’ai aussi été invité au maquis du célèbre artiste burkinabè Floby, « yombo ». Un jour, j’étais au campus, en lisant les informations affichées au tableau, je suis tombé sur une affiche du club anglais de l’université qui faisait cas d’une activité de 72 heures. Je suis entré en contact avec leur président histoire de proposer une prestation. Celui-ci n’a pas hésité, et c’est après ma prestation que le technicien sonore de la soirée, Souleymane Sawadogo qui était membre du Club des amis de l’Unesco des universités Ouaga I et Ouaga II (CAU UO), m’a invité à me joindre à eux car selon lui, le CAU UO, organisait la nuit du conte et de l’humour, donc il serait bon que j’y participe.
Dans le même temps, un célèbre humoriste et acteur comédien burkinabè, Gérard Ouédraogo connu sur le nom de son excellence Gérard recrutait des humoristes débutants afin de les scotcher, malheureusement le recrutement s’est fait avant moi. Tout compte fait, M. Sawadogo a lui-même contacté Gérard pour que je puisse le rencontrer et c’est comme cela que tout est parti avec l’excellence Gérard. Disons qu’au départ nous étions très nombreux, mais au fil des temps, il ne restait que 09 humoristes qui apprenaient au côté de cet illustre humoriste son Excellence Gérard qui est aujourd’hui le fondateur de l’atelier du rire, le premier cadre artistique de création et de la promotion de l’humour au Burkina Faso, de l’Afrique de l’ouest qui forme des humoristes.
Il faut noter que le CAU UO promeut les diversités culturelles, la paix, la cohésion sociale, le vivre ensemble(…) et en son sein, des activités comme la dance, le théâtre, le conte sont un facteur qui regroupe bon nombre d’étudiants.

ICF : Choco bénédiction est l’élève d’une figure emblématique de l’humour au Burkina Faso, son excellence Gérard, mais comment se fait-il qu’il ne soit pas aussi connu comme son maitre ?
Choco bénédiction : J’ai un objectif à atteindre, je vais pas à pas. Du début de ma carrière humoristique, c’est cette année que j’ai trouvé mon encrage à travers une formation que son excellence a initié à Bobo et il m’ait recommandé de travailler à incarner mon personnage. Chose que j’ai fait, du coup toutes mes inspirations relèvent de ce procédé humoristique qui est la casquette d’un prêtre. Tous ceux qui me découvrent, me découvrent dans la joie, ils n’ont pas de regret. J’ai organisé mon one man show le 21 juin 2019 à l’université de Ouagadougou et le 14 décembre de la même année à l’université de Koudougou et cela a été un succès grâce aux ainés du club Unesco et autres partenaires qui ont cru en moi et à ce que je fais.
Mon objectif est de promouvoir la langue et les diversités culturelles de mon pays le Burkina Faso et en dehors de ma formation linguistique, je suis polyglotte qui est la capacité de parler plusieurs langues.

IFC : de nombreux artistes évoquent des sujets d’actualités dans leurs œuvres en vue de transmettre une éducation, une sensibilisation vis-à-vis des tares de la société, Choco bénédiction fait il l’exception ? Quel est son message qu’il véhicule à travers son humour ?

Choco bénédiction : je ne fais pas l’exception, car étant un artiste humoriste et membre du CAU UO, je suis appelé à instaurer la joie dans le cœur des humains, à promouvoir la paix, à encourager la cohésion sociale et le vivre ensemble, et c’est ce que je fais à la fin de ma prestation.


IFC : Comment l’artiste rédige ses textes ? Est-il épaulé ou ses textes sont rédigés par une intelligence invisible ?
Choco bénédiction : Je rédige moi-même mes textes et avant la prestation, je fais des filages devant mon coach Gérard s’il est disponible, qui opère des corrections et amendements, et s’il n’est pas présent, je me tourne vers mes collègues et des fois mes amis du CAU UO, qui eux aussi donnent leurs appréciations avant que je ne monte sur scène. Pour moi, on ne doit pas dire qu’on se suffit car chaque jour pour moi est une école et on peut apprendre avec tout le monde.

ICF : Qu’est-ce qui motive Gaston à faire de l’humour une vive carrière ?
Choco bénédiction : Il faut dire qu’apporter la joie dans le cœur des humains est un métier très noble et lorsque par nous, autrui peut être heureux, cela nous encourage à travailler davantage afin de maintenir les hommes dans le bonheur.
Cependant, il nous incombe d’investir souvent dans d’autres volets car après la prestation on peut chômer plus de deux mois sans prester. Alors pour espérer avoir une pitance, il faut parallèlement mener une petite activité. Ne devons pas nous contenter uniquement de l’humour.

ICF : qu’a prévu Choco bénédiction dans les jours à venir ?
Choco bénédiction : J’ai prévu d’organiser au moins un spectacle chaque année si le bon Dieu me donne la santé et me donne les moyens nécessaires pour cela. Et ce spectacle sera organisé à l’université de Ouagadougou car pour moi, la frange qui convient d’appartenir au sort d’une nation, c’est bien la jeunesse, elle est alors mon public cible.

ICF : Le flot d’artistes naissants au Burkina Faso véhicule le même message de paix, de cohésion, de tolérance etc, quel est le plus que Choco bénédiction apporte à cela ?
Choco B : Pour ma part, il faut dire que les gens vivent la réalité, il est bien vrai qu’on en parle de façon régulière mais il faut les mettre en application. Il ne s’agit pas seulement d’en parler, comme le disait feu le président ivoirien Houphouët Boigny « la paix n’est pas un mot, mais un comportement ». Il faut que nous jeunes fassions comprendre que la culture est notre arme redoutable

ICF : Un dernier message
Choco bénédiction : Je lance un appel à toute bonne volonté de nous accompagner dans notre initiative car nous avons les idées et le courage de les mettre en application mais le volet financier fait défaut. J’invite les structures à accompagner les jeunes dans leurs entreprises. Et enfin que Dieu vous bénisse pour votre accompagnement indéfectible à accompagner les artistes que nous sommes et à faire de nos œuvres une connaissance universelle.

ICF : Merci
Choco bénédiction : Le merci vous revient

Propos recueilli par Aboubacar Dipama

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