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Instruments du terroir: A la découverte du balafon

Au Burkina Faso, pays situé en Afrique de l’ouest, l’on retrouve de nombreux instruments  traditionnels de musique sous diverses formes. Nous vous présentons dans les lignes qui suivent, le balafon. Celui-ci est un instrument à percussion venu d’Afrique occidentale.  Voici présenté ci-dessous, cet héritage qui est de plus en plus utilisé  aujourd’hui par les artistes dans leurs compositions musicales. Lisez plutôt !

Le Balafon est une sorte de xylophone, à cinq ou sept niveaux de sons différents. Le premier balafon serait né dans le Royaume de Sosso, entre le Mali et la Guinée. Mais, on le trouve partout en Afrique Noire. La taille, la forme, le nom, les accords diffèrent, mais son mode de fabrication est analogue dans tout le continent : des lames de bois posées en travers d’un cadre que l’on frappe à l’aide de baguettes.

Le nombre de lattes du balafon varie en fonction de la région où il est joué, et de l’accord qu’on veut lui donner. Il est généralement accordé sur une gamme de 5 notes, mais il peut l‘être aussi bien sur une gamme de 7 notes. Deux types de balafons tendent à se « démocratiser » en Afrique occidentale :

–  le balafon à grosses calebasses, et de 14 à 18 lames larges (régions de Kolokani au Mali et Bobo Dioulasso au Burkina Faso), aux sons graves. On l’appelle parfois Bala dioula.

–  le Balani, balafon à petites calebasses, aux lames étroites (3 à 4 cm), utilisé dans les orchestres, et à la tessiture plus élevée. Il comporte généralement 21 lames.

Le balafon est composé d’une structure de bois légère nouée avec des lanières en cuir, sur laquelle des lames en bois dur (bois de vene) sont rangées en taille et hauteur croissantes (plus les lamelles sont courtes, plus le son est aigu) ; des paires de petites calebasses sont placées en dessous formant des caisses de résonance. Parfois ces calebasses sont percées et les trous sont recouverts de membranes qui vibrent (système du mirliton). Traditionnellement ces membranes sont des toiles d’araignées ou des ailes de chauves-souris, aujourd’hui remplacées par du papier à cigarette ou une fine membrane en plastique. Les calebasses sont de plus en plus grandes d’un côté, donc le balafon est plus haut d’un côté que de l’autre. Il y a aussi une paire de baguettes en bois munies d’un embout en caoutchouc.

Les lames sont fournies par le forgeron, mais c’est le balafoniste qui va les accorder et les monter sur l’instrument. Ces dernières sont séchées et longuement durcies au feu (cela peut prendre jusqu’à deux mois pour les balafons de qualité). Elles sont ensuite accordées une à une : pour rendre le son plus grave, on gratte le dessous de la lame, pour le rendre plus aigu, on en gratte les extrémités ; c’est pourquoi les lames des notes graves sont plus longues que les aiguës. Enfin, on les fixe au cadre à l’aide de cordelette. Les calebasses sont choisies, elles aussi, en fonction de leur taille : plus petites pour les aigus, plus grandes pour les graves. Chacune d’entre elles est aussi accordée suivant la même note que la lame dont elle sert de résonateur.

Un balafon est généralement capable de produire 18 à 25 notes (et comporte donc autant de lames). Cependant, certains balafons portables en comportent beaucoup moins.

Traditionnellement, le balafon malinké est accordé suivant sept notes équidistantes. Mais, aujourd’hui, de plus en plus de balafonistes résidant hors d’Afrique accordent leurs instruments suivant la gamme occidentale, pour pouvoir jouer avec les autres instruments dans des orchestres.

Quand il n’est pas en position de jeu, le balafon repose verticalement appuyé contre un mur, les lames contre la paroi et les petites lames en bas. On en joue soit debout avec des sangles soutenant le balafon, soit assis. Un orchestre comprend souvent trois balafons, un grave, un médium et un aigu accompagnés de tambours verticaux (djembé) et de tambour d’aisselle (tama). Au Cameroun, certains orchestres comportent aussi un saxophone, ce qui permet à la musique traditionnelle d’évoluer. Le balafon est, en Afrique, comme beaucoup d’instruments, réservé aux hommes, les femmes se contentant du chant et de la danse. Traditionnellement, chez les Malinkés, le balafon est exclusivement joué par les griots, caste de musiciens-conteurs garants de la tradition orale et de l’histoire des grandes familles. Mais on voit maintenant des musiciens africains non griots se mettre au balafon mandingue, ainsi que quelques musiciens occidentaux. Mais cela reste très marginal à cause de la complexité de l’instrument qui nécessite de nombreuses années d’apprentissage qui se fait, pour la quasi-totalité, au sein des familles de griots.

C’est à travers les premiers spectacles des ballets africains de Fodéba Keita ainsi que des ensembles instrumentaux nationaux de Guinée et du Mali que l’Occident découvre le balafon malinké dans les années 60. Mais il faudra attendre le développement des musiques africaines vers la fin des années 80 pour que son emploi se développe en Occident. Moins populaire en France que le djembé ou même la kora, le balafon est, cependant, entré dans de nombreux orchestres. Les musiciens réunissent djembés, kora, n’goni et les balafons, et en les mêlant aux guitares électriques ainsi qu’aux synthétiseurs, créent un style nouveau fortement emprunté de sources traditionnelles, mais dont l’orchestration en fait une musique résolument moderne. Popularisé par de nombreux disques, ce phénomène a permis la diffusion de la culture mandingue hors d’Afrique.

Les grands joueurs de balafon ont des noms connus : El Hadj Djeli Sory Kouyaté, Mory Kanté, Adama Condé, Gert Kilian le balafoniste blanc, Seydou Diabaté dit « Kanazoé », Amadou Kienou, Lansiné Diabaté…

 

La Rédaction

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