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Interview: « Il faut que le gouvernement s’implique davantage dans la promotion de la culture en votant des lois fortes », dixit Madesco, étoile montante de la musique burkinabè.

L’actualité de Madesco est beaucoup marquée par la sortie de son nouveau clip “Salimata”. Dans cette chanson qui figure dans son album ESPOIR, le jeune  artiste burkinabè est en collaboration avec Rose Sabine, chanteuse de renom. Face à INFOS CULTURE DU FASO, le jeudi 09 août dernier dans la capitale burkinabè, Madesco a bien voulu retracer brièvement sa carrière qu’il trouve fructueuse et promettante. Par ailleurs, il donne clairement sa lecture de la musique burkinabè en général. Retrouvez ci-dessous,  l’intégralité de cette interview qu’il a bien voulu nous accorder. Lisez !

 INFOS CULTURE DU FASO (ICF): Veuillez-vous présenter à nous lecteurs.

MADESCO : Je m’appelle Zoungrana Madi alias Madesco, artiste musicien burkinabè. Je viens de commencer ma carrière musicale.

ICF: Quand avez-vous débuté concrètement ?

MADESCO : C’est depuis mon arrivée de la Côte-d’Ivoire entre 2007 et 2008.

ICF: Comment avez-vous embrassé la scène musicale burkinabè ?

MADESCO : Tout à commencer avec le groupe “les intègres du Faso”. Nous avons participé à l’émission Cocktail de Joseph Mascotte Tapsoba dans le cadre d’un concours où nous avons été classés troisième dans la catégorie semi-live. J’ai eu de la chance car j’avais des grands frères qui étaient déjà dans le mouvement. Ce qui m’a facilité la tâche. D’ailleurs, c’est  le leader vocal du groupe les intègres du Faso qui m’a appris la coiffure que je fais jusqu’à présent. Donc on faisait tout ensemble : chanter-coiffer… Après l’exercice de l’émission Cocktail, chacun est allé de son côté, tout en préservant la bonne relation.

ICF: Qui sont les autres membres du groupe en son temps ?

MADESCO : Le leader vocal s’appelait El Paco la Joie. Je citerais en plus de moi-même Madesco, Kabré Jacob, Mohamed Ouedraogo, Boro, bref. C’était tout une grande famille.

ICF: Mais pourquoi le groupe s’est-il disloqué ?

MADESCO : C’est parce qu’on n’avait pas la même vision et rêve. Après notre passage à l’émission cocktail, certains sont allé à d’autres occupations.

ICF: À quel moment avez-vous entamé votre carrière solo ?

MADESCO : En 2013 avec le son que j’ai enregistré avec mon ami Kader Traoré dit Doulba. Il s’agit d’une chanson pour soutenir les étalons lors de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Dans le même moment, j’ai sorti ma toute première chanson solo que j’ai intitulé “LA PAIX”.

ICF: Pour quoi la paix ?

MADESCO : L’objectif pour moi avec ce titre est de faire savoir à la jeunesse que c’est parce qu’il y a la paix qu’on parle de rêve et d’espoir. D’où la nécessité de prévenir et de soutenir la paix.

ICF: Quelles sont les autres chansons qui ont suivi ?

MADESCO : je cite ESPOIR, M PIND YELAM, BANA, SALIMATA en featuring avec la célèbre chanteuse Rose Sabine et BÉBÉ VIENT À MOI feat Weezi”.

ICF: comptez-vous combien d’œuvre sur le marché  de Disque?

MADESCO : j’ai actuellement un (01) album intitulé ESPOIR, sorti officiellement le 24 novembre 2016. Sans oublier le single SOUTIEN AUX ÉTALONS en 2013. J’ai réalisé trois (03) clips vidéo. D’ailleurs, mon ambition est de mettre tous mes titres à la une.

ICF: Quels sont les autres thèmes que vous véhiculez dans vos chansons en plus de la paix et de l’espoir ?

MADESCO : Disons que j’ai opté pour une musique constructive et de sensibilisation. Donc en plus de ça, je traite de plusieurs autres thèmes dont l’amour, la fraternité, le courage, le bon vivre ensemble et la promotion des valeurs morales.

ICF: Quels sont, par exemple, les instruments traditionnels que l’on y retrouve ?

MADESCO : Le Lunga, la calebasse et le kundé.

ICF: Pouvez-vous nous dévoile le spectacle qui vous a particulièrement marqué dans votre jeune carrière ?

MADESCO : C’est la tournée RAJS en 2015. À travers ça, j’ai parcouru  les scènes de plusieurs villes du pays comme Manga, Koudougou. Il était question d’une caravane de sensibilisation des jeunes filles sur les grossesses non désirées. Je garde de bons souvenirs car j’ai participé à une cause noble.

ICF: Quelle est votre actualité musicale ?

MADESCO : Je viens juste de finir avec le clip de la chanson SALIMATA que j’ai enregistré avec Rose Sabine. Ce clip vidéo passe déjà sur des chaines de télé nationales. Actuellement nous sommes en phase promo.

ICF: Est-ce-que Madesco a un staff qui l’accompagne dans ses actions ?

MADESCO : Oui, j’ai un staff qui m’accompagne dans la réalisation des projets.

ICF: Quels sont vos projets à court terme ?

MADESCO : C’est de faire connaître la chanson SALIMATA.

ICF: Comment vous trouvez la musique aujourd’hui de façon générale ?

MADESCO : Elle n’est pas au niveau souhaité. Nous sommes comme des loups solitaires puisque les artistes se battent individuellement sans soutien. Ce n’est pas comme dans les autres pays où il y a l’industrie musicale. Et les artistes sont bien entourés par des producteurs et staffs complets. L’artiste se contente alors de chanter  tandis que la production, le management, la promotion…sont pris en  charge. Ici au Burkina actuellement, ce n’est pas le cas. Nous sommes au four et au moulin. Ce qui nous complique la tâche. Mais j’espère que ça ira mieux dans le futur.

ICF: Que faudrait-il faire pour changer la donne?

MADESCO : Il faut que le gouvernement s’implique davantage dans la promotion de la culture en votant des lois fortes pour soutenir réellement le secteur et ses acteurs. Sinon que les burkinabè aiment bien la musique de chez eux. Le problème, c’est qu’ils n’ont pas accès à cette musique faute de visibilité. Le Burkina fait partie des pays en Afrique de l’ouest où les artistes chantent beaucoup. Par contre les artistes burkinabè restent méconnus et tapis dans l’ombre.

ICF: Quel sera votre mot à l’endroit des fans ?

MADESCO : Madesco vous aime…J’ai besoin de vos soutiens. Mon objectif est de représenter mon pays que j’aime partout dans le monde entier, comme mon idole Assalfo du groupe Magic System. Depuis mon bas âge, je l’ai toujours apprécié. Son histoire me donne le courage de continuer.

ICF: Votre dernier mot ?

MADESCO : Je demande à tous ceux qui vont me lire de chercher à savoir qui est l’artiste Madesco et de quoi je suis capable.

 

Filasko Moussa Kaboré

 

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