INTERVIEW: Kas Boven, le Lion de la Savane veut continuer à rugir

 INTERVIEW: Kas Boven, le Lion de la Savane veut continuer à rugir

Kas Boven pour certains et le Lion de la Savane pour d’autres, cet artiste rappeur aura marqué les mélomanes burkinabè au début des années 2000, avec son style hardcore. Des titres comme « Il est fâché » ou encore « Divagué » lui valent d’être l’un des meilleurs et des plus engagés de sa génération, du fait de la profondeur de ses textes. Auteur de trois albums, Kas Boven n’a qu’une seule ambition aujourd’hui, continuer à impacter positivement les esprits. Son tout dernier single « Pleine nuit » est un exemple. Dans un entretien qu’il nous a accordé, l’artiste fait un aperçu sur son parcours tout en livrant ses projets.

Natif de Bobo-Dioulasso dans la région des Hauts-Bassins, Kas Boven, Aboubakar Sidik Koïta de son vrai nom, est originaire de la Guinée. Artiste rappeur révélé aux mélomanes burkinabè dans les années 2000, Kas Boven et la musique, c’est une histoire d’amour qui date de depuis sa tendre enfance. En effet, très proche de son géniteur autrefois guitariste, Kas Boven prend petit à petit goût à la musique. A l’en croire, il voulait faire de la musique pour faire plaisir à ce papa qui lui aura offert cette passion. Et ça, il n’a trouvé mieux que le rap qui selon lui, permet de mieux exprimer les idées, réalités de la société.

Le meilleur messager d’une prison vient d’un prisonnier, c’est du moins ce que pense Kas Boven. Et pour ce faire, l’artiste a choisi d’être dans le ghetto, qui selon restait la meilleure façon de comprendre les réalités de ce milieu hostile afin de pouvoir véhiculer les messages. Ainsi, en 1997, il abandonne les études pour se consacrer pleinement aux réalités du ghetto, donc au rap. “J’ai au la chance de rencontrer l’homme de cinéma Issaka Sawadogo, qui m’a ensuite présenté au cinéaste Idrissa Ouédraogo. Ce dernier a vu en moi un homme qui pouvait impacter dans la musique. Il a décidé de m’accompagner, chose qui a conduit à la sortie, de la chanson titrée « Il est fâché » qui a coïncidé avec la naissance du studio Abazon de Smockey. C’était au début des années 2000.”

Des dires l’artiste, Idrissa a trouvé cette œuvre trop américanisée, et par ricochet voudrait d’œuvres musicales qui s’inspire du terroir. L’idée selon monsieur Ouédraogo est que les œuvres musicales de son artiste soit porteuses de la culture africaine. Ainsi, avec les frères Diarra, ils enregistrent le titre « Siké », réalisé avec le joueur de kora Bakary. Avec le label Abazon, ils sortent encore un autre single intitulé « Pour ma foule » qui devait sortir avec « Ma part des ténèbres », mais qui selon lui sera une mauvaise expérience. A noter également la sortie du single « Divagué » en 2003.

“Après, je suis retourné dans le ghetto où j’ai rencontré un ami qui a mis son Home studio à ma disposition. De là, avec l’aide de certains amis, je sors officiellement un album de 12 titres baptisé « Insh Allah » en 2004. Nous avons eu la chance que l’album soit distribué en son temps par Tam Tam Production. Ensuite, on a été faire la promotion du côté du Niger et du Mali. En 2007, je sors « Vision positive » qui n’a malheureusement pas eu trop de promotion du fait qu’il était à but non lucratif. En effet, les revenus de cet opus avait été destiné à l’association African Solidarité en vue de venir en aide aux enfants et orphelins vulnérables au VIH-SIDA”, a fait savoir l’artiste.

Il a fallu atendre plus de 13 ans, soit en février 2020, avant de revoir le 3e album de Kas Boven qu’il baptisera « Africa ». Un album de 14 titres enregistré en live avec des instruments traditionnels, dans lequel l’artiste aborde la question du terrorisme, des violences faites aux femmes, l’amour etc.. Cette absence prolongée, l’artiste l’explique par le fait qu’il soit parti en aventure musicale au Mali mais aussi en Côte d’Ivoire où il a pu rencontrer de nombreux acteurs du showbiz comme Antoinette Konan, feu Arafat, Serges Kassi, Solo Djagou, et bien d’autres. De retour au bercail, il avait le projet d’enregistrer cet album qui demandait beaucoup de moyens; et n’ayant pas cela, il s’exile pendant une dizaine d’années du côté de la Guinée. Après être rentré au Burkina, il parvient donc avec l’aide du BBDA, à travailler avec BK Production et Tokora Production, avant de sortir ce 3e album sous le label Gnongolo Production.

Des hauts et des bas, il en a eu. Et cette carrière auréolée d’un bilan mitigé s’explique à l’en croire, par son côté franc, et un peu « radical » dans ses décisions. Du reste, Kas Boven dit continuer à travailler avec des amis basés du côté des États-Unis. Une collaboration grâce à laquelle, il a pu sortir d’autres singles dont « Par respect », une chanson sur la Covid-19; ou encore « Sid kalé bé ». Son dernier single « Pleine nuit », une chanson de résilience qui fait la synthèse de la situation nationale, date du 30 juillet dernier. Il y a d’ailleurs sa chanson « Pour ma foule » qui date d’alors qu’il a remis sur les différentes plateformes d’écoute et de téléchargement. L’idée selon lui, c’est de marquer son retour sur la scène musicale. Et pour ce faire, l’artiste entend tenir bientôt un concert du côté de la salle du CENASA, pour le plus grand bonheur de ses fans.

“La tendance aujourd’hui est beaucoup plus commerciale mais n’empêche que la jeune génération fassent aussi des textes qui impactent positivement la société. C’est cela également le rôle de l’artiste. Loin de moi l’idée de juger mes jeunes frères, d’ailleurs, ils ont contribué à porter haut la musique burkinabè. Mais c’est un appel que je leur lance. Quand on est authentique dans ce qu’on fait, on devient une identité remarquable et nos œuvres perdurent dans le temps. La preuve en est qu’il existe aussi ce type d’artistes qui arrivent à vivre de leur art”, a-t-il soutenu avant de laisser entendre que ce qui lui tient vraiment à cœur, c’est de parvenir à installer officiellement son label Lion King Production qui selon ses dires, est déjà sociétaire à la SACEM.

Avant de conclure, il a appelé ses fans à aller voir ses chansons en tapant seulement KAS BOVEN, sur les plateformes d’écoute et de téléchargement, mais aussi pour s’abonner à sa page Facebook.

Allez-y déguster son tout dernier single « Pleine nuit » 👇🏻👇🏻👇🏻

Interview réalisée par Boukari OUÉDRAOGO

Parfait SAWADOGO

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