Actualités Entretien Photographe

INTERVIEW : La parole du photographe professionnel Burkinabè PAPARAZZI.

Ibrahim Nitcheman alias’ ’Paparazzi’’ est un talentueux photographe du Pays des
Hommes Intègres. De la particularité de son nom témoigne son professionnalisme. Visionnaire dans l’âme ; il est aussi habité par l’envie d’aider ses collègues, c’est pour cette raison qu’il a créé l’association Pixels 24 pour former des photographes. Infos culture du Faso a eu l’immense plaisir d’aller à sa rencontre pour mieux le connaître. Lisez!!!

ICF : Qui est Paparazzi ?
Paparazzi : je suis Ibrahim Nitcheman à l’état civil, connu sous le nom de paparazzi qui veut dire ‘’Reporter’’ en italien. Je suis né à Kokologo de père et de mère burkinabè dans les années 1960. Ensuite je suis parti en Côte d’Ivoire avec les parents en 1965. J’y ai fait mon école primaire ensuite le lycée professionnel de Jackville et l’IRPM en France où j’ai appris un peu la photographie. Et en 1998, je suis revenu au Burkina Faso d’abord pour les vacances et l’amour pour mon pays m’a fait rester définitivement. Animé par l’envie de me frayer un
chemin dans le domaine des arts plastiques notamment la photographie, j’ai d’abord travaillé en collaboration avec le journal le PAYS, ensuite on a créé le tout premier magazine culturel apolitique ‘’CHAR INFO’’ mais pour cause de mévente on a dû fermer le magazine. Je suis ensuite reparti aux éditions ‘’LE PAYS ‘’où j’ai animé la rubrique hebdomadaire ‘’EVASION ‘’comme collaborateur extérieur. J’ai travaillé avec plusieurs journaux de la place soit comme journaliste ou photographe, soit comme animateur des petites rubriques comme ‘’ARRET
SUR IMAGE’’ dans EVASION. Aujourd’hui, je me suis pleinement consacré à la
photographie et j’ai créé une association du nom de ‘’Pixels 24’’ qui organise l’évènement ‘’Focal d’Afrique’’.

ICF : Pourquoi avoir choisi le nom Paparazzi ?
Paparazzi : Le nom ce n’est pas moi qui l’ai choisi, on me l’a attribué du fait de mon travail de reporter et de photographe. Ma constante poursuite de l’information a amené le public à me surnommé ainsi.

ICF : Comment êtes-vous venu à la photographie ?
Paparazzi : La photographie est une histoire de famille chez moi. Mon père a fait de la photographie, ensuite mon oncle et son meilleur ami et mes frères ainés également.

ICF : En quoi consiste le travail de Paparazzi ?
Paparazzi : Mon travail consiste à satisfaire le client en leur donnant des photos
professionnelles, répondre professionnellement aux attentes des clients avec mon savoir-faire.

ICF : Quelle formation faut-il suivre pour devenir photographe ?
Paparazzi : Il faut aller dans une école de photographie et suivre une formation adéquate. Moi j’ai été à l’IRPM qui est un institut de formation en image mais ici au Burkina Faso, il y a l’association Pixels 24 qui offre des formations sur la photographie.

ICF : Quelles sont les difficultés rencontrez-vous dans votre travail ?
Paparazzi : Comme dans les autres métiers nous rencontrons des difficultés qui sont entre autre comment se procurer de bons outils de travail, avoir des clients compréhensifs et respectueux, et aussi les flash des appareils téléphoniques qui nous éblouissent pendant lescertains reportages.

ICF : L’avancée de la technologie avec les téléphones Android ne constitue pas une menace pour votre travail ?
Paparazzi : Non pas du tout ! Les téléphones n’ont pas le pouvoir de faire de photos professionnelles qui puissent résister à des modifications. La qualité et la maîtrise de l’outil font la différence. Mais avec l’avènement du numérique, le problème qui s’est posé est l’abandon et le chômage des artistes qui n’ont pas voulu se former pour s’adapter aux nouvelles tendances.

ICF : Pouvez-vous nous parler de votre association Pixels 24 ?
Paparazzi : L’idée de créer cette association est née d’un constat que nous avons fait, ensemble avec les collaborateurs, pour dynamiser le secteur de la photographie. Nous avons pensé que nous pouvons changer les choses et faire de ce métier un métier comme tout autre. Pixels 24 a fait de la formation des photographes son cheval de bataille. Elle a organisé dès sa création en 2013, un atelier de formation modulaire en photographie plateau cinéma. Ensuite elle a organisé une formation sur les paramétrages de l’outil photographique et une formation d’une quinzaine de filles en situation difficile en collaboration avec l’action sociale et le ministère de la jeunesse et de la formation professionnelle. L’association a initié l’évènement les rencontres internationale de la photographie de Ouagadougou ‘’Focal d’ Afrique’’.

ICF : Parlez-nous de votre évènement ‘’Focal d’Afrique’’?
Paparazzi : C’est une initiative de Pixels 24 permettant le rassemblement, la mobilisation, la rencontre entre les professionnels et amateurs de la photographie. C’est un moment de partage et d’échange et d’apprentissage. On récompense les plus talentueux ; Focal d’Afrique sera à sa 4ème édition du 14 au 18 novembre 2019. C’est un évènement international.

ICF : Quels sont vos futurs projets ?
Paparazzi : A court terme, il s’agit de l’organisation de la 4eme édition de Focal d’Afrique en novembre et à long terme pourquoi ne pas créer un centre de formation où les gens viendront parfaire leurs compétences et faire de ce centre une école internationale et de grande
renommée.

ICF : Quels difficultés rencontre l’association Pixels 24 ?
Paparazzi : La principale difficulté est le manque d’investisseurs et le manque de ressources financières pour un meilleur fonctionnement de l’association.

ICF : L’art nourrit-il son homme ?
Paparazzi : Oui bien sûr. Si on sait se défendre, l’art saura nous récompenser. Je subviens aux besoins de ma famille grâce à la photographie depuis des années.

ICF : Quelles sont vos attentes vis-à-vis des autorités culturelles ?
Paparazzi : On attend du soutien et de l’accompagnement de leur part. C’est vrai qu’elles en font mais on souhaiterait beaucoup plus.

ICF : Un conseil pour les fanatiques de la photographie ?
Paparazzi : Oui ; ils doivent aimer ce qu’ils font et se faire former pour exceller dans leur domaine.

ICF : Un appel à lancer ?
Paparazzi : Je souhaite lancer un appel aux potentiels investisseurs pour qu’ils accompagnent l’association Pixels 24. Et aux autorités culturelles, nous demandons plus de soutien.

ICF : Merci de nous avoir reçu !

Raissa Doumi (stagiaire)

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