“Je prépare deux concerts live dans le cadre de la promotion de mon album « Wékré » “, Savda Jah, artiste reggaeman

 “Je prépare deux concerts live dans le cadre de la promotion de mon album « Wékré » “, Savda Jah, artiste reggaeman

Auteur de « Wékré », le premier album sorti en Mars dernier, c’est en effet 2019 que Savda Jah fait officiellement son entrée dans l’univers musical burkinabè. La profondeur de ses textes et l’originalité de ses mélodies ne laissent personne indifférent; faisant ainsi de lui l’une des révélations reggae de ses dernières années. Invité au sein de notre rédaction, l’artiste se confie sans langue de bois sur ses débuts dans la musique, et parcourt également son actualité marquée toujours par la promotion de son opus de 14 titres.

Infos Culture du Faso (ICF): Dites-nous qui est Savda Jah.
Savda: Je répond au nom de Daouda Savadogo, natif de la ville de Ouahigouya, dans la partie Nord du Burkina Faso. Je suis artiste chanteur évoluant dans le style reggae, résident à Ouagadougou depuis 2014.

ICF: comment est née votre passion pour la musique ?
Savda: Je suis né dans un petit village du nom de Issigui, avant de rentrer à Ouahigouya pour mes études primaires quand j’avais 5 ans. Et après j’ai trouvé que mes oncles maternels écoutaient beaucoup la musique, surtout les tenors du reggae en son temps (Burning Spear, Grégory Isaac, Roger Wango, etc). En tant qu’enfants, nous les avons beaucoup côtoyé dans les grins de thé et avons fini par prendre goût à la musique. Mais dans les années 2000, les oncles ont viré vers le Hip-hop. Par contre, nous avons continué à écouter le reggae. Et pendant les événements culturels, nous faisions les play-back des artistes comme Tiken Jah, Martin N’terry, Roger Wango, et autres.

Notons qu’à la base, ce n’était pas pour faire carrière parce-qu’on nous avait dit qu’il fallait avoir des moyens conséquents pour aspirer à se lancer dans une carrière professionnelle. Cependant, on avait pas renoncer à écrire des chansons. Personnellement, je me suis dit que je vais écrire, quitte à ce que je les revende ou je les donne plus tard à mes enfants si jamais je n’arrivais pas à me faire une carrière. C’est comme ça que ma passion pour la musique est née.

ICF: Alors d’où est venu le déclic pour que vous puissiez entrer dans ce monde professionnel ?
Savda: Il faut préciser que par manque de moyens de la part des parents, je ne pouvais pas continuer les études. Mais finalement j’ai pu continuer à aller à l’école grâce à une famille (la famille Konané) qui logeait juste en face de chez nous, à Ouahigouya. Après leur affectation à Saponé, j’ai dû encore arrêter les cours car les parents ne pouvaient pas payer les scolarités. De Saponé, le monsieur est encore une fois entré en contact avec moi afin que je vienne continuer les études là-bas. Chose que j’ai accepté. Et c’est donc là-bas que j’ai fait la connaissance de mon actuel producteur, qui était mon professeur de Maths et Physique Chimie, monsieur Guinko.
Mais à ce moment, entre lui et moi c’était une relation d’études. Aucun d’entre lui et moi ne savait que l’un avait un talent de chanteur et l’autre des projets musicales. Après, il a eu la chance d’aller aux États-Unis et là on était restés toujours en contact.
Et par hasard, un jour j’ai posté une de mes photos en dreadlocks, suivi du message “Bientôt Savda Jah dans le monde musical”. C’est comme ça qu’il m’a demandé si je chante, et je lui ai dit que c’était juste pour amuser la galerie sinon que j’avais pas les moyens pour me lancer dans la musique. C’est à partir de là qu’il m’a expliqué qu’il a en projet de mettre en place un studio de production qui réponde aux normes internationales au Burkina Faso, et qu’il serait intéressé de me produire.
Dieu faisant, il parvient à revenir installer son studio et on a commencés à travailler ensemble et à enregistrer mes premières œuvres.

ICF: Vous optez donc pour le reggae. Qu’est-ce que le reggae selon vous ?
Savda: Le reggae, c’est le chemin et quelque chose de précieux. C’est une philosophie. De façon substantielle, le reggae, c’est la voie de la conscientisation; il va donc au-delà de la musique.

ICF: Comment a été votre début ?
Savda: Pour dire vrai, j’adorais la musique mais je ne savais pas ce qu’on appelait gamme, tempo, note ou toute autre chose. Novice que j’étais, il m’a confié à des jeunes dynamiques qui se sont vraiment ouverts à moi afin de m’aider. C’est comme ça qu’on me dit de passer faire la connaissance de mon arrangeur du nom de F-one. A notre premier contact, il me demande d’entonner une mélodie. C’était quand même anecdotique mais c’est comme ça qu’on a commencé. C’était le 6 mars 2018. Après donc le départ à nouveau de monsieur Guinko pour les États-Unis, j’ai continué à travailler avec ses collaborateurs, précisément sur l’album.
Mais avant, nous avons voulu préparer le terrain. C’est comme ça que je sors mon single « Soutien aux FDS » en 2019, suivi d’un autre en 2020, intitulé « Maman ». Ce dernier single était un hommage à ma mère et à toutes les autres mamans du monde.

ICF: Cette collaboration avec la maison W Production a donné naissance à « Wekré » votre tout premier album, parlez-nous en.
Savda: « Wekré » est un album de 14 titres sorti le 25 mars 2022. L’album inclus également mes deux précédents singles dans lesquels je rend hommage aux FDS et aux mamans. Et de façon générale, j’y aborde des thématiques comme l’amour, l’éveil de conscience, la cohésion sociale. Je rend également hommage aux femmes qui n’ont pas eu la chance d’enfanter, et bien d’autres sujets d’ordre social.

ICF: Quelques mois après sa sortie officielle, comment se comporte cet album ?
Savda: l’album se comporte un peu bien en ce sens que la situation actuelle que connaît notre pays amortit un peu notre élan. Je me dis donc que s’il y avait de la stabilité dans notre pays, ça aurait occasionné beaucoup d’engouement sur cette œuvre discographique. Même nos devanciers du milieu ont des difficultés actuellement. C’est en quelque sorte tout le milieu culturel qui en souffre.
Mais à part cela, le retour est favorable et très encourageant. Tous ceux qui ont pu écouter l’album ne tarissent pas d’éloges. Pour eux, ils ne savaient pas que je pouvais faire cela. En vérité ces retours sont très encourageant pour la suite.
A quelque part, nous en avons besoin afin de continuer à donner le meilleur de nous-mêmes afin de leur offrir beaucoup plus de bonnes chansons.

ICF: Mais qu’est-ce qui est fait actuellement dans le sens de la promotion ?
Savda: Bien qu’il y ait des difficultés, la promotion continue. Nous voulons évoluer dans le live. En effet, il y a douze (12) des quatorze (14) titres que compte l’album qui ont été enregistrés en live. Par conséquent, je travaille actuellement en collaboration avec un groupe. Nous faisons des répétitions, vu que mon équipe et moi prévoyons deux convers live. Un concert live gratuit du côté du grand marché. Et un autre du côté de Ouahigouya, et qui sonne comme un retour aux sources pour moi. C’est en quelque sorte des concerts dédicaces. Ces concerts entrent toujours dans le cadre de la promotion de l’album.

ICF: C’est vrai que vous avez une jeune carrière mais rencontrez-vous des difficultés ?
Savda: Évidement, je rencontre des difficultés. En fait, il y a des choses que je ne comprenais pas. Mais maintenant, je me rend compte que le milieu du showbiz est assez complexe. C’est un milieu peu favorable aux novices que nous sommes. Les novices manquent énormément de cadre d’expression en ce sens que les promoteurs culturels préférent toujours programmer nos devanciers. Ce sont les mêmes artistes qui prestent un peu partout. Ce n’est pas que c’est forcément mauvais parce que les promoteurs culturels ont peut-être leurs raisons, mais n’empêche qu’on offre souvent des fenêtres aux novices de s’exprimer. Cela pourrait nous permettre d’ouvrir d’autres portes.

ICF: Alors quel est votre message à l’endroit des promoteurs ?
Savda Jah: Mon message est simple. Déjà, ils abattent un travail colossal pour la musique burkinabè, mais personnellement je souhaiterais qu’ils voient au-delà de ce qu’ils voient comme revenus. Du talent, il y en a au sein des nocives. Nous avons juste besoin d’être promus.

ICF: Parlez-nous de votre actualité.
Savda: Comme je l’ai dit, nous faisons beaucoup de répétitions actuellement en vue des deux concerts live. On prépare également la sortie de deux clip-vidéos dans les mois à venir. Je suis également entrain de travailler en vue de mon second album mais qui sera précédé de singles. Ça sera sûrement pour l’année prochaine. Il y a beaucoup de projets et vous les saurez au moment venu.

ICF: C’est quoi votre vision de la musique ?
Savda: Je dirais que je suis “No limite”. Je ne me donne pas de limite. Juste dire que je ne peux pas plafonner ma vision. L’idée, en réalité, est de donner tout ce que j’ai de sorte à toujours bonifier ma carrière. Cependant, je compte évoluer rien que dans le live.

ICF: Quelle est la nature de vos relations avec les autres artistes, surtout ceux qui évoluent dans le reggae ?
Savda: Je dirais tout simplement des relations saines, d’échanges et de respect mutuel. Il y a certains avec qui je discute beaucoup. Je prend des conseils auprès de Roger Wango, Martin N’terry, Nourat, et d’autres artistes et acteurs culturels.

ICF: Qu’avez-vous à ajouter ?
Savda: Je voudrais rendre hommage aux acteurs de la culture, particulièrement à vous hommes de médias. Parce-que sans vous, ce que nous faisons n’ira nulle part. Aussi, mes salutations à tous ceux qui ont tracé le chemin afin que nous l’empruntons aujourd’hui. A tous ceux qui m’ont permis de réaliser ce rêve, je compte leur rendre hommage en travaillant davantage afin qu’ils sachent qu’ils n’ont pas fait des gestes inutiles. Mon merci va également à l’endroit de mes parents.

 

Interview réalisée par Boukari OUÉDRAOGO

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