« Je ressens de la fierté et de la satisfaction de voir mon travail récompensé », Roukiata Ouédraogo à propos du Prix Mokanda

 « Je ressens de la fierté et de la satisfaction de voir mon travail récompensé », Roukiata Ouédraogo à propos du Prix Mokanda

Comédienne, scénariste de bande dessinée et de série, romancière et chroniqueuse radio, Roukiata Wendingouda Ouédraogo, quitte le Burkina Faso en 2000 pour s’installer en France. Depuis, sa carrière ne cesse de connaître une ascension fulgurante. Le 28 Avril dernier, elle obtient le Prix Mokanda de la littérature pour son livre « Du miel sous les galettes », à l’édition 2022 du Festival du livre de Paris. Dans une interview qu’elle nous a accordée, elle revient sur ce Prix, sa tournée actuelle et sa carrière.

Infos Culture du Faso (ICF): Vous êtes comédienne, dites-nous comment est née cette passion ?
Roukiata OUÉDRAOGO (RO): Je ne suis pas humoriste car mon activité à plusieurs facettes. Je suis plutôt une raconteuse d’histoires. L’humour est un très bon vecteur pour raconter des histoires mais j’utilise aussi toutes les autres émotions.

ICF: Vous êtes beaucoup présente sur les scènes européennes mais pratiquement rare sur celles de votre pays. Qu’est-ce qui explique cela ?
RO: Merci de me poser cette question car elle me permet de dire que j’ai joué tous mes spectacles dans mon pays le Burkina Faso grâce à un investissement personnel sans bénéfice. En fait, j’avais à cœur de présenter mon travail à mes compatriotes. Hors mis l’institut français qui m’a invité à jouer une fois « Ouagadoudou Pressé » et « Roukiata Tombe Le Masque », je n’ai jamais été invitée par des instituts ou des opérateurs culturels à donner des représentations au Burkina Faso. Donc j’attends avec impatience une invitation pour venir présenter mon nouveau spectacle « Je Demande La Route ».

ICF: De façon globale, comment se comporte cette carrière ?
RO: Ma carrière se comporte bien. Je suis globalement heureuse des projets que j’arrive à mener à bien et des opportunités qui se présentent à moi. Bien-sûr, j’ai beaucoup d’autres projets en stock et j’ai confiance en l’avenir. J’ai eu l’occasion de recevoir plusieurs prix, je suis une artiste heureuse.

ICF: Vous êtes actuellement en pleine tournée dénommée « Je Demande La Route », veuillez-nous en dire plus.
RO: Cela fait effectivement plus de quatre ans que je suis sur la route avec mon spectacle « Je Demande La Route » produit par une grande maison de production « Ki M’aime Me Suive » et qui est en tournée dans toute la France, Guinée Conakry et la Guadeloupe. Je suis actuellement à plus de 500 représentations et j’ai encore des dates à venir jusqu’en 2023.

ICF: Le public burkinabè a besoin de vous découvrir davantage, est-ce qu’il est prévu des projets dans ce sens ?
RO: Comme je vous le disais, si je suis invitée, je viendrai avec grand plaisir !

ICF: En plus d’être sur les planches, vous portez également la casquette d’écrivaine. Comment cela est-il arrivé ?
RO: J’ai été contactée par un éditeur pour écrire un livre et j’ai sauté sur l’occasion pour raconter une histoire que je portais en moi depuis longtemps.

ICF: Qu’est-ce ça fait d’arborer à la fois ces deux disciplines ?
RO: C’est un enrichissement et cela me permet de rencontrer des publics différents. Ce sont aussi des pratiques complémentaires.

ICF: Le 28 Avril dernier, vous avez été sacrée vainqueure du prix Mokanda, catégorie littérature pour votre roman « Du miel sous les galettes », quel est le sentiment qui vous anime ?
RO: De la fierté et de la satisfaction de voir mon travail récompenser.

ICF: Qu’est-ce que cela représente pour votre jeune carrière d’écrivaine ?
RO: Pour dire vrai, cela est un grand encouragement.

ICF: Parlez-nous brièvement de ce roman qui vous a valu le prix ?
RO: C’est l’histoire de ma mère qui s’est battue pour obtenir la libération de mon père qui a été injustement accusé et jeté en prison pour détournement de fonds. Ma mère s’est battue pendant des années comme une diablesse pour nourrir mes sept (7) frères et moi, payer leur scolarité et prouver l’innocence de mon père et le libérer de prison. Ce livre c’est aussi un prétexte pour rendre hommage à la femme Africaine.

ICF: Quel est votre mot de fin?
RO: Je suis très touchée par toutes les épreuves que traverse mon pays actuellement. Je tente à travers l’association ZOODO1, d’essayer de venir en aide aux femmes et jeunes filles en situation de précarité dans la région de Fada N’Gourma. Que la paix soit sur le Burkina Faso.

 

Interview réalisée par Boukari OUÉDRAOGO

Parfait SAWADOGO

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