« Je souhaite relever le défi de jouer un spectacle de conte à Canal Olympia », Tata Tassala Bamouni, conteuse

 « Je souhaite relever le défi de jouer un spectacle de conte à Canal Olympia », Tata Tassala Bamouni, conteuse

De l’Europe en passant par l’Afrique, plus précisément dans son pays le Burkina Faso, Tata Tassala Bamouni a toujours fait montre de tout son talent de conteuse. Elle est sans doute aujourd’hui, l’une des meilleures conteuses de notre pays. Invitée pour une interview au sein de nos locaux, Madame Bamouni revient sans langue de bois sur son parcours, ses défis mais d’autres sujets toujours en lien avec le conte.

Infos Culture du Faso (ICF): Dites-nous qui est Tata Tassala Bamouni pour nos lecteurs ?
Tata Tassala Bamouni (TTB): Comme vous le savez déjà, je me nomme Tata Tassala Bamouni; je suis artiste comédienne et conteuse. Née d’une mère griotte, j’ai été bercée par l’art oratoire. Il faut dire que j’ai connu le conte depuis le bas-âge. On contait déjà dans la famille mais je savais pas que cela pouvait être une profession.

ICF: Vous êtes conteuse de profession. Comment définissez-vous donc le conte ?
TTB: Le conte est le meilleur outil de sensibilisation parce qu’on le fait depuis le bas-âge . En effet, le conte c’est l’imagination. Le conteur montre le monstre à travers son conte et aucun enfant ne veut être ce montre dans la vie active. Déjà, ça sensibilise les enfants sur le bienfait.

ICF: Comment êtes-vous arrivée dans ce milieu ? Aussi quel a été l’élément déclencheur de votre amour pour le conte ?
TTB: Le conte, je l’écoutais et je le chantais quand j’étais enfant. Mais c’est à l’occasion de la formation que j’ai suivie au Festival Yeleen que ma profession de conte commença. Après, il faut aussi dire que j’ai fait pas mal d’autres formations.

ICF: Beaucoup de conteurs s’essaient de plus en plus au conte théâtralisé. Mais vous, quel est votre domaine de prédilection, le conte à l’état traditionnel ou celui théâtralisé ?
TTB: Je fais les deux. Il arrive souvent qu’on veuille parler de l’actualité du pays donc il faut ouvrir des parenthèses afin d’en parler. Aussi, pour parler aux jeunes, il faut parler du conte qui existe mais aussi insérer des thèmes qui les intéressent. Le conte traditionnel a son lieu et celui théâtralisé aussi. Aujourd’hui, un conteur est capable de tenir une 1h 30 mins de spectacle.

ICF: Dans quelle langue contez-vous les histoires ?
TTB: Je conte en dioula, mooré, français mais aussi en fulfuldé, s’il le faut.

ICF: Avez-vous participé à des événements dans lesquels vous avez fait valoir vos compétences en conte ? Si oui, donnez-nous en des exemples.
TTB: J’ai participé à plusieurs événements, notamment le festival yeleen à Oubri, le Festival ganta ganta au Niger. J’ai joué dans presque toutes les écoles d’Angers (France). Il faut ajouter que j’ai joué dans les bibliothèques, dans les maisons de retraite en France. J’ai aussi participé à des festivals en Belgique.

ICF: Quelles sont les difficultés qui émaillent le déroulement normal de votre carrière ?
TTB: Les difficultés n’en manquent pas. Il y en a tellement mais je travaille au fur et à mesure pour les résoudre.

ICF: Dans l’ensemble, êtes-vous satisfaite de votre parcours? Sinon quels sont pour vous les défis à relever.
TTB: Je suis heureuse aujourd’hui de mon parcours jusque là. Mais, je souhaite un jour avoir un spectacle de conte d’1h 30 mins maximum du côté de Canal Olympia. C’est un véritable défi pour moi et je compte le relever.

ICF: Des doléances à l’endroit des autorités, surtout celles en charge de la culture ?
TTB: Je dirais que l’État doit donner au conte tout son sens d’être. Il faut de l’accompagnement à travers les festivals. Les acteurs de ce métier ont également besoin de soutien car ils accompagnent les enfants dans les festivals, dans les familles; et pour ça, il nous faut du soutien parce que c’est un metier noble comme tout autre métier.

ICF: Nous sommes à la fin de notre entretien, quel est votre mot de fin ?
TTB: Tout d’abord, je remercie Infos Culture du Faso pour l’invitation. J’invite également les autorités à inclure le conte dans les évènements de grandes envergures, à l’image de la musique, la danse, etc.

 

 

 

 

Modou TRAORÉ (Stagiaire)

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