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“Le slam a cette capacité de véhiculer des messages pour soigner notre société “, dixit Badou le slameur

Le slam, un genre musical peu adopté par les mélomanes burkinabè. Pourtant, depuis quelques années nous assistons à l’émergence d’une nouvelle génération dans ce genre musical. C’est le cas de Badou le slameur, un jeune talentueux qui tente tant bien que mal de s’imposer dans cet univers au Burkina Faso. Pour ce faire, nous l’avons reçu au sein de nos locaux. Rencontre au cours de laquelle, occasion lui a été donnée de revenir sur les détails de sa carrière.

Amoureux des jeux de mots, Badou le slameur, à l’état civil Badou Bello, exerçait dans le domaine des arts de la scène avant de véritablement s’intéresser à la musique dans les années 2015. À force de s’armer de courage, de passion et de persévérance, le désormais slameur entre en studio en 2017, avant de signer officiellement la sortie du tout premier album de sa carrière en 2018. Un maxi de quatre (4) titres bien concoctés, intitulé <<la paix>>. Une première sortie discographique suivie de single à travers le Collectif pour la cohésion sociale sorti en 2019, et d’autres collaborations avec Pat Davis de Negroïde, et bien sûr un autre featuring avec Kensy la patience en hommage à Feu Moustapha Thombiano, etc.

De plus, Badou le slameur est sur le point de sortir un autre single intitulé <<debout>>, à travers le Collectif Génération consciente. Pour lui, ce single est le premisse d’un second album qu verra le jour bientôt. Conteur avant d’embrasser la carrière de chanteur, l’artiste se sert de ce plus pour apporter une révolution au slam qu’il fait. “J’utilise souvent des contes pour faire du slam. En vrai, le slam et le conte, même s’ils diffèrent l’un de l’autre, ont quelques similitudes du point de vue de l’art oratoire. Donc j’essaie d’apporter un élément nouveau à ce style de musique. C’est une sorte de rencontre entre le terroir et le moderne. C’est de cette manière que nous amènerons plus le public à s’y intéresser”, a-t-il estimé.

Par ailleurs, l’artiste a fait savoir que même si sa toute première sortie discographique n’a pas eu l’effet escompté en termes de rentabilité, elle a cependant contribué à le réveler au public. De façon concrète, l’artiste a pu fouler plusieurs scènes notamment le FITMO, les journées culturelles de Saaba et aussi celles de la région du Centre, le Festival Un village dans une ville, et bien d’autres. D’ailleurs, il est invité à prester au Festival international de la cohésion sociale de Hamdalaye qui se déroulera du 18 au 20 mars prochain.

Badou le slameur a, à propos du slam, estimé que c’est un moyen de transmission orale qui pourrait servir pour sensibiliser, éduquer et transmettre des messages, des valeurs à la jeune génération. Dans la foulée, il a fait savoir que, contrairement à ce que certains pensent, les mélomanes s’intéressent à ce genre musical. “Ce constat amer de certaines personnes vient du fait que les mélomanes restent souvent calmes face à une prestation de slameur. Moi, je pense que ce silence ne signifie pas un manque d’intérêt mais celà témoigne d’une concentration, une attention face aux messages véhiculés par celui-ci. Juste dire que le slam n’a pas cette capacité à procurer de l’ambiance à l’image de la musique urbaine; c’est plutôt un canal de sensibilisation. Et celà peut nous amener à croire que les gens ne s’y intéressent pas”, foi de Badou le slameur.

Pour lui, les difficultés n’en manquent pas, mais la responsabilité de les surmonter dépend tout de même de l’artiste. “Pour être plus précis, les slameurs sont confrontés à des problèmes de scènes. Mais personnellement, mes difficultés sont en général d’ordre financier pour booster ma carrière, surtout sur le plan de la diffusion et de la distribution de mes œuvres. Néanmoins, nous, artistes, devons travailler à toujours se surpasser soi-même afin de pousser les mécènes à nous aider dans le processus de promotion de notre carrière”, a déclaré Badou avant de reconnaître qu’il existe quand même des structures et des médias qui le soutiennent, à l’image d’Infos Culture du Faso. “Ce sont des gestes qui réconfortent et encouragent à aller de l’avant”, a-t-il conclu.

 

Boukari OUÉDRAOGO

Parfait Fabrice SAWADOGO 

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