« Les bouts de bois de Dieu », 43e création majeure du CITO.

Le carrefour international de théâtre de Ouagadougou (CITO) a présenté au public sa 43e création majeure, ce vendredi 18 mai 2018. Cette pièce intitulée « Les bouts de bois de Dieu », retrace la grève des cheminots du Dakar-Niger intervenue entre 1947 et 1948.
Après MACBETH, le carrefour international de théâtre de Ouagadougou (CITO), revient avec un nouveau spectacle. Il s’agit de « Les bouts de bois de Dieu », une adaptation du roman du célèbre écrivain sénégalais, Sembène Ousmane. Cette pièce retrace la grève des cheminots du Dakar-Niger intervenue avant les indépendances entre 1947 et 1948. Voici succinctement résumée l’histoire de la plus longue grève d’Afrique Sub-saharienne avant les indépendances.

Réunis autour de leur leader syndicaliste, Bakayoko, les cheminots de Bamako, engagent une lutte afin d’obtenir les mêmes droits que les cheminots français. Ils expriment leur mécontentement par un arrêt de travail mais, très vite, la grève va s’étendre et gagner le siège de la compagnie, basé à Thiès. La direction des chemins de fer et l’administration coloniale répondent violemment à cette grève. Les vivres manquent mais les femmes s’organisent pour faire passer la nourriture aux grévistes. Incitées par Ramatoulaye, elles organisent une marche sur Dakar où se tient un meeting au cours duquel Bakayoko parvient à convaincre ses camarades et met en place une grève générale. Malgré la répression et la faim, les cheminots parviennent à faire plier l’autorité et à obtenir satisfaction à leur revendication.
Cette pièce, dont la mise en scène a été assurée par Luca Fusi et Aguibou Bougobali, a été bien appréciée par le public comme le témoigne Bernard Saré dit Tchiko. Pour ce spectateur la pièce a été très bien agencée avec des acteurs de talents qui ont su rendre la pièce. « C’est vrai que c’est un roman que j’ai lu il y a longtemps, mais dans le jeu des acteurs, j’étais très fasciné parce que ça me faisait revivre le passé », a-t-il témoigné. Pour lui, c’est une pièce qui mérite bien de voyager dans la sous-région.

Selon le co-metteur en scène, Luca Fusi, réussir la mise en scène de l’œuvre était un challenge au regard de sa complexité et du nombre élevé des personnages. A en croire Luca Fusi, la mise en scène de cette œuvre a nécessité des nuits blanches.
Pour l’administrateur du CITO, Martin Zongo, l’œuvre a été choisie non seulement à cause de sa thématique mais aussi pour rendre hommage à Sembène Ousmane qui est un digne fils de l’Afrique qui a su représenter valablement la littérature et le cinéma africain au plan international. Pour l’administrateur, l’œuvre à travers sa thématique est un appel lancé à la jeunesse afin qu’elle apprenne à lutter pour des causes justes. Même si la présentation de cette pièce intervient à une période marquée par des revendications sociales tout azimut au Burkina Faso, il ne faut tout de même pas faire un parallélisme entre ce spectacle et ces revendications. A en croire Martin Zongo, c’est une pure coïncidence car, le projet de ce spectacle était déjà dans le plan d’action 2016-2018 du CITO.
La présentation de cette pièce s’est faite en présence de l’artiste musicien Abdoulaye Cissé, invité d’honneur de cette cérémonie.

La pièce reste à l’affiche du 18 mai au 9 juin tous les mercredis, jeudis, vendredis et samedis à 20 heures. Une pièce à suivre absolument.

Yssoufou SAGNON et Fabrice Parfait SAWADOGO
Infos Culture du Faso

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