sam 13 avril 2024

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MANÉGA: L’AJV œuvre pour la réhabilitation du Musée

Au cours d’un panel qu’elle a organisé en partenariat avec le Musée de Manéga sur le thème: « La préservation de nos acquis culturels, facteurs de résilience de nos populations », l’Association des jeunes visionnaires (AJV) a fait entendre son cri de cœur pour la réhabilitation du Musée de Manéga en vue de préserver le patrimoine culturel à la génération future. C’était ce samedi 13 janvier 2024 à Ouagadougou.

Le musée de Manéga, est un univers situé à 50 kilomètres de Ouagadougou (province d’Oubritenga). Il est entièrement consacré à la « Bendrologie », la science du langage des tams-tams. Il recouvre les arts et les traditions de l’Afrique de l’Ouest. Considéré comme le plus grand musée privé du pays et même de l’Afrique, il a vu le jour en 1989 à l’initiative de Maitre Frédéric Titinga Paceré, un écrivain, poète, premier avocat et mécène burkinabè.

pour Drabo Fatoumata « le musée rassemble de nombreuses pièces qui sont autant de facettes de la culture du pays »

À en croire Drabo Fatoumata, membre fondatrice de l’AJV, « le musée rassemble de nombreuses pièces qui sont autant de facettes de la culture du pays ». Selon elle, la particularité du musée de Manéga réside en la collection d’objets sacrés qui sont très difficiles à saisir, à exposer et à entretenir. Aujourd’hui, a-t-elle avancé, le musée fait face à d’énormes difficultés quant à son fonctionnement depuis l’avènement du terrorisme en 2014, la pandémie de la COVID 19 et des grandes pluies qui ne sont pas en reste. « C’est fort de ce constat que nous lançons un cri de cœur à la jeunesse, à cette force existante à se joindre à nous pour sauver ce lieu de mémoire et permettre à notre génération future de voir également ce patrimoine mondial, a ajouté Mlle Drabo.

Selon Michel Paceré : « le musée de Manéga est légitimement un instrument stratégique et durable du développement dans le contexte actuel de notre pays »

Par ailleurs, selon Michel Paceré, représentant de Maitre Frédéric Titinga Paceré, le musée a quatre fonctions principales, notamment la recherche, la conservation, la préservation et l’éducation. A l’écouter, il joue un rôle important de cohésion sociale. À titre d’exemple, Michel Paceré, a fait savoir que le Musée de Manéga n’est pas dédié seulement à la population locale à savoir les Mossé et les Younyonsé. À l’intérieur du musée de Manéga, il y a d’autres communautés qui sont représentées tels que les Sénoufo, les Kasena, les Bobos, etc, qui ne sont pas à Manéga.

Pour lui, c’est un facteur qui permet de raffermir les liens entre les différents villages et communautés. M. Paceré considère qu’en ce sens, « le musée de Manéga est légitimement un instrument stratégique et durable du développement dans le contexte actuel de notre pays » marqué par une crise sécuritaire et humanitaire. « Un musée, c’est aussi l’éducation. En l’occurrence, le musée Manéga apprend au public à regarder et à voir », a-t-il affirmé.

selon Prosper Compaoré « Le début du musée n’a pas été facile »

Pour Prosper Compaoré, ancien membre du personnel du musée Manéga, le patrimoine est un élément fondamental de cohésion sociale, de paix et d’identité. C’est pourquoi il faudrait tout faire pour le conserver, surtout au moment où il est menacé par un contexte sécuritaire difficile. Il est donc nécessaire, à son avis, d’initier des sensibilisations en faveur de la transmission du patrimoine aux auprès des personnes déplacées internes afin de pérenniser ce bien identitaire.

Pour aller plus loin, M. Compaoré a d’ailleurs invité le ministère de la culture les ONG et tous les acteurs d’intégrer l’éducation culturelle dans les programmes d’éducation. Parlant du musée de Manéga, il estime que celui-ci a été pensé pour ne pas être comme les autres, en ce sens qu’il rassemble des objets sacrés qui sont très difficile à saisir. On y entre à reculons et on en sort à reculons, c’est l’empire de la mort », a-t-il confier. « Le début du musée n’a pas été facile « , mais aujourd’hui, a-t-il poursuivi, le musée par ces activités a propulsé le développement à Manéga. Pour convaincre ses auditeurs, Prosper Compaoré a cité à titre d’exemple, la construction d’infrastructures, la création d’emplois pour le personnel du musée et le développement des activités commerciales en raison des visiteurs que le musée draine.

pour Jean-Paul Koudougou, « L’œuvre de Me Paceré est une interpellation aux jeunes sur leur responsabilité à préserver et à promouvoir le patrimoine culturel. »

Jean-Paul Koudougou, président d’ICOM Afrique, pour sa part, a dit que le musée est effectivement là où on peut trouver tous les éléments constitutifs de notre patrimoine, notamment tout ce qui est objet. « Ce n’est pas de la nostalgie c’est pour donner un repère à chacun parce que si vous ne savez pas d’où vous venez, il est difficile de savoir où vous allez », a-t-il fait savoir avant d’ajouter, c’est un lieu de connexion. Ce n’est pas non plus de se montrer supérieur à d’autres. Nous sommes ensemble et chacun apporte ce qu’il peut.

Faisant l’historique des musées en Afrique, le président d’ICOM a fait savoir que le musée tel qu’on le présente aujourd’hui est une émanation des musées occidentaux. Les musées modernes africains sont un héritage de la colonisation. Quel musée faut-il en Afrique ? A l’en croire, c’est la recherche de la réponse à cette question qui a conduit à la création du musée de Manéga. Aujourd’hui, il est le plus grand musée privé d’Afrique s’est-il réjoui. « L’œuvre de Me Paceré est une interpellation aux jeunes sur leur responsabilité à préserver et à promouvoir le patrimoine culturel. » a avancé M. Koudougou.

Nestor Kahoun « Le musée est devenu une véritable vitrine de développement à la disposition de l’État »

De même, Nestor Kahoun, représentant du ministère de la Culture, a soutenu que la réalité du musée de Manéga rime avec la politique culturelle du ministère qui encourage la création, le développement et la promotion des musées. « Le musée est devenu une véritable vitrine de développement à la disposition de l’État », a laissé entendre M. Kahoun avant de poursuivre, toutes les cultures se complètent pour favoriser la cohésion indispensable au développement auquel l’homme tend toujours ». A ses dires, aujourd’hui, le gouvernement de la transition met un accent sur l’éducation à travers la culture en se basant sur le savoir-faire et le savoir-être endogènes. « Le musée de la bendrologie est aujourd’hui nanti d’une grande expérience qui doit lui permettre d’être un exemple d’un musée réussi et intégré », a-t-il dit, et d’ajouté, « l’espoir est permis parce que vos atouts sont nombreux ».

Eddy Christian P. Ouédraogo « Nos valeurs fondamentales reposent sur l’équité, l’inclusion et le respect de la diversité »

En rappel, l’Association des jeunes visionnaires est une initiative de jeunes dévoués à l’épanouissement de la jeunesse burkinabè, en mettant particulièrement l’accent sur la culture, l’éducation et le bien-être. « Nos valeurs fondamentales reposent sur l’équité, l’inclusion et le respect de la diversité », a fait savoir Eddy Christian P. Ouédraogo, vice-président de l’association.

Barnabé NAMOUNTOUGOU (Collaborateur)

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