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“Maux” est un spectacle où j’essaie d’exprimer ce que je ressens à travers mon art”, Issa Sanou, danseur chorégraphe

Après deux semaines de résidence passées au théâtre de Brive en France, l’artiste danseur chorégraphe Burkinabè Issa Sanou a tenu une étape de travail de son prochain spectacle dénommé “Maux”. C’était le mardi 06 octobre 2020 à L’empreinte, scène nationale Brive-Tulle. Il nous explique la portée de ce spectacle, son rôle d’artiste dans son pays d’origine et bien d’autres sujets.

Issa Sanou est artiste, danseur chorégraphe, et directeur artistique de la Compagnie Sanou Ka Sanou. Il est diplômé du Pôle National Supérieure de Danse Rosella Hightower Cannes-Mougins (PNSD). “MAUX” c’est à la fois un des mots sur les maux qui touchent notre société et aussi un regard dans le passé sur l’histoire de l’Empire du Mandé a travers la déclaration de sa charte qui est une solution pour les maux qui nous touchent aujourd’hui. C’est par ces termes que Issa Sanou a introduit le thème de son spectacle.

“Maux” est un spectacle qui s’imprègne des réalités sociales telles les injustices, les blessures dues à une humiliation, les violences gratuites, la perte d’un proche. “Il y a tous ces maux qui nous touchent, qui nous blessent, qui nous touchent intérieurement. Ces maux dont il est difficile d’en parler et que chacun de nous a eu à traverser. Moi, je me questionne sur ces problèmes, et j’essaie d’exprimer ces maux avec mes larmes, mes gestes, ma voix etc”, explique l’artiste. Pour étayer ses propos le chorégraphe évoque l’affaire Georges Floyd aux Etats-Unis qui n’est pas un phénomène nouveau selon lui. Il cite dans le même sens les violences conjugales, les maladies comme le Corona virus.

“En tant qu’artiste, je ne peux pas resté indifférent. J’essaie d’exprimer ce que je ressens à travers mon art pour éveiller les consciences”, précise Issa Sanou. Le spectacle “Maux”, dira l’artiste, est un regard dans le passé vers les années 1222 où Soundjata Keita avait instauré la Charte du Mandé sur les droits de l’Homme. “C’est pour dire aussi qu’on peut se fonder sur ces valeurs érigées dans l’empire du Mandé pour solutionner les maux que nous vivons aujourd’hui”, renchérit l’artiste.

Pour ce qui concerne les instruments utilisés, Issa Sanou dit ne pas privilégier un type quelconque. “Je joue aussi bien des instruments du terroir africain comme le Ngoni, le balafon, que des instruments européens comme la guitare basse. Cela dépend de l’univers que je vais raconter, en fonction aussi de la sonorité que je veux utiliser. Mais de façon générale, je suis pour le mixage des instruments même si ma source d’inspiration ce sont les instruments traditionnels”, précise-t-il.

Le Burkina Faso traverse ces dernières années un contexte d’insécurité sans précédent. Pour Issa Sanou, son rôle d’artiste est de sensibiliser, de conscientiser la population à rester vigilante et de dénoncer tout ce qui est suspect afin d’aider les forces de l’ordre à lutter efficacement contre ce phénomène. L’artiste n’est pas indifférent, à quelques semaines des élections couplées présidentielles et législatives 2020 qui aura lieu au pays des hommes intègres. “J’encourage mes compatriotes à aller voter parce que c’est à la fois un droit et un devoir. Il ne faut pas aller voter quelq’un que nous aimons ou quelqu’un qui nous a donné un sac de riz, un T-shirt etc. Il faut voter pour une personne qui pourra emmener le changement, le développement”, a-t-il conclu.

Interview réalisée par Sidbéwendé ZONGO

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