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Mode : « le métier de styliste nourrit son homme, mais actuellement les choses tournent au ralenti du fait de la crise sanitaire à Covid-19 », Dao Man, créateur de mode

Dao Man est un styliste créateur de mode qui figure parmi les grands stylistes créateurs de mode burkinabè. L’homme débute sa carrière en tant qu’apprenti dans la localité d’Aboisso, une ville de la Côte d’Ivoire. D’amateur, Dao Man devient un véritable styliste créateur de mode. Les détails sont dans cet interview qu’il a accepté de nous accorder dans la journée du mercredi 21 juillet 2021.

Infos Culture du Faso (ICF) : Veuillez-vous présenter à nos s’il-vous-plaît

Dao Man (DM) : Mon nom à l’état civil, c’est Dao Dramane. Dao man, c’est la marque Dao man fashion. Je suis styliste créateur de mode.

ICF : Vous êtes styliste, parlez-nous un peu de ce métier ?

DM : Je suis styliste créateur de mode. Je n’aime pas trop le mot styliste. Je préfère créateur de mode.

ICF : Faites-vous de la couture mixte ?

DM : Non. J’ai arrêté de faire la couture mixte depuis 2012. Les femmes sont un peu plus compliquées donc j’ai préféré arrêter de coudre pour les femmes. mais il faut dire que les vraies raisons sont que je voulais arrêter la coupe sur mesure pour aller dans le domaine de créateur de mode. Il y a couturier, tailleur et il y a créateur de mode. Le styliste, c’est celui qui dessine alors que le créateur ou le couturier, eux ils sont dans l’autre domaine. Moi je suis créateur de mode parce que je crée et je propose. Je n’attends pas qu’on vienne avec un tissu pour confectionner et prendre un rendez-vous. Ça, c’est le travail d’un couturier ou d’un tailleur. Pour faire la confection vente, j’ai commencé d’abord avec les hommes pour éviter trop de…. Bon (rire), j’aime pas trop attaquer les femmes, mais pour dire vrai, je ne pouvais pas satisfaire les deux genres donc j’ai préféré choisir un camp fixe. Surtout j’ai porté mon choix à la couture masculine parce qu’il y’avait des défis à relever là-bas. Car on a tendance à croire que dans la couture homme, il n’y a pas trop de défis à relever dedans car habituellement, il y a plus de modèles à réaliser au niveau de la gente féminine. Donc j’ai choisi d’aller où on pense qu’il y a rien à innover. Actuellement, on fait défiler les femmes avec les modèles coupe homme jusqu’à ce qu’elles portent nos modèles. Avant, la couture homme était trop limitée, il n’y avait pas trop de modèles. C’était chemise pantalon et ensemble veste. Mais maintenant, il y a eu amélioration, jusqu’à ce que les femmes adoptent nos modèles.

ICF : Depuis quelle année pratiquez-vous ce métier ?

DM : J’ai commencé depuis 1992 en tant qu’apprenti tailleur en Côte d’Ivoire, et je me suis installé de façon amateur en 1994. Après je suis allé me perfectionner chez des créateurs et je me suis installé officiellement à Ouagadougou de façon professionnel en 2006 en tant que créateur de mode.

ICF : Avez-vous déjà été à une exposition nationale ou internationale ?

DM : Oui. Je dirais quand même que je fais parti des créateurs qui ont fait le tour dans les expositions car c’est plus mon domaine. Dans le milieu, quand on parle d’exposition la plupart du temps, c’est moi qu’on voit. J’ai fait presque tous les pays de la sous-région dans les expositions. Au Burkina ici aussi, j’ai fait toutes les grandes expositions telles que le SIPAO (salon international du prêt à porter de ouagadougou), plusieurs fois le FESPACO, les Nuits Atypiques de Koudougou (NAK), le SIAO et bien d’autres. À l’international, j’ai fait Dakar, FEDAC (foire internationale de cotonou), la foire au Niger, la foire à Abidjan et j’en passe.

ICF : Quelle est votre situation géographique à Ouagadougou ici ?

DM : À Ouagadougou, j’ai un show-room à Koulouba. L’atelier se trouve sur la voie rouge face à la porte principale du SIAO. Cet atelier inclus une boutique. La réception se fait là-bas.

ICF : Etes-vous représenter dans d’autres villes du Burkina ?

DM : Il y a des particuliers qui achètent mes produits pour revendre dans certains pays comme la Côte d’Ivoire, le Mali où j’avais un représentant qui est présentement aux Etats-Unis mais pas de boutique pour le moment. C’est pareil dans les autres villes du Burkina ici. Je n’ai pas de représentations d’abord.

ICF : Combien de membres compte votre équipe ?

DM : Moi, j’emploie une quinzaine de personnes, et là il s’agit des permanents. Quand il y a des contrats, on recrute du personnel. Je suis en train de m’installer pour faire une industrie de grosse production. Nous sommes déjà à 60% donc ça sera prêt d’ici là.

ICF : Avez-vous des partenaires ?

DM : Oui, on travaille avec beaucoup d’entreprises mais le marché actuellement fait l’objet d’une grande concurrence. Mais on fait avec. Chaque année on a des entreprises avec qui nous collaborons mais on espère que ça s’augmentera par la suite.

ICF : Quelles sont vos difficultés rencontrées dans ce métier de styliste ?

DM : Pour recruter souvent le personnel, on a du mal à trouver la main d’œuvre qualifiée car les gens ne suivent plus de formation, c’est le premier aspect. Il y a la cherté de la matière première, car avec la Covid-19, personne ne peut voyager donc du coup les prix gonflent, alors qu’avec les clients on ne peut pas augmenter les prix des articles du jour au lendemain.

ICF : À combien peut-on estimer le coût de la confection d’une tenue chez vous ?

DM : Nous n’avons pas un prix standard pour les tenues chez nous. Je ne peux pas donner le coût d’une tenue confectionnée car nous avons déjà nos articles que nous vendons. On ne confectionne pas des tenues chez nous sauf de manière exceptionnelle. Et les chemises chez nous varient de 15 000 francs minimum et au maximum 30 000 Francs CFA.

ICF : Avez-vous un bon chiffre d’affaire ?

DM : Normalement, il y a beaucoup de bénéfices mais présentement, vu la maladie à corona virus, tout tourne au ralenti. Nous sommes même endettés car les marchandises ne s’écoulent plus.

ICF : Avez-vous d’autres sources de revenus ?

DM : Pour le moment non. Je suis en train de réfléchir à autre chose mais comme j’aime trop la mode je suis encore dedans.

ICF : Votre mot de fin ?

DM : Je remercie Infos Culture du Faso pour l’invitation. Un mot à ceux qui sont dans le même domaine que moi. Pour ceux qui veulent se lancer dans la création, je les ai invite à se former. Quand tu veux faire un travail, la formation reste le moyen adéquat. Aussi, je lance un appel à l’endroit des gens de faire attention aux articles publiés en ligne car souvent ce sont pas les vrais stylistes qui les confectionnent. J’exhorte à toujours vérifier la source afin de savoir si cela est authentique avant d’acheter.

Ahoua KIENDREBEOGO (stagiaire)

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