MODE : « L’État doit nécessairement investir dans la formation pratique de la mode », Ousmane NATAMA modéliste burkinabè

 MODE : « L’État doit nécessairement investir dans la formation pratique de la mode », Ousmane NATAMA modéliste burkinabè

Arrivé dans la mode par les coups de la vie, l’homme déterminé sursoit ses études et pour exercer le métier de la couture. Au fil du temps, il a su tirer son épingle du jeu en devenant une fierté nationale dans la mode. Cela fait d’ailleurs une dizaine d’années qu’il est dans l’univers du stylisme. Lui, ce n’est personne d’autres que Ousmane Natama. Le 17 juin dernier au sein de notre rédaction, il nous a accordé une interview. Ses créations, l’évolution de la mode et les difficultés liées à ce secteur, tels ont été entre autres les sujets au cœur de nos échanges.

Infos Culture du Faso (ICF): Dites-nous qui est Ousmane Natama pour nos lecteurs ?
Ousmane Natama (ON): Comme vous l’avez déjà souligné, je suis Ousmane Natama à l’état civil, mais je suis connu sous le pseudonyme Baba. Je suis un modéliste basé au secteur 10 de Ouagadougou. Aussi, je suis le Secrétaire général des Couturiers nationale du Burkina Faso (CNB). Ma entreprise est comme une société d’opérateur culturel dénommée O. NATAM. Le « O » veut dire Ousmane et « NATAM » veut dire Natama.

ICF: C’est quoi la mode selon vous ?
ON: Pour moi, la mode en général est tout ce qui donne goût à la créativité. De façon particulière, la mode se comprend comme la création d’un concept de soi et le valoriser jusqu’à ce qu’il soit le goût des autres.

ICF: Comment êtes-vous arrivé dans ce métier ?
ON: Il faut dire que ce sont les moyens limités qui m’ont contraint à pratiquer la Couture. En effet, après mon admission au CEP, les moyens ont manqué pour que je puisse poursuivre les cours au lycée. Par conséquent, je me suis retrouvé dans l’atelier de mon papa. D’ailleurs, c’est lui qui m’a donné cette idée. Je lui rend hommage aujourd’hui car il m’en a fait un bon choix.

ICF: Quel est votre domaine d’intervention dans la couture? Dame, homme ou mixte?
ON: Je fais la couture mixte tout simplement.

ICF: Parlez-nous de vos créations ? Qu’est-ce qui fait leur particularité par rapport à celles des autres modélistes ?
ON: Ma marque parmi les autres modélistes est la marque « ON ». J’essaie de mettre ce concept en valeur. Il faut dire que c’est maintenant que je fais le prêt-à-porter. J’étais uniquement sur la couture sur mesure.

ICF: Qui est votre référence dans le secteur de la mode et pourquoi ?
ON: Mon idole est mon propre père. D’autant plus que c’est lui qui m’a conduit sur ce chemin fructueux.

ICF: Avez-vous pris part à des événements de mode ou obtenu des prix ? Si oui, Parlez-nous en ?
ON: Des attestations à l’image de celle des manifestations du SIAO, FESPACO etc, j’en ai reçues. par contre les prix restent un projet pour moi.

ICF: Rencontrez-vous des difficultés qui empêchent votre carrière de décoller véritablement ? Lesquelles ?
NO: Les difficultés, il y en a tellement. Les plus fréquentes se résument aux finances. Nous bénéficions très peu voire même pas de financement alors que c’est un métier qui fonctionne avec ses dépenses. La preuve, les enfants qui viennent s’enrôler dans nos ateliers sont pas issus des familles aisées. On est obligé de dépenser pour leurs hébergements, restaurations, et bien d’autres. C’est un vrai fardeau.

ICF: Quels sont vos projets à court et moyen terme en ce qui concerne ce métier ?
ON: Je souhaite grimper mon atelier à l’international. Je suis déjà à pied d’œuvre. La preuve en est que j’ai déjà mis un centre de formation en place.

ICF: Au vu de l’étape actuelle de votre carrière, avez-vous des motifs de satisfaction ? Et pourquoi ?
ON: Je suis satisfait à partir du moment que ce métier survient à tous mes besoins. Je ne peux que rendre grâce au bon Dieu.

ICF: De façon générale, que pensez-vous de la mode au Burkina Faso ?
ON: La mode au Burkina Faso suit son petit bonhomme de chemin. Et vous le voyez vous même que les autorités s’habillent en Faso danfani. L’autre aspect est que nombreux des burkinabè surtout les hommes se vêtissent et ne s’habillaient pas. Mais aujourd’hui, les hommes aussi s’habillent que les femmes. C’est un petit progrès.

ICF: Quelles doléances avez-vous pour l’État vis-à-vis de la mode ?
ON: L’État doit nécessairement financer le secteur de la mode, plus précisément dans la formation pratique. C’est de là que nous pouvons construire une génération compétente .

ICF: Nous sommes à la fin de notre entretien, quel est votre mot de fin ?
NO:Je remercie tout d’abord mon père. Ensuite, toute ma gratitude va à l’endroit de votre journal Infos Culture du Faso pour l’intérêt accordé à nous les stylistes. Je profite également pour adresser mes salutations à toute ma clientèle.

Modou TRAORÉ (stagiaire)

Parfait SAWADOGO

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