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Montage cinématographique au Burkina Faso : “Il y a un grand besoin de monteurs qualifiés” Gaetan Somé, Président de l’association des Techniciens de la Postproduction du Faso (TPF)

Le milieu du cinéma regorge un certain nombre de métiers peu connus du grand public. C’est notamment le cas du métier de monteur cinématographique. Pour mieux cerner ce secteur d’activité, votre magazine culturel “Infos Culture du Faso” est allé à la rencontre de ces travailleurs de l’ombre. Il a rencontré pour vous Yelsioma Gaetan Somé, il est monteur cinématographique, formateur et Président de l’association des Techniciens de la Postproduction du Faso (TPF).

Infos Culture du Faso (I.C.F): Qu’est-ce que le montage cinématographique ?

Yelsioma Gaetan Somé (Y.G.S): Le montage cinématographique, c’est d’abord un bon de vue qui est consolidé par un ensemble de techniques dont le but est d’aboutir à des créations d’émotions et de rythmes.

I.C.F: Le métier de monteur est-il bien apprécié au Burkina Faso ?

Y.G.S: Oui. Le métier est bien apprécié au Burkina Faso clairement. Le grand public ne nous connait pas assez parce que nous sommes toujours entre quatre murs mais les techniciens du domaine comme les producteurs à travers leurs structures de production nous connaissent bien. Il y a quelques jours de cela quelqu’un est entré en contact avec moi demandant à savoir s’il ne peut avoir un monteur en vue d’une formation. Le métier est vraiment apprécié et je crois même qu’il y a un manque de monteurs qualifiés.

I.C.F: Quelles sont les difficultés particulières que rencontrent les monteurs au Burkina Faso?

Y.G.S: En ce qui concerne les difficultés que nous rencontrons, il faut dire que souvent dans nos rapports avec certaines maisons de production nous ne sommes pas très bien traités. Nous restons souvent la dernière roue de carrosse. Lorsqu’on observe l’investissement financier qui est mis dans la production d’un film on se rend compte que c’est vers la fin qu’on demande aux professionnels de la post-production de faire un effort sur leur budget parcequ’une grande partie du budget est déjà répartie dans le tournage, etc. alors qu’on ne parle de film que quand on a une histoire qui est déjà prête. On a beau tourné, fait de belles images celà va rester tel, personne ne voudra regarder. C’est quand le montage est fait que tout devient un film.

I.C.F: S’il y avait un autre choix à faire comment allez-vous réagir aujourd’hui?

Je suis très passionné de ce métier. En fait, celui qui n’aime pas ce métier ne peut pas le faire. Pouvoir s’assoire durant plusieurs heures entre quatres murs pour un métier que tu n’aimes pas c’est difficile. Seule une passion pour ce métier peut conduire quelq’un à celà. Mon choix pour ce métier est aussi dû au fait que je suis un maniaque de l’ordinateur à la base. Donc, si je dois refaire un autre choix ce sera toujours le même.

I.C.F: Vous êtes Président de l’Association des Techniciens de la Postproduction du Faso. Quelle est la mission de cette association que vous dirigez?

Y.G.S : Cette association a pour mission de travailler non seulement à la formation des postproducteurs au Burkina Faso mais aussi de contribuer à l’amélioration des conditions de travail de ces derniers.

I.C.F: L’association rencontre-t-elle des difficultés dans la poursuite de sa mission ?

Y.G.S: Nous ne sommes qu’au début de notre fonctionnement donc on ne parlera pas trop de difficultés. Il faut attendre d’abord d’être sur le terrain pour jauger les choses. Pour l’instant, nos efforts se concentrent au niveau structurel. Nous allons commencer nos activités qui vont être assez didactiques. Il s’agit notamment de production de vidéos visant à mettre en lumière les postproducteurs mais aussi ces vidéos vont être des leçons pour les jeunes qui voudront s’engager dans ce métier. Il faut que tous les postproducteurs commencent à s’interresser à cette association et que main dans la main nous puissions l’ériger plus haut afin nous ne soyons plus ignorés dans le domaine.

Sidbéwendé ZONGO, collaborateur

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