INTERVIEW: Dabross ou le porte-voix des habitants des quartiers « non lotis »

 INTERVIEW: Dabross ou le porte-voix des habitants des quartiers « non lotis »

Humoriste et comédien, autant de casquettes qui n’empêchent pas Dabross de faire valoir son talent et sa véritable passion d’artiste slameur. Ses œuvres musicales dédiées pour la plupart à la cause des habitants des quartiers dits « non lotis », font de lui le porte-voix des habitants de ces contrées. Pour mieux cerner son combat, il a bien voulu nous accorder une interview au sein de notre rédaction. Entretien au cours duquel il est également revenu sur son parcours et ses projets.

Chaque artiste choisit son terrain de combat pour être utile à son peuple. Quant à Dabross, Harouna Dabré à l’état civil, est un artiste extraordinaire qui use de sa musique pour les causes des habitants des quartiers non lotis. En effet, il est issu d’une famille royale et islamique à Ouagadougou. Mais bien que cette famille n’épouse pas son idée de chanter, il s’est donné les moyens pour honorer sa passion, le tout avec l’aide de sa grand-mère maternelle qui est griotte. Mais rappelons qu’il fut entre 2004 et 2009, animateur à la radio Gambidi et ensuite à Horizon Fm. C’est d’ailleurs dans cette aventure qu’il tire son pseudonyme Dabross, donné par les auditeurs.

Par la force des choses, il parvient à se faire du chemin dans la musique. Alors, en 2014, il sort son tout premier single « Tuyan » avant de récidiver en 2019, avec « Ambargo ». En 2017, il créé son concept « Non lotis jeune » qui va aboutir au tout premier album de sa carrière, du même nom. C’est d’ailleurs ce nom qui l’identifie aujourd’hui auprès des mélomanes burkinabè. De façon substantielle, il lance à travers cette œuvre, un SOS pour ces quartiers précaires, communément appelés « non lotis ».

“Bon nombre de personnes vivent dans les « non lotis », mais malheureusement, il n’y a ni de dispensaire, ni d’école, etc. Donc, il est impératif que ces infrastructures soient construites avant un quelconque lotissement”, a-t-il déclaré. Par ailleurs, il est rare de l’écouter sans entendre des proverbes africains. Il chante en mooré, bissa et rarement en français.

Pour témoigner son aide à ces quartiers, il organise en 2020, un concert gratuit dans les « non lotis » de Nioko 1 et Marcoussis, avec l’appui de la société Nescafé. “C’est dans la dynamique de mobiliser un grand nombre de personnes dans ces quartiers que j’organise des concerts là-bas et j’y fais aussi mes conférences de dédicace”, a-t-il fait savoir avant d’ajouter qu’il a eu des collaborations avec des artistes, notamment Fleur, Frère Malkhom, Soum le Sapeur et bien d’autres. D’ailleurs, ces derniers à l’en croire, n’ont pas hésité à le soutenir lors de ces concerts.

Du reste, l’artiste est en plein préparatifs de deux albums qui seront bientôt lancés. De ses dires, sa première œuvre discographique était comme son aîné et le cadet sera des jumeaux. Je vais donc, dit-il, lancer ces deux albums le même jour.

Interview réalisée par Modou TRAORÉ (stagiaire)

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