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Musique: “je prépare la sortie d’un nouvel album le 03 avril prochain, avec des sonorités très variées”, dixit Basic Soul, artiste-musicien burkinabè

Après un passage à vide, le monde du rap est de nouveau en plein essor au Burkina Faso. Pour en parler, nous avons reçu dans nos locaux, l’artiste-musicien Basic Soul, l’un des précurseurs de ce style musical dans le pays. Ce fut également l’occasion de parler de sa carrière, ainsi que de son nouvel album dont la sortie est prévue pour le 03 avril prochain.

De son vrai nom Souleymane Ouédraogo, Basic Soul est un artiste-musicien burkinabè, évoluant dans le style rap. Il fait d’ailleurs partie de ceux par qui le mouvement rap a pris forme au pays des hommes intègres. En effet, il fait ses débuts dans le Hip-hop au début des années 1990, avant de véritablement réaliser une première maquette en 1995. “À l’époque, précisément dans les années 1996, nous animions, autour de Mister P, une émission de Rap Flow à la radio énergie, fréquence Abga, qui est l’ancêtre de l’actuelle Savane FM. Et c’est à travers cette émission que le mouvement Hip-hop a commencé véritablement à se mettre en place. Par la suite j’ai présenté une maquette à une institution dénommée PROMACO.

Et cette maquette traitait de la lutte contre la stigmatisation des personnes infectées par le VIH. Ils ont écouté et se sont intéressés. C’est ainsi qu’ils décident de m’accompagner pour la sortie de mon premier album intitulé <<arrêt sur image >>, en 1997″, a-t-il expliqué.
Cet album de Basic Soul est la toute première sortie discographique de style Hip-hop au Burkina Faso. C’est le début d’une carrière sanctionnée de nombreux albums jusqu’en 2017, où il sort le dernier intitulé <<Illusion>>. Cependant, le nombre réduit d’artistes à la fin des années 1990 permettait une promotion très simple.

À l’en croire, il y avait d’un côté les vedettes et de l’autre les orchestres. “Nous qui évoluons en solo étions classés dans la catégorie vedettes. Et notre petit nombre facilitait un tant soit peu les choses”, a-t-il estimé avant d’indiquer que même si aujourd’hui il existe plusieurs canaux de promotion et de production, le nombre d’artistes aussi a exponentiellement explosé. Ce qui demande beaucoup de moyens afin de mieux se faire promouvoir. D’ailleurs, il retient qu’une chose de cette belle époque : la simplicité. Contrairement aux temps passés, l’on n’avait pas besoin de trop en faire pour se mettre au-devant de la musique. Mais aujourd’hui, selon lui, pour y arriver, il faut aller à fond dans le buzz.

Cependant, cela n’enlève rien au fait qu’il pense que du talent, il en existe chez la jeune génération. D’ailleurs, il salue la bravoure et l’esprit de créativité de cette nouvelle génération du style Hip-hop. “Les tendances ont évolué, il faut aussi que les artistes soient en phase avec ce changement. Et le public aujourd’hui est moins exigeant sur le fond et plus sur la forme. Cela témoigne également que l’industrie du showbiz est en plein développement au Burkina Faso. Et en industrie c’est la performance, la créativité, et les moyens qui prévalent”, en témoigne l’artiste.

Et cette révolution du style rap, notamment, avec l’avènement de l’Afro beat et l’Afro Trap n’enlève rien au talent de ces jeunes, selon les propos de Basic Soul. Pour lui, ces derniers ont non seulement du talent pour faire comme leurs aînés mais au final, ils ont aussi compris qu’il faille allier cela au marketing. D’où cette révolution. “Je suis présent sur la scène musicale depuis 24 ans et j’ai vu tous les processus d’évolution. D’où le besoin de se réadapter selon le temps et les changements. D’ailleurs mon tout dernier single <<Fils du ghetto>> en est une parfaite illustration. Juste dire que la création artistique est évolutive”, a-t-il fait savoir.

<<Fils du ghetto>> se veut un hymne à la jeunesse combattante, qui annonce d’ailleurs un retour fulgurant de ce précurseur du mouvement Hip-hop. En effet, l’artiste prévoit la sortie d’un nouvel album le 03 avril prochain. Et à l’occasion de cette nouvelle sortie discographique, il entend organiser un concert-dédicace live dans la mythique salle Koamba Lankoandé du CENASA. À ce propos, il s’est exprimé en ces termes : “c’est un album d’une douzaine de titres, avec des sonorités très variées. Ça va aller du rap old School à l’Afro beat et Afro Trap, et il y a des collaborations avec des jeunes qui évoluent dans ces tendances musicales. Pour le reste, je réserve la surprise pour mes fans”.

 

Boukari OUÉDRAOGO

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