MUSIQUE: « Nous souffrons du manque de promotion des artistes de la région» Tanti Rebecca, artiste musicienne de la région des cascades

 MUSIQUE: « Nous souffrons du manque de promotion des artistes de la région» Tanti Rebecca, artiste musicienne de la région des cascades

Le journal Infos Culture du Faso s’est entretenu avec Tanti Rebecca, à l’occasion de la deuxième édition du festival les journées de la clairière Banfora 2020. Dans cet entretien, elle livre ses impressions sur le festival, parle de sa carrière et de ces projets musicaux.

Infos Culture du Faso (I C F) : présentez-vous à nos lecteurs.

Tanti Rebecca (T R) : je suis Madame Yigo née Coulibaly Awoua alias Tanti Rebecca, auteur-compositeur-interprète. Je puise ma grande passion pour les arts des talents de ma mère comédienne, de ma grande mère cantatrice et de mon oncle tapeur de tambour. Du fait de la mobilité de mon père qui était administrateur des collectivités territoriales, j’ai parcouru plusieurs villes du Burkina Faso durant mon parcours scolaire. C’est à l’école que ma passion artistique s’est exprimée à travers mes talents de danseuse et de comédienne. J’ai, par la suite, intégré la troupe Djiguiya de Bobo-Dioulasso et le groupe musical de l’église chrétienne de Banfora puis la chorale de cette même église. J’ai créé la troupe artistique féminine Faso Jigi et plusieurs troupes d’enfants qui font la percussion des instruments traditionnels et la dance afin d’assurer la relève. J’ai aussi participé à des festivals, à des tournées et à des concerts à l’international notamment à Marcoussis en France et à Montréal au Canada.

ICF : comment appréciez-vous le festival les journées de la clairière Banfora 2020 ?

T R : le festival les journées de la clairière 2020 à Banfora est pour le moment le meilleur festival de la région des cascades qui a vraiment valorisé les artistes et les troupes en leur donnant un cachet intéressant, le transport, la restauration, l’hébergement et un accueil chaleureux avec un comité d’organisation honnête, jovial et toujours disponible.

I C F : Combien d’albums avez-vous à votre actif ?

T R : j’ai quatre (04) albums. Le premier titré « Waati » (Le temps) a été sorti en 2012 et est composé de huit (08) titres. Le deuxième album « Tiébé Kayiriké » (défi de la femme) est sorti en 2014. Ma troisième sortie discographique intitulée « Tadugu kètia » est constituée de neuf (09) titres. Mon quatrième album « i b’i yeyé yée » sorti en 2020 est composé de six(06) morceaux.

I C F : Comment se comportent vos albums sur le marché de disque ?

T R : Si c’était avant le marché était bien mais de nos jours les albums ne s’achètent plus à cause de la technologie où ce sont les cartes mémoires, les clés USB. En plus, nous souffrons du manque de promotion des artistes de la région. Les promoteurs ont une préférence pour les artistes d’ailleurs à notre détriment et c’est dommage.

I C F : Quels sont les thèmes que vous abordez dans votre musique ?

T R : je passe des messages pour l’intérêt de la population. Mon premier album parle de la puissance de Dieu dans la vie de l’homme, de l’amour de son prochain, de la scolarisation des filles. Le deuxième parle du défi des femmes, des fistules obstétricales, de nos mets locaux et de l’historique du FESPACO. Le troisième album traite de notre culture qui était un facteur de cohésion sociale, de la richesse de notre culture, des filles qui jettent leurs enfants et une sensibilisation sur Ebola. Le quatrième sensibilise les femmes à ne pas quitter le foyer et le comportement de l’homme, de l’éducation des enfants, de l’indépendance et de deux partis politiques le MPP et le PDC.

I C F : quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontées ?

T R : les difficultés ne manquent pas car le voisin du margouillat ne sait pas que le margouillat c’est de la viande. Au niveau local comme national l’on ne reconnait pas le mérite des artistes. A certains événements, les artistes ne bénéficient d’aucune prime. C’est une exploitation. Sur toute la chaîne, c’est un problème : certains responsables et promoteurs ont leur clan et certaines radios demandent une paie pour la diffusion de la musique.

I C F : quelles sont selon vous les pistes pour promouvoir la musique au Burkina Faso ?

T R : Pour promouvoir la musique burkinabè il faut que le quota soit à 95% respecté. Il faut que nos responsables prennent les artistes sur un pied d’égalité et qu’ils les soutiennent lorsqu’ils sont invités hors de nos frontières.

I C F : quelle est votre actualité ?

T R : je prépare mon cinquième album et des tournées. Il faut dire que je me suis toujours produite et j’ai une troupe d’enfants qui fait la percussion des instruments traditionnels et la danse. Cela signifie que la relève est assurée car je fais du tradi-moderne.

I C F : quel est votre mot de fin ?

T R : mon mot de fin c’est vraiment demander à l’ensemble de tous ceux qui aiment la culture de valoriser cette activité, demander au gouvernement de créer des cadres de promotion et de valorisation de la culture et des artistes. Je demande au ministère de la promotion de la femme de se pencher véritablement sur la promotion des femmes artistes.

Barry Demba Ka 

Parfait SAWADOGO

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