« Nous pouvons industrialiser le secteur de la mode car nous avons les matières premières qu’il faut…», Sali Dah, styliste-modéliste

 « Nous pouvons industrialiser le secteur de la mode car nous avons les matières premières qu’il faut…», Sali Dah, styliste-modéliste

Promotrice de la marque « 3K Fashion » et par ailleurs lauréate du Prix de l’excellence à l’édition 2022 du « Niamey Fashion Week », Sali Dah fait partie des personnes qui ne cessent d’apporter leur expertise à l’édification du secteur de la mode au Burkina Faso. La qualité de ses créations ne cesse de trouver un écho favorable auprès des consommateurs. Dans une interview qu’elle nous a accordée le 17 septembre dernier, Madame Sali Dah parle de son parcours ainsi que ses projets.

Infos Culture du Faso (ICF): Qui est Sali Dah pour nos lecteurs ?
Sali Dah (SD): Je suis styliste et modéliste burkinabè. J’ai un master en marketing et communication. je suis également membre de l’Union des professionnels du textile, de l’habillement et de la couture (UPROTEX-HAC). Mais par delà tout, je suis la promotrice de la marque « 3K Fashion » dont l’atelier est basé à Ouagadougou, précisément à la Zone du bois.

ICF: Comment êtes-vous arrivées dans la mode ?
SD: Disons que je suis devenue styliste par passion. C’est l’amour de l’habillement, du bien paraître qui m’a inspiré à pratiquer ce métier. Depuis l’enfance, quand j’étais au lycée, je travaillais parallèlement dans l’atelier de ma maman à Gaoua. Arrivée à l’université, je continuais de créer des modèles pour les couturiers et sous-traitais la couture avec les couturiers. Cela m’a beaucoup appris dans le métier. Apres avoir eu mon master, j’ai suivi une formation en ligne depuis Paris pendant trois ans. Ceci m’a perfectionné davantage dans le stylisme. Pour dire vrai, je fais le stylisme depuis août 2016. C’est dans la même année que j’ai créé mon entreprise « 3K Fashion » dont le lancement a officiellement eu lieu en mars 2017.

ICF: D’où vous est-il venue l’idée de la création de la marque « 3K Fashion » ?
SD: Je préfère garder l’anonymat en ce qui concerne la signification de « 3K Fashion ». Je pourrais seulement dire que les trois 3K représentent beaucoup de choses dans ma vie.

ICF: Quels types de couture faites-vous, mixte, féminine ou masculine ?
SD: Je fais du tout, couture masculine et féminine mais aussi et surtout le prêt-à-porter et la couture sur mesure.

ICF: Parlez-nous de votre parcours ?
DH: Ma carrière a pris véritablement de l’ampleur à partir de 2017. J’ai participé à des festivals de mode au Burkina et dans d’autres pays africains mais aussi en Europe. Substantiellement, le Bénin 2017 et 2019 où j’ai participé à « La nuit du styliste africain ». En 2018 à Paris, j’ai participé à « La nuit du Faso dan-fani ». Il y a également « Niamey Fashion Week » 2020_ 2021 et 2022. Et au Burkina Faso, j’ai participé à toutes les éditions du Salon international du prêt à porter africain de Ouagadougou (SIPAO) et bien d’autres.

ICF: Vous avez justement reçu le Prix de l’excellence à l’édition 2022 du « Niamey Fashion Week » au Niger. Expliquez-nous comment vous l’avez vécu ?
SD: C’est l’émotion, de la joie. C’est aussi un encouragement pour le travail que je mène. C’etait la 6e édition et j’ai eu à participer trois fois. Cette fois-ci, j’ai reçu le Prix de l’excellence. Je remercie les organisateurs et toutes les personnes qui m’accompagnent. Je travaille beaucoup sur le Faso dan-fani mais aussi le Kôkô dunda. Et c’est justement ce que j’ai présenté à ce festival.

ICF: Rencontrez-vous des difficultés ? Si oui, lesquelles ?
ICF: Les difficultés n’en manquent pas. Déjà, je fais tous à mes propres frais et ce n’est pas souvent simple. Les finances des partenaires manquent énormément. Mais comme c’est la passion, on fait avec nos petits moyens. À cela, s’ajoute le nombre déficitaire des couturiers qualifiés. En effet, les couturiers qualifiés pour les confections des habits de style sont peu au Burkina. Bon nombre des couturiers ne se perfectionnent pas. Cela provoque véritablement un problème de qualité dans leur travail.

ICF: Quels sont vos projets à court et long termes ?
SD: À court terme, je suis actuellement dans la fabrication des accessoires, notamment les sacs à main. Le sac que je tiens est justement fait dans mon entreprise à la base de peau de mouton. Pour le moment, je fais la production pour mes propres créations. Bientôt, je vais agrandir le centre afin de les commercialiser sur le plan national et international. Plus loin, nous pensons à la teinture du Kôkô dunda afin de mieux faire valoir nos talents à l’international. Montrer notre petit plus à la mode. Nous souhaitons également industrialiser le métier à travers la création d’un centre. C’est-à-dire, fabriquer les matériels de couture. Nous avons fait un constat selon lequel nous importons les outils de la couture du Nigeria ou de la Chine, alors que nous avons les matières premières ici. C’est un défi pour moi et on espère le réaliser bien-sûr avec la confiance des uns et des autres.

ICF: Avez-vous d’autres métiers au-delà de la couture ?
SD: Comme je le disais, je vais ajouter des accessoires de mode à l’habillement. La confection des sacs à main en un exemple.

ICF: Pour vous, le style vestimentaire est-il au goût de nos autorités burkinabè ?
SD: Bien-sûr. Depuis 2016, il y a eu la volonté des autorités de valoriser le Faso dan-fani. J’ai même des clients parmi eux qui réclament le Faso dan-fani. Aujourd’hui, les populations ont épousé cette idée. Par conséquent, la modernisation du tissu local par les autorités a forgé les stylistes à puiser dans leurs imaginations pour plus de créativités.

ICF: Peut-on parlez d’évolution du style vestimentaire au Burkina Faso ?
SD: Bien avant l’année 2016, il y avait peu de modèles d’habillement confectionnés par les stylistes. Mais aujourd’hui, il y a une diversité de modèles de plusieurs stylistes.

ICF: Nous sommes à la fin de l’entretien. Quel est votre mot de fin ?
SD: Je tiens à vous dire merci pour l’occasion que vous m’avez donné pour m’exprimer. Mon merci va également à l’endroit de IDE Mava, promoteur du SIPAO. Je traduis ma gratitude à tous ceux et à toutes celles qui m’encouragent dans le succès de mon travail.

Interview réalisée par Modou TRAORÉ ( stagiaire)

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