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PORTRAIT: Pagnagdé, le comédien qui n’est pas pressé

Avec trois décennies passées sur les planches et les plateaux de cinéma, Alidou Sawadogo alias “Pagnagdé” est l’une des figures emblématiques du 7e art burkinabè.

“Vis-à-vis”, diffusé dans les années 90 sur les antennes de la Télévision nationale a été l’une des séries à succès qui l’a révélé aux téléspectateurs burkinabè. Surnommé “Pagnagdé” (celui qui n’est pas pressé, en langue mooré) Alidou Sawadogo est aujourd’hui l’un des artistes comédiens emblématiques du 7e art burkinabè et l’une des vedettes du petit écran. Reconnaissable entre mille par son sourire gouailleur, et surtout sa tête rasée, l’artiste comédien, Pagnagdé est né en 1955 dans le village de Walembi («venez goûter», en mooré) dans la province du Namentenga, avec pour chef-lieu Boulsa.

Issu d’un foyer polygame et d’un père commerçant et cultivateur, le jeune Alidou a grandi au sein d’une grande famille où vivaient plus de 300 personnes. Affable, travailleur né, Pagnagdé dans la vie comme au Cinéma a toujours fait montre d’une parfaite maitrise de soi. C’est d’ailleurs de là que vient son surnom “Pagnagdé”. “Sur le plateau de tournage, de la série “Vis-à-vis”, tout le monde semblait être sous pression et anxieux. Et alors pour détendre l’atmosphère, j’avais pour habitude de dire à toute l’équipe d’aller doucement pour atteindre son but.

C’est pour cela que je me suis vu attribué le surnom Pagnagdé, qui veut simplement dire en mooré “n’est pas pressé”, explique-t-il, sourire aux lèvres. Piqué par le virus de la comédie, Pagnagdé fait, dans les années 90, ses premiers pas sur les planches, notamment à l’Atelier Théâtre Burkinabè (ATB). Avec une présence scénique impressionnante et un jeu d’acteur remarquable, il est immédiatement repéré par de nombreux réalisateurs qui n’hésiteront pas à lui confié des rôles. “Avant cela, je faisais de petits boulots.

J’ai sillonné le pays avec l’ATB pour le théâtre de sensibilisation, surtout en matière de santé. J’ai été contacté par le réalisateur Saint-Pierre Yaméogo pour son film “Silmandé” (Tourbillon en mooré) où j’ai joué le rôle du commerçant Mouni qui a été mis en faillite par les Libanais”, se rémemore-t-il fièrement. Issu d’une famille modeste, Alidou Sawadogo est conscient que la réussite n’a jamais été le fruit du hasard, mais du travail acharné et intelligent. “Ce métier n’est pas facile. Il y a donc tout un travail à faire à l’intérieur de soi et avec l’autre acteur qui intervient dans une séquence. C’est un véritable défi pour incarner le personnage. Et il y a des attitudes que l’on peut créer et qui peuvent aider le réalisateur. Le travail de préparation est donc crucial”, affirme-t-il sans détour.

Fort du succès du sitcom “Vis-à-vis”, l’homme à la tête rasée enchainera de manière discontinue films et séries au fil des ans. Aujourd’hui, Pagnagdé compte à son actif une trentaine de films et séries (La rue n’est pas le paradis, Tassuma, Traque à Ouaga, Le royaume d’Abou, Quand les éléphants se battent, Dossier brûlant, Commissariat de Tampy, Le monde est un ballet, La Belle, la Brute et le Berger, etc). Pagnagdé est-il un homme riche? Philosophe, il répond que la véritable satisfaction demeurera toujours la reconnaissance des cinéphiles et des téléspectateurs: “Je suis l’homme le plus heureux du monde quand j’entends les gens m’interpeller dans la rue ; lorsque je vais à l’école chercher mes enfants, leurs camarades créent un attroupement autour de moi. Cela me met du baume au cœur”.

Dans “dans nos pays sous-développés, aucun boulot, en dehors du vol et la corruption ne permet de vivre décemment. On vivote. En tant qu’artiste-comédien, le peu que je gagne me permet de survivre”, soutient Pagnagdé qui avoue avoir joué parfois gratuitement. Doté d’une humilité naturelle, le comédien déteste l’arrogance à travers laquelle certaines personnes s’illustrent, notamment dans le milieu cinématographique. “Ce qui me déplaît énormément est de voir quelqu’un agir de la sorte ou d’être orgueilleux.

Ces personnes veulent toujours tirer la couverture sur elles et s’ériger en maître. Or l’homme n’a de valeur que s’il se remet en cause et ne se prend pas pour le nombril de la terre. Malheureusement, dans le milieu, je vois certaines personnes se comporter de la sorte”, regrette celui qui apprécie l’amitié et la franchise dans les rapports humains. Amateur de footing, et de Tô à la sauce Boulvanka (feuilles gluantes), Alidou Sawadogo dit “Pagnagdé” est marié est père de trois enfants.

La Rédaction

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