Rétrospective de 2022 : «2022 fut une année très riche en concerts et en rencontres», Kady Diarra, artiste musicienne

 Rétrospective de 2022 : «2022 fut une année très riche en concerts et en rencontres», Kady Diarra, artiste musicienne

Originaire de Djibasso en pays bwaba, Kady Diarra est une artiste musicienne, chanteuse et danseuse, née et a grandi à Abidjan dans les années 70. Dans une interview accordée à notre rédaction, elle revient sur son parcours mais ressort également le bilan des activités qui ont meublé sa carrière en 2022 ainsi que ses vœux et perspectives pour l’année 2023.

Infos Culture du Faso (ICF) : Parlez-nous de votre carrière.

Kady Diarra (KD) : Je me suis intéressée à la musique et à la danse depuis mon enfance car je suis née dedans. Je suivais ma mère, ma grand-mère et mon père dans les cérémonies, mariages et baptêmes. Mon père était le représentant de la communauté bwaba à Abidjan. Je le suivais et dansais avec les porteurs de masques lors des cérémonies.
À mon retour au Burkina Faso au moment de mon adolescence en 1984 (pendant les années Sankara), j’ai habité chez ma tante à Ouagadougou et j’ai commencé à travailler avec la troupe Sidoaya qui accompagnait les déplacements régionaux de Sankara.
De retour à Bobo en 1992, j’ai dansé avec la troupe Coba du Houet, avec qui nous avons gagné le 2e prix de la SNC (Semaine Nationale de la Culture). Adama Dramé m’a repérée et m’a engagée dans sa troupe Foliba. Je suis partie travailler chez lui à Bouaké en 1994, puis est venu le temps des premières tournées en Europe. J’ai fait plusieurs voyages avec différents groupes (Foliba, Suruntu Kunu, Gondwana) entre 1993 et 1998. Cependant, je voulais maîtriser mon propre destin et je me suis lancée dans une carrière solo en 1995. J’ai travaillé mon répertoire, embauché des musiciens et commencé à me produire au Burkina Faso le 4 août 1995 à la Maison du Peuple à Ouagadougou. En 1998, j’ai participé en solo en vedette à la SNC au Théâtre de l’Amitié. Ensuite, j’ai fait une première tournée en solo en France sous mon nom, grâce à ma rencontre avec Germain Barataud qui deviendra mon mari. Je me suis installée en France en 1999 et j’ai sorti mon premier CD.
Depuis cette période, j’ai sorti 4 albums (Faso Bara en 1999, Diagnako en 2000, Noumou en 2009 et Burkina Hakili en 2021). J’ai, par la même occasion, fait des centaines de concerts dans le monde entier (Europe, Canada, Afrique) et défendu ma chère culture burkinabè partout où je le pouvais.

ICF : Parlez-nous des activités qui ont marqué votre carrière en cette année 2022.

KD : 2022 fut une année très riche en concerts et en rencontres. Mon nouvel album «Burkina Hakili» est sorti en avril 2021 et fut très bien accueilli par le public et la presse. J’étais très contente de le présenter sur scène et d’en parler dans la presse. J’ai également fait une collaboration avec le duo électro français Synapson, qui a fait découvrir Victor Démé au monde entier grâce à leur remix de Djonmaya. Nous avons travaillé une de mes chansons en Bwamu «Wabé a Haré». Je suis très fière qu’un titre chanté dans ma langue natale se retrouve sur les dancefloors et fasse danser des gens à travers le monde. 

ICF : Quel bilan tirez-vous de tous ces résultats ?

KD : Un bilan très positif car le public répond présent à mes concerts et le travail avec mes musiciens et mon producteur se passe très bien.

ICF : Des difficultés ont-elles porté atteinte à la réalisation de vos différents programmes en 2022 ? Si oui, lesquelles ?

KD : Après les 2 années de crise Covid, cela m’a tellement fait du bien de retrouver le public. Donc cette année de concerts sans annulation est une bénédiction. Je travaille en famille avec mes neveux, mes oncles, ma fille et mon mari. C’est toujours un plaisir de partir ensemble proposer au public de découvrir notre musique.

ICF : De façon générale, que pensez-vous des activités culturelles au Burkina, au cours de cette année ?

KD : Malheureusement, je ne suis pas très souvent au Burkina Faso. Je suis venue présenter mon nouvel album à la presse en mars 2021, mais je n’ai pas pu tourner, faute de temps. La situation de la culture n’est pas simple au Burkina Faso, la priorité étant la défense de notre pays. Tant qu’il y aura autant d’instabilité sécuritaire et politique, les artistes burkinabè auront beaucoup de difficultés à développer leurs carrières et à défendre leurs cultures.

ICF : L’année 2023 vient de démarrer, quelles sont vos perspectives ?

KD : Beaucoup de travail avec des concerts en Europe et j’espère au Burkina Faso; la préparation de nouveaux morceaux pour un nouvel album en 2024.

ICF : Quels sont vos vœux pour la nouvelle année ?

KD : Que ma famille et mes proches se portent bien, et surtout que la paix et la sécurité reviennent dans notre pays.

ICF : Nous sommes au terme de notre entretien, quel est votre mot de fin ?

KD : Merci à tous ceux qui collaborent avec moi, qui me font confiance et m’invitent à me produire. Je souhaite que le peuple du Burkina Faso soit fort et solidaire pour faire revenir la paix et les jours heureux que nous avons connus. La partie ou la mort, nous vaincrons !

Interview réalisée par Parfait Fabrice SAWADOGO 

Parfait SAWADOGO

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