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Show-biz : Interview avec Dez Altino de retour du Canada.

L’ambassadeur de la musique burkinabè, Dez Altino a accordé une interview à INFOS CULTURE DU FASO, ce mardi 24 juillet à Ouagadougou. De retour du Canada où il a participé au festival ‘’Les Voix du Faso’’, la rencontre du jour a permis à la star de présenter brièvement sa fructueuse carrière musicale d’une dizaine d’années. Dans cette interview proposée ci-dessous, le prince national étale aussi ses projets et partage sa vision qui est de donner une autre couleur à la musique burkinabè à travers les rythmes de ”chez nous”.  Lisez plutôt !

INFOS CULTURE DU FASO (ICF) : Veuillez vous présenter à nos lecteurs.

Dez Altino : Je suis Dez Altino. De mon vrai nom Ouédraogo Tiga Wend Waoga Désiré. Je suis artiste musicien burkinabè. Je fais du tradi-moderne, disons de l’inspiration moderne. J’essaie de valoriser la musique burkinabè à travers les rythmes de chez nous.

ICF : Veuillez présenter  brièvement votre parcours dans la musique.

Dez : J’ai commencé ma carrière en décembre 2006. Aujourd’hui j’ai plus d’une dizaine d’année de carrière et je suis resté constant pendant tout ce temps. Ce qui veut dire qu’il y a un travail qui a été abattu à l’avance. Actuellement j’ai cinq (05) albums et beaucoup de singles en plus. Tous mes albums qui sont sortis ont été nominés au KUNDE D’OR et c’est en 2013 que  j’ai remporté 04 prix au KUNDE et successivement j’ai été plusieurs fois ‘’kundé du public’’. C’est pour dire que la constance est là. J’ai commencé tout lentement avec mon premier album « Bon Dieu » qui m’a révélé au public. Il figurait parmi les meilleurs albums vendus à l’époque mais pas tellement médiatisé. Au fur et à mesure les choses se sont améliorées et aujourd’hui je peux dire que dans l’ensemble la satisfaction est totale. On a fait le tour des provinces du Burkina à travers des prestations. Les fans d’ici se sont multipliés pour ne pas dire  triplés. Nous avons tourné aussi un peu partout en Afrique comme en Côte-d’Ivoire, au Maroc, au  Gabon… Du côté de l’Europe on a fait l’Italie, la France et autres. Sans oublier  Etats-Unis, New-York. J’ai  fait beaucoup de collaborations avec des artistes d’ici et d’ailleurs. Au Mali j’ai travaillé avec Djénéba Seck, en Côte-D’Ivoire avec Serge Beynaud, au Cameroun avec Lady Ponce et au Togo avec King Mensa. Voilà comment Dez Altino positionne sa musique aujourd’hui.

ICF : Dez joue à quel instrument de musique ?

Dez : Je joue à plusieurs instruments de musique comme la batterie et la guitare. Je ne dirai pas que je suis doué dans ça mais  juste pour le plaisir de mes fans. Dans la musique on ne finit jamais d’apprendre. Les choses s’améliorent de jours en jours. D’ailleurs dès le début de ma carrière je ne jouais pas à un instrument. De toutes les façons au fil du temps on comprendra que Dez Altino est en train de bosser encore pour donner une autre couleur à la musique burkinabè.

ICF : Pouvez-vous citez quelques instruments du terroir que l’on retrouve dans vos chansons ?

Dez : Le Kundé, la Calebasse, le Djémbé, le thièma, la kora  et presque tous les instruments  traditionnels du pays. Par exemple dans ma chanson ‘’ Wend Ya Wendé ’’, c’est le ‘’Kundé’’ traditionnel seulement que nous avons joué à la place de la guitare. Quand les gens écoutent ils ne sentent pas. C’est ce qu’on appelle valorisation de la tradition. Malheureusement les observateurs de la musique n’ont pas classé ce son parmi les musiques d’inspiration traditionnelle. Pourtant c’est bel et bien le cas. Même l’arrangeur peut le témoigner. C’est très dommage que souvent il y a des choses qui passent inaperçues. Et cela déçoit parfois les artistes qui se posent beaucoup de question : Est-ce parce que les remarques ne sont pas pertinentes ? Sinon cette chanson continue de faire son petit bonhomme de chemin.

 ICF : Quelle est la réaction du public face à vos prestations à l’étranger ?

Dez : Je suis allé ailleurs et j’ai constaté comment les gens aiment notre musique. Seulement qu’on n’a pas les occasions pour aller y prester. Il faut qu’il y ait des promoteurs de festivals et autres manifestations pour accompagner la musique sinon l’artiste va beau chanter, mais s’il ne preste pas ce n’est pas facile.  Partout où je pars je note une satisfaction avec des salles bondées de milliers de ressortissants burkinabè et spectateurs de diverses origines. Prenons le cas de l’Italie et des Etats-Unis. Vous avez certainement vu les vidéos et les images de nos récentes prestations au Canada lors du festival LES VOIX DU FASO où j’étais avec d’autres artistes burkinabè. La salle était bondée de monde et il n’y avait plus de tickets d’entrées(…).

ICF : Dévoilez nous votre actualité de retour du Canada ?

Dez : L’actualité c’est d’abord la sortie du clip ‘’Noma Foo’’ du single qui prépare l’album. Je ne sors pas un album parce qu’il faut le faire seulement. Tout dépend de mon inspiration.  J’ai commencé  avec le single  que j’ai fait avec Lady Ponce. Mais ‘’Noma Foo’’ vient signaler la sortie probable de l’album.

ICF : Aujourd’hui, comment trouvez-vous la musique burkinabè dans son ensemble ?

Dez : Elle a beaucoup d’évolution même s’il manque d’accompagnateurs. Dans la plupart des autres pays la musique a évolué grâce à certaines personnes mais pas seulement les musiciens. C’est-à-dire des gens qui se sont démarqué pour envoyer leurs musiques très loin. Alors reconnaissons qu’il y a une avancée au niveau de la musique burkinabè, mais il reste encore beaucoup de choses à faire pour qu’elle puisse aller très loin (…).

ICF : Parlez-nous de vos projets phares dans le domaine de la culture ?

Dez : Les projets sont toujours là. C’est la réalisation qui est souvent compliqué. En ce qui concerne la structure Altino Production, il faut retenir qu’elle est déjà prête à servir. Nous allons lancer bientôt deux jeunes artistes. En réalité ce se sont mes petits. Au-delà d’eux, les portes de la structure Altino sont ouvertes à tous les jeunes artistes qui chantent bien et qui aimeraient prendre la musique comme leur activité. La voie est ouverte également à tout le monde. En plus de la production, la maison va intervenir dans le cinéma et l’évènementiel car elle va  organiser des concerts suivant rigoureusement les règles de l’art. En fait, Altino Production a été créée pour corriger  l’anarchie dans le show-biz. Il faut que nous, en tant que leaders, pour ne pas dire artistes adulés, puissions soigner les insuffisances pour éviter certains massacres parfois constatés sur le terrain. Notamment la mauvaise organisation de concerts où on entasse les artistes. Ce qui ne valorise rien (…).

ICF : Que pensez-vous de l’opinion selon laquelle Dez Altino chante beaucoup sur l’amour et cela en insultant  les femmes ?

Dez : Ceux qui disent ainsi ont raison. Et, en même temps ils ont tort. Il y a des chanteurs qui sont engagés dans la musique au niveau du reggae politiquement mais moi je le suis au niveau de la vie quotidienne. C’est ce que je vois et je pense que j’exprime dans mes chansons.  Maintenant c’est celui qui se sent morveux qui se mouche. D’ailleurs si ce n’est pas chanson de Dieu, je ne vois pas comment on peut chanter autrement sans rentrer dans le 06 mètres de quelqu’un. Sinon que j’aime bien les femmes au même titre que les hommes. Elles sont nos mamans (…).

ICF : Votre mot pour terminer cet entretien ?

Dez : Merci à INFOS CULTURE DU FASO pour cette interview. Surtout pour son combat pour la promotion de la culture. Aujourd’hui l’Internet occupe une place importante dans la communication pour la carrière de l’artiste(…). Merci à tous les fans et à tous ceux qui souhaitent que notre musique puisse aller dans tous les sens du monde. Wend Ya Wendé.

 

Interview réalisée par Fabrice Parfait  Sawadogo et Filasko Moussa Kaboré

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