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Table ronde du festival dialogue du corps : La migration en débat.

Les organisateurs du festival dialogue du corps ont organisé dans la matinée du mardi 18 décembre à ma CDC La termitière une table ronde. Une rencontre d’échange qui a porté sur la problématique de la création chorégraphique et la migration.

Danser et parler de migration des jeunes africains à la recherche du mieux vivre. C’est dans ce sens que s’est déroulée la table ronde qui a réunis les chorégraphes. En effet, placé sous le thème : « Création chorégraphique et migration », cette table se veut un cadre de partage d’expérience des chorégraphes sur la question de la migration sur les travaux dans les camps de réfugiés. En dénonçant le vertige imaginaire des jeunes à vouloir migrer, l’écrivaine canadienne Nancy Houston a reconnu que sa migration est une migration choisie. «  Elle est individuelle et personnelle non pas collective comme celui des camps de réfugiés », a-t-elle lancé. Et d’insister l’objectif de donner de l’importance à l’artistique. « La migration est un phénomène le plus vieux du monde. C’est quelque chose d’humain et le problème, il faut voir le social ; le politique et l’économie car le territoire et les richesses se font de plus en plus rare. On arrive toujours quelque part et l’art permet de récré le lien social », a soutenu la représentante de Patrick Hauguel. Aux dires de Irène Tassembedo, c’est difficile de dire aux jeunes de ne pas aller en exil vue la situation pénible qu’ils vivent. En s’appuyant sur des exemples précis sur des jeunes exilés en Europe, Irène Tassembedo a fait comprendre la migration tue la création artistique.
Par ailleurs, elle a rappelé que ce ne sont les personnes affamées qui partent à l’aventure. Sans contours, la chorégraphe de 62 ans a déploré le manque de politique adéquate en faveur de la jeunesse africaine. « Je pense que les jeunes ont besoin de formation pour trouver du travail », a martelé la directrice de l’EDIT Car, a-t-elle indiqué. Et Salia Sanou de renchérir que tous les peuples sur terre ont des destins liés et il est important de comprendre que c’est le dialogue qui va permettre d’empêcher certains de mourir dans la mer. En clair, les communicateurs du jour sont unanimes aucune personne ne peut échapper à la migration. Et de soutenir que tout homme est exilé quelques part avec le rêve de construire mieux sa vie.

« La danse de la salle de spectacles aux camps de réfugiés »
Les chorégraphes sont déterminés à faire sortir la danse contemporaine des salles pour le promouvoir dans les camps de réfugiés. A écouter Salia Sanou son expérience avec les camps du nord du Burkina 15 jeunes, l’art qui part à la rencontre de ces jeunes refugiés leur a permis de parler d’espoir et de percevoir l’horizon qui s’ouvre à eux. En partageant son expérience dans les camps de réfugiés au Tchad, le directeur artistique de Ahmed Taigué a souligné que le Tchad est pays de réfugiés notamment les refugies du Darfour plus de 20 000 et les réfugiés de la Centrafrique. D’où est venue l’idée d’apporter la danse à ces personnes attristées par la guerre. A la question de savoir s’il y a des vocations dans ces camps de réfugiés, Salia Sanou a confié le cas du jeune refugié, Sidi qui est une vocation qui a été créé. Salia Sanou a ajouté que l’art leur permet de pouvoir faire une synergie d’action et à apprendre surtout comment garder la dignité d’être homme. Enfin pour les communicateurs, il faut amener l’art désormais vers le public. « C’est à l’art d’aller dans ces endroits pour questionner », a dit Salia Sanou.

Achille ZIGANI
achilzigani@gmail.com

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