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THÉÂTRE: “Le dramaturge est au centre de l’éveil des consciences à travers ses écrits”, dixit l’écrivain Bouraima BARRY

Infos Culture du Faso s’est entretenu avec Bouraima BARRY, écrivain burkinabè et par ailleurs, conseiller culturel à l’ambassade du Burkina Faso à Berlin. Cet entretien s’inscrit dans le cadre de la sortie prochaine de son œuvre intitulée “Les arts du spectacle vivant : Approche conceptuelle, composantes et stratégies de promotion” dont la dédicace est prévue pour le jeudi 05 novembre prochain au CENASA à 15 heures. Lisez plutôt !

Infos Culture du Faso (ICF) : Après Terminator noir et Les voix de la raison, vous publierez très bientôt “Les arts du spectacle vivant : Approche conceptuelle, composantes et stratégies de promotion”, pourquoi avez-vous choisi l’art dramatique comme moyen d’écriture et de communication?

Bouraima BARRY (BB) : C’est pour plusieurs raisons. La première raison principale est que les arts du spectacle vivant constituent à la fois un concept et une pratique dynamique dont le maniement conceptuel est nécessaire et présentant plus d’intérêts et d’enjeux. La deuxième raison est que le théâtre est en réalité dans une dimension de représentation d’un miroir social… La troisième grande raison est que cet angle de communication, le théâtre ou encore les arts du spectacle vivant constituent la deuxième face du développement dans son volet qualité humaine.

ICF : Quelle est la place du dramaturge dans un monde en proie à la violence ?

BB : Le dramaturge a un rôle primordial. Il écrit, dépeint les maux de la société pour pouvoir toucher à la conscience collective de l’humanité. Le dramaturge est au centre de l’éveil des consciences à travers ses écrits.
 
ICF : Quels sont les défis actuels des auteurs du théâtre burkinabé ?

BB : Les défis actuels des auteurs du théâtre au Burkina Faso sont nombreux parce que depuis des années, ces hommes de théâtre contribuent d’une manière à l’autre au développement de notre pays à travers les théâtres-forums, les théâtres-débats, les théâtres d’installation, à travers tous les cadres des arts du spectacle vivant. Ce sont des lieux et des cadres qui permettent de sensibiliser, de communiquer au mieux avec la masse, d’aller dans un sens conciliant, réconciliant, dans un sens d’un regard commun vers une destinée commune d’un peuple. Depuis quelques années les auteurs burkinabé arrivent à s’imposer non seulement au Burkina Faso mais un peu partout. Le grand défi de ces auteurs c’est toujours contribuer à travers leurs plumes, leurs créations à la sensibilisation. Les thèmes des Récréatrales (nous tresser, nous dresser), l’un des plus grands festivals de théâtre au Burkina Faso, interpellent. C’est de nous dresser de façon artistique pour aller dans un contexte de résilience.

ICF : Quelles sont selon vous les problèmes qui minent le théâtre burkinabé ?

BB : Le seul grand problème du théâtre burkinabé est unique : c’est la faiblesse des apports financiers. Sinon nous avons aujourd’hui un théâtre dynamique qui s’impose dans toute la sous-région. Au temps de l’AOF, le théâtre voltaîque a été primé deux fois. Le Burkina Faso est leader dans ce domaine du théâtre en Afrique de l’Ouest. Le théâtre burkinabè a beaucoup évolué. Nos artistes s’imposent sur le plan international : Serge COULIBALY, avec ses créations, qui fait des tournées et remporte des prix, Etienne MINOUNGOU, Issaka SAWADOGO pour ne citer que ceux-ci, qui sont sur de grandes scènes. Il faut un accompagnement conséquent, des moyens financiers, des moyens matériels pour faire avancer ce théâtre. Son vrai problème c’est l’accompagnement financier conséquent sinon, volet formations, volet professionnel le Burkina Faso est bien avancé.

ICF : Quelles sont les perspectives après la publication de “Les arts du spectacle vivant : approche conceptuelle, composantes et stratégies de promotion ?

BB : L’objectif principal de ce livre c’est de contribuer un tant soit peu à une documentation nécessaire qui permettra de renforcer les capacités dans le domaine de la formation et de l’histoire du théâtre burkinabé. De contribuer surtout au volet d’apprentissage, de formation en culture générale sur les arts du spectacle vivant de façon générale. C’est de façon délibérée que dans ce livre nous avons ouvert une grande brèche à son chapitre II sur le théâtre au Burkina Faso, son historique, son développement et la problématique du théâtre et le développement au Burkina Faso. C’est pour permettre de mieux mesurer comment le théâtre burkinabé a évolué, comment il est né, quels sont les acteurs qui ont fait bougé ce théâtre. Cela permet à la jeune génération d’apprendre, de connaître toute l’histoire de l’art. Les vraies perspectives c’est que ce livre puisse contribuer à la formation et au renforcement des capacités non seulement des acteurs mais aussi dans le milieu académique. Les œuvres scientifiques sont très peu surtout dans le domaine de la culture et des arts. Cette œuvre est une contribution dans ce sens.

ICF : Quelles sont les pistes pour la valorisation et la promotion de l’art dramatique au Burkina Faso ?

BB : il y a plein de référentiels qui existent. Nous avons la politique nationale de la culture, les stratégies nationales de développement des industries culturelles. Les sillons sont tracés à travers des référentiels que notre ministère en charge de la culture a mis en place. Il faut maintenant accompagner les actions par des moyens conséquents pour aller dans le sens de la valorisation et de la promotion dramatiques au Burkina Faso. Malgré le contexte difficile les acteurs du domaine, nos arts dramatiques, nos arts du spectacle arrivent toujours à se manifester. Les pistes de promotion extérieure sont déjà tracées dans des référentiels qui sont déjà disponibles à partir du ministère en charge de la culture.

Interview réalisée par Demba Ka BARRY

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