Tresses traditionnelles « Panem-mooré »: zoom sur cette coiffure atypique dans nos sociétés africaines

 Tresses traditionnelles « Panem-mooré »: zoom sur cette coiffure atypique dans nos sociétés africaines

Les tresses traditionnelles communément appelées « Panem-mooré » chez les peuples Mossi, resteront à jamais l’un des éléments clés qui forgeait la femme dans nos sociétés traditionnelles africaines. En vue de mieux comprendre tous les aspects qui se cachent derrière cette mythique coiffure, nous avons été reçus par Catherine Compaoré, une vielle dame qui exerce le métier de ces types de coiffure. Les origines, les liens par rapport à nos traditions, tels ont entre autres les éléments clés de notre entretien.

Madame Catherine Compaoré, coiffeuse traditionnelle, s’est lancée dans ce métier depuis bien des années. Elle y est parvenu du fait que sa mère exerçait également ce métier aussi. A l’en croire, dés le bas âge, elle aidait sa mère dans les tresses et au fur à mesure elle s’est donné l’idée d’ouvrir un coin au marché pour acquérir plus de clientèle. Mais avec l’avancé de son âge, elle a préféré s’installer définitivement chez elle à la maison. Voilà en grosso modo comment cette vieille dame s’est retrouvée dans la coiffure.

De ses dires, les tresses traditionnelles étaient faites autrefois lors des mariages traditionnels. “Elles incarnaient la femme africaine. Aussi, une femme ne devait pas se raser les cheveux à moins qu’elle ait perdue son époux. Sinon, il était obligatoire pour toutes les femmes de se tresser ainsi car ces tresses étaient synonyme de respect. Autre aspect important est que ces tresses se faisaient uniquement les vendredis qui correspondaient généralement au jour marché. Chaque femme le faisait pour se rendre belle et avoir des prétendants. On y ajoutait même des cauris sur la tête juste pour la beauté”, a-t-elle indiqué.

Quant aux jeunes filles qui préfèrent la coiffure moderne au détriment des tresses traditionnelles, Madame Compaoré estime qu’elles devraient avoir un intérêt particulier pour les tresses et autres coiffures traditionnelles qui du reste, font partie de notre patrimoine. “Elles ne connaissent pas la vraie coiffure d’une femme; ce n’est pa le fait de porter des mèches humaines et synthétiques qui montre qu’une fille est vraiment belle. La vraie beauté d’une femme africaine se reconnaît à travers les tresses traditionnelles. Au delà de l’aspect beauté, il y’a aussi le signe de respect qu’elle procure. Il serait judicieux que ces jeunes filles valorisent nos cultures en adoptant ces tresses”, foi de Madame Compaoré.

Cela dit, elle a profité pour rappeler l’importance de ces tresses dans nos sociétés africaines. Ces tresses selon elle, sont une marque de respect à l’égard des femmes. Aussi, elles sont rentables car c’est grâce à ce métier qu’elle arrive à nourrir et à prendre soin de sa famille. Mais qu’à cela ne tienne, elle dit être confrontée à certaines difficultés. A l’en croire, certaines clientes qui viennent se tressent à crédit et par la suite ont du mal à rembourser. A cela, s’ajoute les maux de dos dû au fait de s’asseoir pendant des heures sans se lever.

Occasions également a été saisie par Madame Compaoré pour encourager les jeunes filles à faire ces genres de coiffures mais aussi et surtout inciter celles qui voudraient se lancer dans ce métier à plus mettre le paquet pour avoir une parfaite maîtrise de ces tresses. Bien que cela ne soit soit pas assez rentable, elles leur dit de ne jamais baisser les bras car elles finiront par être épanouies. C’est ensemble selon elle, que l’on fera la promotion de cette coiffure traditionnelle. Tout en saluant le Journal Infos Culture du Faso pour son implication sans faille dans la promotion de la culture de façon générale, elle appelle toute les femmes à venir se faire belles à travers les tresses traditionnelles.

Léticia G. YAMEOGO (Stagiaire)

Parfait SAWADOGO

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