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« Tu peux tomber sur un metteur en scène qui veut sortir avec toi », Albertine Koama, actrice de cinéma burkinabè

Albertine Koama de son nom de scène Tina est comédienne, actrice du cinéma, réalisatrice et metteuse en scène burkinabè. À Bobo-Dioulasso, elle a accordé une interview au journal Infos Culture du Faso. Dans cet entretien elle revient sur son parcours et aborde ses projets.

Albertine Koama débute sa carrière en 1998 dans la troupe ACIMAF de Tampouy par la danse puis les contes avant de se lancer dans le théâtre. Ce parcours atypique prouve à souhait la valeur polyvalente de l’art. Elle s’inscrit plus tard dans des écoles et des centres de formation dans le but d’apprendre plus et se professionnaliser. Elle s’inscrit dans une école supérieure d’art vivant à l’espace culturel Gambidi, participe à des formations et à des créations de pièces de théâtre au CITO. Albertine Koama fait également ses armes à l’Atelier Théâtre Burkinabè où elle suit en 2005 une formation de deux ans. De ces centres et écoles de formation, elle sort pétrie de compétences et de talents en art vivant.

Albertine Koama a pris part à de nombreux festivals et à des créations au Burkina Faso et à l’étranger dont le Festival international du théâtre et de la marionnette de Ougadougou (FITMO), la 7è édition du festival les Nuits internationales de la plaisanterie avec les « Optimistes », aux créations « Une hyène à jeune », « Yangouba roi de Kipirsi » et aux spectacles « Les voix du silence », « La Ruche », « Parole due »… Du haut de ces compétences et de ces expériences, elle se forge une capacité d’interprétation de personnage hors pair. Elle interprète des rôles de personnage dans plusieurs pièces et films burkinabè.

Il s’agit entre autres de L’épouse de la veuve de Faustin, de la série Affaire publique, Moi Zaphira, Petit sergent, Source d’histoire, madame l’ambassadrice de Augusta Palenfo, Poulogo de Ildevert Meda… « J’ai incarné pas mal de rôle. Là où tu me mets je rentre dans la peau du personnage voir comment il réagit, où il est et quel est son tempérament. J’ai interprété le rôle des femmes et des hommes où j’ai fait des barbes », a-t-elle signifié. Albertine Koama, au cours de son riche parcours, a collaboré avec des metteurs en scène burkinabè à savoir Ildevert Meda, Alain Hema, etc. mais aussi internationaux en l’occurrence, Luka Cousi, Marina Feriafico. Elle a aussi co-réalisé des capsules de sensibilisation contre le corona virus.

Face aux difficultés de la scène, Albertine Koama a sa petite astuce : le travail. Pour elle, seuls le professionnalisme et la compétence de l’artiste doivent prévaloir. « Les difficultés ça ne manque pas. Mais, il faut toujours rester professionnel et digne parce qu’il y a toutes les compositions. Tu peux tomber sur un metteur en scène qui veut sortir avec toi. C’est à toi de savoir faire la part des choses et lui faire comprendre que tu ne mélanges pas le boulot et le sexe », a-t-elle précisé. À cette difficulté s’ajoute celle du financement car, dit-elle, les artistes ne sont pas souvent attachés à la paperasse, au côté administratif de la vie artistique et culturelle.

Elle invite, de ce fait, ses jeunes frères à l’amour de leur métier, au don de soi et à la fermeté. « Que la personne croit en elle, qu’elle travaille. Ça va prendre le temps mais ça va payer un jour. Qu’elle reste ferme et ne cède pas », a-t-elle ajouté. Albertine Koama est présidente de l’association Des mères solidaires et membre de la compagnie Les Optimistes. Elle œuvre également dans le domaine social et possède une école Djamikan au quartier Yagma de Ouagadougou. «  Je remercie le journal Infos Culture du Faso qui œuvre dans la promotion de la culture burkinabè. Je remercie également l’espace Coup de Pouce de Mariam Ouédraogo qui lutte pour la culture avec son festival », a-t-elle conclu.

Demba Ka BARRY

Interview réalisée par Parfait Fabrice SAWADOGO 

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