lun 24 juin 2024

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MUSIQUE : MZA La joie 226, exemple parfait de réinsertion sociale après la prison

Zida Aly de son nom à l’état-civil, MZA La joie 226 est jeune artiste chanteur qui fera sans doute parler de lui dans les prochaines années. Talentueux et déterminé, il entend se construire une place dans la sphère musicale burkinabè. Son tout premier single « Yaa kobissi bala », est d’ailleurs attendu le 27 juin prochain. Pour en parler, nous l’avons reçu en milieu de semaine. De sa détention en passant par sa réinsertion sociale à travers la musique, l’artiste se livre à cœur ouvert.

« Quand on veux, on peut », ce dicton cadre parfaitement avec l’histoire du jeune Zida Aly. En effet, très jeune, Aly s’intéressait déjà aux arts, notamment la danse et la musique. Des concours de danse en passant par les podiums d’animations publicitaires, il ne cessait de vivre sa passion. « Dans les années 2008, j’avais pour habitude de danser lors des podiums d’animations publicitaires de certains produits. D’autres ont même voulu que je fasse avec eux le tour des localités de l’intérieur du pays, chose qu’a refusé ma génitrice. Mais au-delà de cela, j’ai, avec mon groupe de danse dénommé X-Men, pris part à de nombreux concours de danse dans lesquels nous avons été lauréats. C’est juste pour dire que l’art a toujours fait partie de ma vie », a-t-il signifié.

Mais face au refus de ses parents d’exercer sa passion, le jeune Aly se retrouve confrontée à l’oisiveté. Ne dit-on pas que l’oisiveté est la mère de tous le vices ? En effet, il va désormais s’adonner au banditisme. Une occupation qui fera désormais partie de son quotidien. En décembre 2014, il est arrêté et déféré en prison. C’est le début d’une nouvelle vie pour lui, où il passera environ 8 bonnes années. Comme toute personne privée de sa liberté, Aly traversera des moments difficiles, jusqu’à ce qu’il rencontre l’art, sa passion d’antan. Théâtre, danse contemporaine et musique, ce sont là les éléments qui vont apporter un souffle nouveau à son quotidien. Pour lui, cela a été un remède à la vie monotone en prison.

« Les activités culturelles régulièrement organisées au sein de la Maison d’Arrêt et de Correction de Ouagadougou (MACO), nous étaient vraiment bénéfiques, en ce sens que j’ai pu apprendre le théâtre. Aussi, grâce à la chorégraphe Irène Tassembedo, nous avons pu apprendre également la danse. Et en 2018, un autre danseur du nom de Oliver Gansoré a organisé des ateliers de danse contemporaine. Nous étions une vingtaine de détenus à y participer. Mais, avec les défections, nous étions trois à terminer la formation, ce qui nous a valu d’avoir des attestations de participation en 2022 », a-t-il expliqué.

Mais ce qui va verbalement impacter la vie du jeune Aly, c’est non seulement le décès de son père, et aussi sa participation au concours de chant Karaoké, organisé par les responsables chargés des activités culturelles et artistiques de la MACO, en 2019. Il termine alors à la 2e place de ce concours où il a pu interpréter des chansons de Dez Altino. En 2020, grâce à l’aide de deux bonnes volontés (un Camerounais et un Italien), il enregistre, en prison, deux chansons dont « Djamila » et « My Lady ». Après avoir purgé sa peine, Aly recouvre la liberté et enregistre dans l’intervalle d’un mois une autre chanson intitulée « Béog neeré », avant de compléter par une autre, baptisée « Yaa kobissi bala ».

« Yaa kobissi bala», c’est cette chanson que l’artiste, désormais connu sous le nom de scène MZA La Joie 226, entend sortir officiellement le 27 juin prochain. Avec ce single, MZA compte signer officiellement son entrée dans la sphère musicale burkinabè. Son style musical est teinté de variété, avec une domination Afro beat. Aujourd’hui, ce jeune homme est un véritable exemple de réinsertion sociale. « La prison m’a permis de comprendre que le banditisme ne nous grandit en rien. Bien au contraire, il est un facteur d’autodestruction. Aujourd’hui, mon ambition est de parvenir, avec l’aide de toutes bonnes volontés, à me construire une carrière digne du nom », a-t-il soutenu.

Du reste, la sensibilisation contre le grand banditisme sera, à l’en croire, l’un des éléments importants de sa carrière. Vivement que des portes s’ouvrent à lui, afin qu’il puisse réaliser son rêve.

Interview réalisée par Boukari OUÉDRAOGO

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