« Le secteur de la mode manque de cadre juridique qui permette de tout structurer », Georges Dua, styliste modéliste burkinabè

 « Le secteur de la mode manque de cadre juridique qui permette de tout structurer », Georges Dua, styliste modéliste burkinabè

La mode au Burkina Faso, une domaine de plus en vogue, avec une multitude de styliste talentueux de renoms. Et cette crème de la mode burkinabè, Georges Dua en fait partie. Le mardi 12 Avril dernier, il nous a fait l’honneur de répondre à notre invitation au sein de notre rédaction. Echanges au cours desquels, l’homme est revenu de long et en large sur sa carrière, ses projets tout en donnant son point de vue sur la mode au Burkina Faso.

Infos culture du Faso (ICF): Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs s’il-vous-plait ?
Georges Dua (GD): Je me nomme Georges Bayala à l’état civil et Georges Dua comme surnom de styliste. Je tiens à signaler que je suis également le président de l’Union des professionnels du textile, de l’habillement et de la couture (UPROTEX-HAC).

ICF: Comment êtes-vous arrivé dans la mode ?
GD: A vrai dire, j’avais un penchant pour autres activités après mes études, mais un de mes aîné m’a orienté dans la couture. Voilà comment j’y suis parvenu à être styliste, mais force est de reconnaître que c’était aussi ma passion.

ICF: D’où tirez-vous l’inspiration de vos créations ?
GD: je tire mon inspiration de partout. D’ailleurs même je donne des cours à des stylistes. Je leur montre comment créer une collection; la collection peut souvent être dans une lecture, pendant un voyage, etc.

ICF: Dans quel type de couture intervenez-vous ? Mixte ou uniquement couture pour homme ?
GD: J’interviens dans les deux; je fais la couture féminine et masculine. Mais, il faut reconnaître qu’à la base, j’intervenais juste pour la couture féminine. C’est au fil des années que je me suis lancé aussi dans la couture masculine.

ICF: Avez-vous des difficultés liées à votre métier ? Si oui lesquelles ?
GD: Oui aujourd’hui les difficultés sont énormes. La première des difficultés, c’est la formation, la main d’oeuvre. Nous avons vraiment un souci avec la main d’œuvre. Il y’a un manque et même quand il y’en a parfois, elle n’est pas de qualité. Ensuite nous faisons face au problème financier y compris la concurrence déloyale.

ICF: Avez-vous déjà remporté des prix lors de vos défilés de mode ?
GD: Je suis l’homme le plus pauvre en terme de prix si je peux le dire ainsi. A mon avis, les prix peuvent vous lancer comme ils peuvent aussi vous créer des soucis si vous le prenez mal. Si à un moment donné vous pensez que vous êtes le meilleur couturier du pays, cela peut vous amener à ne plus renforcer vos acquis, vos compétences.
Particulièrement, je ne vais jamais dans un concours de prix car les concours, c’est juste pour vous encourager. Ils ne font pas de vous les meilleurs. Mais qu’à cela ne tienne, j’ai eu un prix et il s’agit du prix de l’espoir de la mode africaine au 20 ans de carrière de Clara Laos.

ICF: Avez-vous d’autres activités à part la couture ?
GD: Je ne sais pas faire autre chose que la mode. Tout ce que je fais est en rapport avec la mode; je donne des cours en arts vestimentaires dans les universités. Je dispense également des formations sur comment créer une collection.

ICF: Que pensez-vous du secteur de la mode en générale au Burkina Faso ?
GD: C’est un secteur qu’on pourra jamais finir d’éplucher parce que c’est un secteur qui est très vaste. C’est un secteur où il y a trop de problèmes notamment le manque de gens compétents, qualifiés pour ce domaine. En plus, il y a beaucoup de blocages comme l’inaccès aux finances, chose qui ne permet pas aux hommes de la culture d’exceller. Nous n’avons pas assez de cadres de formations pour permettre aux concernés de vraiment évoluer. Par conséquent, ils vont d’atelier en atelier. A cela s’ajoute le manque de cadre juridique qui organise cela. Tout ceci mine le métier et ce qui fait que nous ne pouvons pas être très concurrents. Nous sommes encore à une étape artisanale, pourtant, les choses se modernisent. Si le chinois vient déverser ses produits et nous n’arrivons pas à le contredire, c’est qu’il y a vraiment un problème. En gros, c’est un milieu qui a besoin d’assainissement, de formations, et qui a également besoin qu’on nous écoute beaucoup. Et ça, il faut que nous soyons organisés nous-même à l’interne parce que chacun veut évoluer seul. Il faut que les hommes de la mode fédèrent pour pouvoir avoir des idées et des projets communs.

ICF: Quels sont vos projets à court et moyen termes ?
GD: La maison Georges Dua a de gros projets. Nous souhaitons vraiment avoir un cadre idéal pour la formation des leaders de demain. C’est de cette manière que nous parviendront à démontrer que le secteur est porteur. Et ça, c’est un projet qui me tient vraiment à cœur.

ICF: Nous sommes à la fin de notre entretien quel est votre dernier mot ?
GD: Je dis merci à Infos Culture Faso. Mon souhait est que le journal s’élargisse encore, bien organisé et bien soutenu. Nous souhaitons que vous nous accompagner partout. Que le secteur de la mode soit soutenu et encouragé.

Leticia.G Yameogo (Stagiaire)

Parfait SAWADOGO

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