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Mode vestimentaire au Faso : « À part le président du Faso, il n’y que les internationaux qui donnent de la voix à la mode ici au pays », le styliste Prince Dessuti

Ce samedi 19 juin 2021, nous sommes allés à la rencontre du styliste et créateur de mode Prince Dessuti. Au cours de cet entretien, nous avons abordé des questions relatives à la mode au Burkina Faso. En résumé, d’après lui la mode serait un secteur important du développement socio-économique si et seulement si elle avait été prise en compte dans les décisions importantes des autorités du pays.

Comprendre la mode au Burkina Faso, s’imprégner du milieu du créateur de la mode, mettre en lumière ce domaine d’activité, sont là les objectifs qui nous ont conduit à rencontrer le promoteur de la mode Prince Dessuti alias Marcel Ouédraogo l’ex président de l’Union des professionnels du textile, de l’habillement et du coton (UPROTEX-HAC).

« La mode de façon générale est tout ce qui est innovation tant au côté des couturiers, tant de la musique tant chez les cordonniers. Globalement, la mode n’est pas axée seulement sur la couture. Selon mon entendement, la mode c’est tout ce qui est innovation. c’est ce qui passe et revient. La création, le style, la couture, le design sont tous des éléments de la mode », a donné Marcel Ouédraogo comme explication sur la mode. À l’écouter, il a embrassé le métier dans le tas en ce sens qu’il fait dans la couture depuis sa classe de CP2. « Il faut dire les choses comme tel. Dieu a décidé que j’embrasse la couture. Mais à la base c’était la mécanique auto ou la santé et voilà que je me suis retrouvé dans le style que je chérie vraiment », a-t-il dit.

Concernant la question comment ce comporte le domaine au Burkina Faso, l’artiste designeur, a indiqué qu’il se porte très bien car celui-ci évolue bien, même si l’aspect formation des acteurs doit être privilégié afin que son évolution soit plus performante. « On ne parachute pas dans la mode; il faut suivre un cursus normal si on veut que cela marche et avoir un esprit de créativité. La mode, c’est le passé, le présent et l’avenir. Mais ma source d’inspiration, c’est toute chose présente. Je suis avec toi lorsque tu n’es pas avec moi et cela c’est lorsque vous êtes là que moi je commence à travailler. La mode peut donc participer au processus de cohésion au Burkina Faso. Quand on s’habille bien, on est content et cela quelque soit ton âge », a-t-il expliqué.

À propos de l’apport de celle-ci au développement socio-économique, il a affirmé que celui ci allait être très précieux si le secteur bénéficiait d’accompagnement et de l’unification des acteurs. « À part le président du Faso, il y’a que les internationaux qui donnent de la voix à la mode ici au pays. Quand je dit accompagnement, je ne parle pas seulement du financement mais, l’aspect promotion qui est très important pour la mode. Il y’a pas un couturier qui aujourd’hui ne remercie pas le geste du président Roch. Il faut dire que tant qu’il faut compter sur je connais quelqu’un pour se développer cela sera difficile. La maison prince D a axé sa promotion sur la proximité. Je gagne souvent aussi des événements pour la promotion de mes créations. On peut vivre de la mode au Burkina. Il y’a 18 ans de cela, je ne pensais pas mais aujourd’hui je dit oui. Ailleurs, le couturier designeur n’est pas n’importe qui mais aussi cela viendra », a-t-il dit.

Prince D a été à un moment passé président de l’UPROTEX-HAC. À ce titre, il a déclaré retenir de très bons souvenirs de son mandat. « Nous sommes des membres fondateurs de cette union. Au début, c’était pas facile. Mais une fois, on a organisé une assise et j’avoue que vu la composition diversifiée de cette union et les grands noms qui y figurent, je sais qu’elle peut arriver à de grands moyens si et seulement si elle bénéficie d’accompagnement. Au Burkina Faso, il y’a aucune union aussi grande que la nôtre. Hélas, le secteur est délaissé. Mais un grand projet que je vais taire le nom sera mis en place avec le nouveau président. Il faut travailler à unir. Les accompagnements, il faut qu’ils soient au rendez-vous. », a-t-il argué.

À l’égard de la jeunesse montante, il a indiqué qu’elle refuse de se frotter aux doyens pour recevoir l’expérience de leur part. « À la tête de l’union, on a fait qu’appeler la jeunesse à venir travailler avec nous afin de recevoir notre petite expérience comme nous aussi on l’a reçue avec nos doyens et cela dans presque toutes les provinces du pays. Il y’avait des grands noms qui étaient prêts pour ce transfert d’expérience. Malheureusement, la jeunesse est pressée et veut des accompagnements financiers; chose que nous n’avons pas. Ce que nous avons, ils font mine de l’ignorer. Ce ce fait, si c’est l’expérience, on est prêt jusqu’à demain à le partager. Je parle sous contrôle de toutes ces grandes figures de la mode. Ils doivent comprendre qu’on n’a pas besoin du soutien financier seulement mais on a besoin d’un soutien des autorités comme ce que fait le président », a-t-il déploré.

Cependant, Marcel a conclu par l’aspect de la gestion de la jeunesse qui pour lui doit être courageuse, avoir de l’abnégation, accepter subir un temps soit peu, et aimer le métier pour espérer relever l’avenir de la mode au Faso.

Interview réalisée par Abdoul Gani Barry (stagiaire)

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